CONDITIONS ÉTIOLOGIQUES DE L'ACCÈS DE LYPÉMANIE
Nous trouvons dans l'énuméralion des causes générales qui président au développement de l'état lypémaniaque les mêmes éléments pathogéniques qui président au développement de toutes les psychopathies, l'hérédité d'abord, les influences morales, et ensuite les troubles de la nutrition cérébrale.
L'hérédité se révèle avec toutes les manières d'être habituelles qu'elle présente pour les autres états psychopalhiques. C'est tantôt un état nerveux spécial que l'on rencontre chez les parents; tantôt une impressionnabililé extrême, tantôt des névroses très caractérisées. La maladie ne paraît pas se transmettre intégralement avec ses caractères propres, de l'ascendant à la progéniture.
Quant aux causes morales, les unes agissent rapidement et déterminent par une sorte de commotion un état de saisissement profond, qui développe rapidement le spasme vasculaire ischémique.
Dans la plupart de toutes les autres circonstances, l'individu étant prédisposé subit lentement l'action d'une série de commotions qui usent insensiblement son émotivité. C'est ainsi que les chagrins prolongés, les déceptions, les" revers de fortune, développent dans le sens intime un endolorissement lent qui finit par amener l'invasion de la maladie.
Les causes physiques, telles que l'anémie profonde produite par la fatigue, les privations, la misère, ou simplement certaines prédispositions spéciales à l'anémie qui sont l'apanage de certains sujets, arrivent au même résultat.
J'ai donné des soins à une dame qui, au moment des événements de juin 1848, avait été prise d'une violente frayeur à la vue des luttes qui s'étaient passées sous ses yeux. Prédisposée héréditairement, elle eut un premier accès de lypémanie dont elle guérit parfaitement en six semaines; quatre ans