‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 202 sur 286 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les faits que nous avons exposés jusqu'ici nous ont permis d'établir une description nosologique complète de deux types psychopalhiques nettement caractérisés.

Ceux dans lesquels ce sont les phénomènes de 1 nyperhémie cérébrale avec toutes ses conséquences (l'exaltation fonctionnelle, l'éréthisme des régions intéressées) qui dominent la scène et donnent aux symptômes observés un caractère d'ampleur et d'exagération des plus caractéristiques.

Ceux dans lesquels, au contraire, ce sont des phénomènes d'ischémie localisés ou généralisés qui se révèlent et se traduisent par de la dépression et de la torpidité des éléments nerveux intéressés.

Ces deux types psychopathiques, quand ils dominent et qu'ils sont généralisés, représentent donc les phases extrêmes de la vie nerveuse, les périodes de l'exaltation fonctionnelle portées à leur summum, — les périodes «l'inertie et de passivité fonctionnelle arrivées à leurs dernières limites.

Ce n'est pas tout. — En dehors de ces deux séries morbides qui ont leur évolution propre et leur allure régulière et indépendante, il y a toute une autre série de processus morbides que l'observation clinique et l'anatomie pathologique nous révèlent(Pl. VI, fîg. 1,2,3,4, et PL IV,fig. 2 et 3), et dans

lesquels L'hyperhémie chez le même sujet coexiste avec l'ischémie. — On trouve en effet des régions, celles de l'écorce, franchement blafardes et exsangues, alors que les régions centrales sont couvertes de vascularisations vasculaires. Ce qui indique clairement qu'il y a des régions du cerveau qui peuvent être réduites au silence, alors que d'autres sont en périodes d'éréthisme permanent.

Il résulte ainsi de cette répartition inégale de l'activité circulatoire dans les appareils encéphaliques, un état mixte général, une association de symptômes disparates qui ont pour caractères extrêmes l'association simultanée de l'excitation et de la dépression, et la formation de ces processus psychopathiques bizarres, en vertu desquels on voit des lypcmaniaques déprimés devenir anxieux et émotifs, ou bien hallucinés véhéments. La variabilité des manifestations externes n'est que l'expression de la variabilité de l'état intime des régions centrales inégalement en périodes d'excitation ou de dépression.

Dans d'autres circonstances, les mêmes oscillations de la circulation encéphalique ne se trouvent pas chez le même à la fois et en même temps. — Elles se rencontrent d'une façon successive et alternante; si bien qu'à un moment donné, par exemple, on voit les phénomènes de l'état maniaquegénéralisé se révéler d'une façon franche et complète, et être remplacés bientôt par des phénomènes de l'état lypémaniaque. — L'ischémie ici et l'hyperhémie se suivent l'une l'autre, et constituent dans leur enchaînement réciproque un cycle morbide ta allure propre, à marche fatale et périodique,, qui constitue le groupe des folies circulaires ou folies à double forme.

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