CHAPITRE III
Symptomatologie ('!).
D après les considérations que nous avons précédemment exposées les processus hallucinatoires, au point de vue de leur expression symptomatique, peuvent se diviser naturellement en deux phases bien distinctes :
1° Une phase sensorielle, dans laquelle la conception délirante suit directement une incitation sensorielle. L'halluciné entend des voix, il a des visions nettes, il s'émeut, il s'inquiète ; l'excitation est proportionnelle à l'initiation et logique avec son inquiétude.
2° Une phase secondaire ou psychique, dans laquelle l'ébranlement morbide implanté dans la sphère psychique a perdu ses caractères originaires primitivement sensoriels. Les conceptions délirantes sont plus ou moins vaguement systématisées, elles sont fugitives et instables, et ne paraissent plus avoir un point d'appui réel sur une incitation sensorielle.
Cette phase psychique aboutit insensiblement, au bout d'un temps variable, à une dernière étape, qui est la période de l'hébétude mentale plus ou moins complète, — la démence.
Ritti, dans son travail sur les hallucinations, qui résume d'une façon précise les idées nouvelles de la science moderne sur cet ordre spécial de troubles psychopathiques, est arrivé de son côté à une compréhension tout à fait identique des mêmes troubles mentaux. — Pour lui, c'est d'abord l'activité spontanée des cellules de la couche optique qui commande le mouvement, et qui elle-même peut être provoquée par des causes variées. Vient ensuite la participation des cellules de l'écorce cérébrale qui entrent en
(1) Bail, Leçons sur les maladies mentales : Des illusions et des hallucinations.