‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 173 sur 286 · ÉVOLUTION DES MANIES IMPULSIVES · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION DES MANIES IMPULSIVES

La marche de ces processus morbides se caractérise par des accès qui reviennent sans cause appréciable la plupart du temps. Il faut néanmoins avoir présentes à l'esprit ces particularités spéciales de leur évolution, c'est la soudaineté de leur explosion, lorsque par exemple c'est une hallucination transitoire qui leur aura donné le branle, ou bien lorsque c'est une attaque d'épilepsie vertigineuse, subrepticement apparue. — Il faut encore se souvenir que ces processus ont une tendance à se répéter les uns les autres, suivant les mêmes manifestations primitives, et que l'individu qui dans un premier accès a manifesté des tendances homicides sera plus ou moins, dans les accès subséquents, porté à tomber dans les mêmes directions et à subir les mêmes orientations morbides.

(1) Malherbe, Essais sur la dipsomanie. Ann. méd.-psycfto., 1872, t. I, p. 307.

Mi PATHOLOGIE SPÉCIALE. — BYPERHÉMIES LOCALISÉES.

La durée dos manies impulsives est variable; j'ai vu les tendances au suicide, dans un cas de manie post-puerpérale, persister à l'état aigu nuit et jour, pendant une durée de six semaines à deux mois. La malade a parfaitement guéri; d'autres fois les impulsions s'arrêtent à une première tentative avortée, elles changent souvent alors de direction.

Les accès de manies impulsives, lorsqu'ils sont convenablement suivis et traités, sont susceptibles de s'affaiblir insensiblement. Mais, il faut bien le dire, dans les périodes de lucidité subséquentes qui ne sont, la plupart du temps, que des rémissions plus ou moins prolongées, il persiste après les accès un certain degré d'hébétude intellectuelle, de perversion de caractère en vertu de laquelle les convalescents sont toujours plus ou moins dans un état d'équilibre instable, et sous l'imminence d'un nouvel accès. Aussi convient-il de les entourer d'une surveillance spéciale, de les tenir le plus possible éloignés des excitations de la vie courante et, lorsque la vie sédentaire de l'asile ne leur estpas absolument indispensable, de les installer à la campagne et, autant que faire se peut, de tâcher de leur faire prendre goût aux exploitations de l'existence rurale ( 1 ).

I Voir, fn outre des articles spéciaux que l'on trouve dans le- traités généraux de pathologie mentale, les travaux suivants :

Mue. De la fuite dans les rapports avec les questions médico-judiciaires. Paris,

Parrot (U). Sur la monomanie homicide. Thèse, Paris, 1833.

Bariod. Études critiques sur les monomanies instinctives. Thèse, Paris, 1852.

Legrand du Saulle. De la monomanie incendiaire. Thèse, Paris, lis.", ;.

Brunct. Des impulsions automatiques ou monomanies instinctives au point di médico-légal. Thèse, Pari . 1860.

Mandon. Histoire critique de la folie instantanée, temporaire, instinctive. Thèse, Paris, 1862.

Zabé. Les aliénés incendiaires devant les tribunaux. Thèse, Paris, bj iPaulj. De la monomanie impulsive. Thèse, Berne, 1869.

SI. HVPERHEMIES GENERALISEES

MANIE GENERALISEE

La manie généralisée exprime, ainsi que son titre le signifie, l'état des éléments du système nerveux en général et du cerveau en particulier, montés successivement à un degré d'éréthisme incoercible.

L'accès de manie généralisée, comme tous les processus morbides qui traversent l'organisme, présente — une période ascendante — une période d'état — et une période de décroissance. Il doit être considéré clans ses manifestations franchement aiguës et dans ses manifestations chroniques

Page 1