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PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE DE LA LYPÉMANIE

buables qu'au ralentissement direct du cours du sang dans la trame de l'encéphale; — et, comme effet secondaire, à un étattorpide des éléments nerveux en état d'inanition prolongée. Il suffit en effet de se représenter l'état de l'écorce dans les formes les plus accentués de la lypémanie, dans la stupeur (pi. VI, fig. 1-2 et 3) pour être convaincu de la vérité de cet axiome physiologique, que là où le sang s'arrête, l'activité de la cellule nerveuse se suspend du même coup.

L'examen direct du cerveau des lypémaniaques nous révèle encore les particularités suivantes à signaler :

1° Le spasme vasculaire, qui rend silencieux les éléments nerveux, ne se généralise pas d'emblée dans toute l'épaisseur de l'écorce. Il commence par se montrer dans les régions sous méningées (pi. III fig. 2 et 4, et pi. VI, fig. 2-3 et 4), lesquelles deviennent alors grisâtres, gommeuses, et succombent les premières à la dénutrition. Les régions profondes restent encore pendant un certain temps pourvues de capillaires apparents, et par conséquent en activité. On est donc amené, en interprétant ces faits, à dire, que la vie rétrocède tout d'abord dans les régions de la perception sensorielle, dans les régions sous-méningées ; qu'elle se prolonge pendant un temps variable dans les régions profondes de l'écorce, pour s'éteindre insensiblement, et ne se révéler dans ses dernières expressions apparentes, que sous l'apparence de petits bouquets vasculaires représentant encore çà et là des foyers d'activité éparsse (pi. VI, fig. 2 et 3).

2° L'indépendance de la circulation centrale et corticale du cerveau se révèle encore dans les circonstances suivantes :

On voit en effet certains sujets, des hypochondriaques, des lypémaniaques anxieux, chez lesquels alors que les différentes régions de l'écorce sont déjà dans la phase complète de la régression, les régions centrales (les noyaux optostriés) sont en période de vascularisation très accentuée (pi. IV, fig. 2 et 3), — fait très significatif et qui nous démontre directement comment dans le même cerveau, alors que certaines régions sont frappées d'ischémie et que d'autres sont très fortement congestionnées, il peut y avoir une série de phénomènes de nature différente qui viennent se révéler, et comment l'excitation de certaines régions peut coexister avec la dépression d'autres régions.

C'est ainsi que l'état Iypémaniaque général peut coexister avec l'état d'excitation des régions émotives, entrant automatiquement en période d'éréthisme, — avec celle des régions hallucinatoires (lypémanies avec hallucinations) (pi. V, fig. 3 et 5), etc., et créer ainsi ces associations symptomatologiques complexes dans lesquelles on voit des phénomènes de la dé-

pression ou de l'excitation se combiner chez le même sujet en même temps.

3° La persistance de certains foyers d'irritation dans les régions centrales du système nerveux (dans les régions grises de la couche optique et de la protubérance du troisième ventricule), nous permet de comprendre encore physiologiquement la persistance simultanée de certains délires stéréotypés dans le même cercle, et de certaines tendances émotives complètement réfractaires à tout raisonnement (pi. VI, fig. 2 et 3).

Si Ton voit en effet un grand nombre de lypémaniaques répéter sans cesse les mêmes conceptions, avoir toujours les mêmes idées fixes, être absorbés par les mêmes émotions, c'est qu'évidemment, les foyers d'irritation morbide intra-cérébraux qui les ont primitivement engendrées sont encore en période d'activité, et que les phénomènes d'excitation qu'ils traversent ne font que traduire extérieurement les stimulations intimes qui les travaillent.

4° Le mécanisme suivant lequel s'opère la démence se trouve encore nettement indiqué, par l'étude anatomique des régions intéressées, qui nous montre comment, lorsque l'ischémie se prolonge dans un territoire de cellules, ce territoire peut être frappé de mortification spéciale dans chacun de ses éléments actifs.

Tandis, en effet, que dans les processus où l'éréthisme vasculaire domine, les canaux sanguins apportent avec excès à la cellule ses éléments nutritifs qui exaltent ses propriétés, et lui font en quelque sorte brûler rapidement tout ce qu'elle a de réservesà dépenser, dans les lypémanies, les processus sont d'une autre sorte, ce n'est plus par excès, mais bien par défaut de nutrition que la cellule cérébrale entre en involution. Elle succombe à l'inanition et le résultat ultime est le même au point de vue dynamique, elle devient silencieuse.

Lorsqu'en effet le spasme vaso-moteur s'est manifesté dans tel ou tel territoire de l'écorce ou des centres, la vie se trouve suspendue là où les artères nourricières se distribuent. La phase torpide se déclare tout d'abord dans la cellule cérébrale. C'est une sorte de phénomène comparable à l'ischémie physiologique du sommeil, et si les choses continuent ainsi quelque temps dans le même état, le trouble nutritif s'accentue, la dénutrition s'opère et la cellule nerveuse ainsi privée de son aliment naturel est frappée d'une sorte de gangrène histologique qui l'anéantit à jamais, en tant qu'élément nerveux.

5° L'analomie pathologique met encore en saillie le rôle considérable

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