TRAITEMENT DES HALLUCINATIONS ET DES ILLUSIONS
Le traitement des processus hallucinatoires et des illusions ne corn porte pas en lui-même d'indications spéciales. — Il convient de leur appliquer les principes généraux qui sont en usage dans la thérapeutique spéciale des maladies mentales. C'est surtout à propos de l'accès d'excitation concomitante que le médecin devra s'évertuer d'agir vite, en opérant l'isolement, qui est la première des conditions destinées à avoir une action réellement sédative.
En changeant, en effet, le milieu du malade, on change son régime, ses habitudes de vie, on modifie la direction de ses idées, et finalement on agit sur son moral. Le malade est saisi, étonné, et c'est déjà une sorte de révulsion qui s'est opérée en lui.
Les gens du monde et un certain nombre de médecins aiment assez en ces circonstances à conseiller les distractions mondaines, et surtout les voyages, au point de vue de la dérivation possihle qu'ils peuvent amener dans l'esprit. — Je ne saurais trop m'élever conlre cette pratique que je considère comme inopportune et souvent même comme dangereuse ; j'ai vu un certain nomhre d'hallucinés revenir d'un voyage beaucoup plus excités qu'au départ.
/ II ne fau! pas oublier qu'au point de vue somatique, l'accès d'excitation hallucinatoire est entretenu par un état spécial d'éréthisme du système nerveux, provoqué lui-même par un afflux anormal du sai-.g dans les \, centres nerveux.
Il convient donc d'avoir recours à la méthode réfrigérante et sédative que nous avons indiquée, aux bains tièdes prolongés et répétés tous les deux jours, de trois à quatre heures de durée, aux applications fraîches sur la tél." <•(, dans les intervalles, à quelques légers purgatifs. On pourrait simultanément avoir recours au bromure de potassium ou à l'opium pour provoquer l'apparition du sommeil qui doit être considéré comme un commencement de guérison.
Dans certains cas, chez les sujets anémiques et débilités, il faut recourir a la médication tonique et reconstitutive qui est un des moyens les plus efficaces.
H va de soi que pendant ce temps, l'halluciné devra être surveillé nuit
et jour, tant au point de vue du mal qu'il pourrait se faire lui-même que du mal qu'il pourrait faire à autrui.
Lorsque l'accès hallucinatoire est heureusement terminé, et que l'état des facultés intellectuelles permet au malade de rentrer dans sa famille, il convient, pendant un certain temps encore, de le surveiller, de lui faire subir une direction morale et, autant qu'il est possible, de lui trouver une occupation journalière.
Néanmoins, il faut toujours reconnaître que ces malades devenus tranquilles ont des allures plus ou moins bizarres, qu'ils sont plus ou moins excentriques et toujours exposés à la possibilité d'une rechute.
Celle-ci peut apparaître au bout de quelques mois ou au bout de deux ou trois ans. Et comme à la suite de chacune d'elles il s'en suit un certain déchet des forces morales, l'individu tombe dans un état hallucinatoire presque continu, avec intervalles passagers de lucidité, et cesse de pouvoir continuer à vivre dans la société. — Désormais, les murs de l'asile doivent, se fermer sur lui, et il doit continuer à vivre de cette existence tranquille et monotone qui doit le conduire fatalement à la démence.
Les principes généraux que nous venons d'indiquer au sujet des mesure à prendre pour le traitement des hallucinations sont pareillement applicables au traitement des illusions sensorielles avec manie raisonnante, lesquelles ne présentent pas d'indication thérapeutique spéciale tant qu'elles demeurent sur la zone neutre de la raison et de la folie.
Quant aux moyens pharmaceutiques généralement conseillés, tels que la belladone, la jusquiane, le haschisch môme, je n'ai jamais vu ces agents avoir une action directe et faire mieux que les moyens généraux signalés précédemment.
HYPERHÉMIES LOCALISÉES DES DIFFÉRENTES REGIONS DE L'ACTIVITÉ PSYCHO-INTELLECTUELLE