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HYPERHÉMIES ET ISCHÉMIES — ISOLÉES, COMBINÉES, ET ALTERNANTES

HYPERHEMIES

Formes expansives des maladies mentales correspondant à la phase déréthism ■ des éléments nerveux.

HYPERHEMIES PARTIELLES

HYPERHÉMIES DES RÉGIONS SENSORIO-PSYCHIQUES — ILLUSIONS ET HALLUCINATIONS-

Nous avons indiqué précédemment comment nous entendions faire la description nosologique des illusions et des hallucinations, et comment nous étions porté à considérer les malades illusionnés ou hallucinés comme constituant des types morbides à allure originale et indépendante, et aussi nettement caractérisés que les épileptiques, les hystériques ou les paralytiques.

Les hallucinés et les illusionnés sont donc pour nous des unités nosologiques fixes et immuables. — Us deviennent hallucinés ou illusionnés, — hallucinés et illusionnés, ils vivent, hallucinés ou illusionnés, ils meurent, — le processus morbide qui les étreint, toujours fidèle à lui-même, parcourt \ ses étapes fixées à l'avance, étapes les mêmes pour tous, pour aboutir à la démence terminale ; et cela d'une façon aussi fatale que s'il s'agissait/ d'un épileptique ou d'un paralytique.

D'un autre côté, il est bon de rappeler que si les processus morbides qui constituent les phénomènes hallucinatoires et les illusions ont une existence propre et indépendante, s'ils sontprotopathiques, — il arrive un grand

nombre de fois, dans l'évolution d'autres états psychopathiques, de les retrouver à l'état de phénomènes secondaires, s'ajoutant au processus principal à titre do complication intercurrente, au même titre que nous voyons une bronchite (pii existe à P'état d'entité nosologique indépendant, venir se greffer sur une pneumonie et se combiner avec elle (1).

Les hallucinations sont des perceptions fictives, créées de toutes pièces dans le cerveau malade et n'ayant pour origine aucune sollicitation réelle émanée soit du monde extérieur par l'intermédiaire des plexus sensoriels, soit de la sensibilité viscérale.

De là deux modalités spéciales sous lesquelles se révèlent les processus hallucinatoires.

Les uns dérivent d'un trouble sensoriel franchement accusé, portant sur le sens de l'audition, de la vue, du goût, de l'odorat (hallucinations sensorielles ou externes).

Les autres dérivent d'une perturbation survenue dans les opérations de la sensibilité viscérale, portant sur des sensations subjectives irradiées de tel ou tel viscère (ce sont ces fausses perceptions qui constituent les symptômes de l'hypochondrie (hallucinations internes ou viscérales).

Ainsi l'individu halluciné, alors qu'il est seul dans une chambre, à l'abri <le tout bruit, entend des voix qui l'excitent et lui disent toute espèce de choses. Il s'émeut, il s'excite à la suite de ces suggestions, prend fait et cause pour ce qu'il entend, comme s'il s'agissait de choses réelles. — Tel autre, lorsqu'il s'agit des impressions visuelles, voit des personnages qui s'agitent devant lui, assiste à leurs menaces et s'émeut pareillement à la suite, comme si ces personnages existaient réellement.

Tel autre sent des odeurs étranges, soit dans l'air qu'il respire, soit dans les boissons, soit dans les aliments qu'il prend, il s'émeut pareillement à la suite, réagit d'une façon logique, et refuse les aliments qu'il croit empoisonnés.

Tel autre encore croit sentir des décharges électriques, des influences inexpliquées dans les membres, des vers intestinaux qui remontent jusque dans son gosier, etc., etc. — Il reproduit ainsi dans un vocabulaire imagé les perceptions fictives Vil est incessamment tourmenté.

(I) Maury, De l'hallucination envisagée au point de vue philosophique et historique. Ami. mi'd.-psnch., 1815, t. I, p. 317.

Briôrc de Boismont, Histoire raisonnée des apparitions, des visions, des songes, de l'extase, du magnétisme et du somnambulisme. Paris, 1845.

Postel, Etudes et recherches philosophiques et historiques sur les hallucinations et la folie jusqu'à la fin du dernier siècle. Ibid. , 1860, p. 500.

Dans tous les cas, le (rouble psychique est toujours engendré sur place, sans qu'il y ait quoi que ce soit dérivé de l'extérieur qui vienne le mettre en activité. — Il n'en n'est plus de même lorsqu'il s'agit des illusions.

Lorsqu'il y a illusion, au contraire, les troubles psychopathiques ont une racine réelle dans le monde extérieur, il y a toujours une stimulation primordiale objective, qui devient un agent de provocation. — Seulement, lorsque cette stimulation arrive dans le sensorium, elle n'est plus perçue suivant les procédés habituels ; elle est en quelque sorte mal présentée, offerte sous un faux jour par les appareils de transmission interposés; elle devient aussi l'occasion d'une conception fausse et par conséquent d'un vrai délire.

Ainsi l'individu illusionné entend par hasard le son d'une cloche. Ce son transformé devient une série d'injures que la cloche lui envoie. — Il voit un linge blanc, immaculé, il le rejette à l'instant en disant qu'il est gris, sale et contaminé. — Il ramasse des cailloux vulgaires et, suivant que ces cailloux présentent des formes de telle ou telle apparence, il voit en eux des curiosités multiples et les dénomme d'une façon spéciale, ou bien encore il prend les gens qui se présentent à lui pour d'autres personnes et leur adresse la parole en conséquence, — il voit ses parents, ses amis transformés avec des figures différentes, etc..

Les illusions et les hallucinations sont des phénomènes connexes, qui dérivent physiologiquement d'un trouble survenu dans les voies de transmission des impressions sensorielles. Elles peuvent exister simultanément chez ce même individu, à des moments divers.

Dans l'accès de manie aiguë ou subaiguë, il est facile de reconnaître que la plupart du temps les fausses conceptions engendrées par le malade ne sont que le reflet d'illusions ou d'hallucinations qui se succèdent avec une extrême rapidité.

Dans la plupart des cas, les illusions et les hallucinations peuvent exister à l'état de processus psychopathiques simples.

Les iUusionssensoiïelles, lorsqu'elles existent seules, constituent par ellesmêmes les caractères propres de certaines manies raisonnantes, ainsi que nous aurons l'occasion de l'indiquer. Quant aux hallucinations, même lorsqu'elles existent seule, elles constituent une des formes les plus complètes, les mieux.déterminées du cadre des maladies mentales, ainsi que nous allons l'exposer.

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