MANIE GÉNÉRALISÉE
Les autres départements du système nerveux sont tous plus ou moins parties prenantes de ce mouvement de fluxion sanguine qui s'est transporté sur les lobes cérébraux et leurs méninges. (PI. Y, fig. 2.)
Le tissu cérébelleux est injecté, turgide, gonflé, mollasse; les méninges sont plus ou moins épaissies et la substance sous-jacenteest réduite à l'état pultacé dans ses couches superficielles ; les corps rhomboïdaux sont violemment colorés. (PL V, fig. i.)
La substance grise de la protubérance est rosée, parcourue par de gros vaisseaux turgides, à direction antéro-poslérieureetpar des foyers d'hyperhémie locale, qui annoncent que dans ces régions excito-motrices il y a eu pareillement une phase d'éréthisme et une participation aux processus morbides qui se sont développés ailleurs. (PL Y, fig. 3 et fig. 5; PL rV, fig. 6.)
La substance grise du bulbe, celle de la moelle épinière à différentes hauteurs, sont plus ou moins vivement injectées, d'une coloration rosée, et témoignent ainsi de la généralisation du mouvement fluxionnaire, qui s'est réparti dans tout le système cérébro-spinal.
B. Dans les formes subaiguës, le mouvement fluxionnaire, qui s'est manifesté commeune inondation diffuse à travers le système nerveux, se révèle, au contraire, sous forme d'hyperhémies plus ou moins circonscrites. Elles n'occupent qu'une portion limitée del'écorceet des membranes. — On constate alors l'existence des processus pathologiques anciens, qui se caractérisent par des épaississements des méninges et par un certain degré de raréfaction de la substance corticale, accompagnée quelquefois d'induration.
Lorsqu'on enlève, en effet, les méninges dans ces régions, on constate un certain degré de rétraction de l'écorce, qui est en train de disparaître dans ses zones superficielles, alors que ses zones profondes sont le siège d'une hyperhémie très intense. (PL III, fig. 2 et PL YI, fig. 4.)
Dans les formes chroniques de la manie, et chez des sujets qui sont emportés à un âge plus ou moins avancé, on rencontre d'habitude, en dehors des phénomènes fluxionnaires des dernières périodes, une atrophie générale ou localisée des lobes cérébraux. (PL VII, fig. 3 et 3' — i et 4' et PL VIII, fig. 1 et 1'— 2 et 2'.)
Dans ces cas, le poids de la substance des lobes cérébraux peut tomber à un minimum de 659 grammes, ainsi que j'en ai rencontré un exemple.
J'ai trouvé en effet chez certains sujets arrivés à une démence profonde, consécutive à des accès de manie, des résorptions plus ou moins diffuses île l'écorce, caractérisées par un amaigrissement des plis cérébraux et par un élargissement très notable des sillons, lesquels deviennent, en quelque sorte, des rigoles béantes pouvant admettre la pulpe des doigts.
Il,; PATHOLOGIE SPÉCIALE. — ÏYPERHÉMIES GÉNÉRALISÉES.
Les lésions atrophiques que l'on rencontre portent indifféremment sur tel ou tel groupe îles circonvolutions, â gauche ou à droite, sans détermination précise. Ce que j'ai surtout remarqué jusqu'ici, c'est la vitalité spéciale des circonvolutions marginales qui résistent les dernières à l'envahissement du travail atrophique qui sévit sur les régions ambiantes.
Dans ces conditions spéciales d'atrophie des différents départements de l'écorce, les éléments nerveux, les cellules en particulier, ont presque complètement disparu, on ne trouve plus que quelques rares échantillons couverts de granulations jaunâtres. — La plupart d'entre elles se présentent sous forme de tronçons déchiquetés, granuleux, et, comme dernière expression histologique, sous l'apparence d'un noyau central entouré de quelques granulations agglomérées. — La substance interstitielle intercellulaire <'sl réprésentée par une gangue granuleuse jaunâtre, accompagnée de granulations d'origine hématique, qui annoncent le passage d'anciennes fluxions sanguines avec exsudations répétées.