CHAPITRE PREMIER
ANATOMIE PATHOLOGIQUE DES HYPERHEMIES CEREBRALES GENERALISEES
Lorsque les malades succombent à des accidents aigus de manie qui les ont emportés soit dans l'espace de huit jours, soit dans l'espace de quinze à vingt jours, les désordres anatomiques que l'on constate se résument tous dans une fluxion sanguine plus ou moins intense, répartie dans tous les tissus de l'encéphale avec des caractères plus ou moins accentués :
Le cuir chevelu est congestionné, les os du crâne sont pareillement
gorgés de sang el, lorsqu'on a enlevé la calotte osseuse, on constate l'injection de la dure-mère et la distension des sinus. — Aussitôt qu'on a incisé cette membrane, une sérosité plus ou moins abondante s'écoule et l'on constate alorsque le cerveau est littéralement baigné dans une atmosphère de cette sérosité.
Uncfois qu'on a enlevé le cerveau, on note une hyperhémie excessivemenl accusée de la pie-mère, — les arborisations se dessinent en réseaux 1res distinctement accusés, par places Fhyperhémie est diffuse et se montre sous forme de plaques rouges, violacées, qui répondent àdes plaques d'infiltrations hémaliques, plus ou moins étendues. — Le long de gros vaisseaux on constate parfois un épaississement de leurs parois sous forme de Lignes grisâtres.
Lorsqu'on procède à l'enlèvement des méninges épaissies par la sérosité qui les imbibe, on peut en général les enlever par lambeaux détachés, et alors on constate, 1° tantôt l'aspect blanchâtre et blafard de l'écorce, qui est en quelque sorte, spoliée de la matière hématique, par suite de la contraction rapide de capillaires dans les derniers moments delà vie et de leurdécbarge dans les gros troncs ambiants, et tantôt son ramollissement superficiel et diffus. Elle se laisse alors facilement dissocier par un léger filet d'eau.
2° A une phase plus avancée on trouve sur l'écorce des plaques rosées, diffuses, qui ne sont autres que des foyers d'byperhémie localisée et qui ne s'enlèvent pas par l'action d'un filet d'eau. A l'incision, on constate l'existence de bouquets vasculaires formant localement un réticulum gorgé de sang.
Lorsque le travail d'byperhémie a été poussé plus loin, le sang accumulé a déchiré les vaisseaux et se révèle sous forme de taches eccbyinotiques discrètes, plus ou moins infiltrées dans la substance corticale (1). (PL V, fig.l).
Ces foyers de congestion et d'bémorrbagies interstitielles se rencontrent dans différentes régions de l'écorce. — Quelquefois ils déterminent sa destruction plus ou moins étendue, suivant que les foyers sont sous-inéningés ou bien qu'ils sont intra corticaux.
La substance blanche participe à l'hyperhémie généralisée, qui existe dans toute la trame cérébrale. — 11 en est de même des noyaux opto-slriés qui sont pareillement le siège de congestions, d'infiltrations séro-hématiques et quelquefois de véritables foyers hémorrhagiques.
(I) Chez un sujet qui présentait une très vive agitation avec vociférations incessantes, mouvements violents, j'ai rencontré dés foyers multiples d'hyperhémie (PI. V, fig.6) localisée, avec exsudation hématique dans les deux marginales elle paracentral d'un seul côté.