‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 201 sur 286 · CHAPITRE Vit · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vit

Les indications thérapeutiques spéciales qui concernent l'état lypémaniaque sont de deux sortes. Elles s'adressent d'abord : 1° à la dépression généralisée qui se manifeste — et 2° aux complications qui en dérivent.

1° Il convient tout d'abord de séparer le lypémaniaque du milieu ambiant dans lequel la maladie a commencé à apparaître. — L'isolement est une des conditions premières, d'autant plus importante qu'elle favorise la surveillance et qu'elle permet de prévenir les tentatives de suicide. La première condition du traitement c'est donc le repos physique et moral ; et, c'est avec une entière conviction que nous déconseillons d'une façon absolue cette pratique banale qui vient immédiatement à l'esprit des gens du monde, et à celle d'un certain nombre de médecins peu familiarisés avec ces questions, — de vouloir déplacer les malades et les faire voyager.

J'ai toujours constaté de très mauvais effets consécutifs à tous ces déplacements intempestifs.

2° Il conviendra ensuite de raviver l'activité des forces nerveuses, soit en agissant sur la périphérie du système nerveux, soit en agissant sur les régions centrales. — On aura donc recours : — à des bains excitants sinapisés, formulés ainsi que nous l'avons indiqué précédemment; — à l'application le long des membres, de courants faradiques, et, dans certaines formes de stupeur, à desvésicatoires appliqués soit aux mollets, soit à la nuque. On peut quelquefois avoir recours à un révulsif appliqué directement sur le cuir chevelu préalablement rasé.

A l'intérieur il faudra surtout insister sur une alimentation régulière et complète, sur l'emploi quotidien des préparations ferrugineuses, de quinquina arsénié, et surtout sur l'administration des boissons alcooliques, du

rhum, du cognac, dont on peut par jour donner 100 à 125 grammes, suivant les forces du sujet, et surtout du café noir au déjeuner de midi.

On pourra, dans la période de retour, et alors seulement que le sujet possède en lai-même des éléments de réaction, employer les pratiques de l'hydrothérapie, dont il faut savoir s'abstenir dans les phases du début.

Quant aux tentatives de suicide que certains malades sont susceptibles de mettre à exécution, elles ne suscitent d'autre indication qu'une surveillance extrême, faite la nuit comme le jour; en ayant le soin d'enlever de l'entourage du malade tous les objets qui pourraient faciliter leur perpétration (1). Quand ces tentatives sont réitérées, il convient d'instituer avec le personnel un service de veille pour la nuit, en maintenant près du malade des personnes attentives, chargées de le suivre même pendant le sommeil, attendu que quelquefois ce sommeil est simulé.

Quant aux troubles provoqués par le refus des aliments, nous avons indiqué déjà les procédés employés pour y remédier, à l'aide de l'alimentation artificielle.

(1) Il faut toujours avoir présenta l'esprit, lorsqu'il s'agit de lypémaniaques, ce fait d'observation, qu'ils ont leur intelligence active et qu'ils l'emploient à combiner leur'; tentatives de suicide. — Ce sont surtout les lypémaniaqucs qui, même en camisole et veillés, arrivent à se débarrasser et à se mettre en liberté.

C. PS1CHOPATHIES CARACTÉRISÉES PAR LA COEXISTENCE CREZ LE RÊRE SUJET »E PROCESSUS HYPERHÉMIQXES ET ISCHÉMIQUES

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