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DÉVELOPPEMENT DES PARTIES ÉLÉMENTAIRES DU SYSTEME NERVEUX

Le développement intrinsèque des éléments nerveux est encore, à l'heure qu'il est, un des points les plus obscurs de leur histoire.

1° On admet généralement que les cellules nerveuses dérivent des cellules embryonnaires transformées, que celles-ci s'agrandissent, prennent un aspect finement grenu et deviennent finalement des cellules complètes (1).

Mais, quant à la formation définitive des milliers d'éléments cellulaires qui constituent l'écorce et les noyaux centraux, nous n'avons encore aucune donnée précise. — Faut-il admettre avec Kolliker qu'ils se forment par scission aux dépens des cellules primordiales (2)? ou bien qu'ils prennent naissance aux dépens du blastème embryonnaire? Ce sont des problèmes qui attendent encore leur solution.

Toujours est-il que chez le jeune enfant, à la naissance, ainsi que j'ai eu occasion de le constater, les cellules corticales ne sont pas encore pourvues de leurs caractères histologiques définitifs : elles se rapprochent de la l'orme globuleuse, elles sont mollasses, grisâtres et nettement pourvues d'un noyau; on distingue dès cette époque à leur pourtour un chevelu réticulaire très délicat.

En général les cellules cérébrales sont plus tardives dans leur développement que celles de la moelle chez le même sujet. La substance grise de la moelle est déjà nettement caractérisée histologiquement alors que celle du cerveau est encore à l'état imparfait.

Selon Betz, cité par Richet (3), les cellules géantes de certaines régions de l'écorce n'existent pas encore chez le nouveau-né.

Nous n'avons pas encore de matériaux précis qui nous permettent d'éta-

(1) Frey, Histologie et histo-chimie, p. 414.

(2) Kolliker, Traité d'histologie, p. 376.

(3) Thèse d'agrégation, 1877, p. 133,

blir histologiquement le mode de développement progressif des cellules eérébrales chez l'enfant arrivant progressivement à l'état adulte. En général les types que nous avons donnés appartiennent à des éléments nerveux recueillis chez les sujets arrivés aux périodes moyennes de la vie.

Chez le vieillard, du moins chez certains sujets dont les facultés cérébrales ont subi un certain déchet, les cellules cérébrales deviennent plus rares et corr ispondentà ce mouvement général de résorption organique qui plane sur tous les tissus en général et sur le cerveau pareillement. — De plus, elle- sont beaucoup plus pigmentées que chez l'adulte, et on est surpris, en examinant telle ou telle région de l'écorce, de voir comhien presque toutes les cellules se trouvent simultanément envahies par la dégénérescence granulo-graisseuse. Elles ont complètement cessé d'exister en tant qu'éléments anatomiques définis, et ne se présentent plus à l'examen que sous forme d'agglomérations granulo-graisseuses noirâtres vaguement limitées.

-2° L'histoire du développement des libres nerveuses au point de vue de leur évolution histologique présente encore de grandes obscurités. Elles procèdent \raisemblablement, comme les cellules, des éléments embryonnaires préexistants.

Chez l'enfant à la naissance, même dans la substance blanche, elles se présentent sous forme de filaments grisâtres. La myéline n'y paraît pas encore ai - caractères de réfringence caractéristique. La gaine de

nature conjonctive se montre constituée par des fibrilles fusiformes fusionnées, et le cylinder axis résulte d'un travail évolutif de même nature. L'époque de l'apparition des gaines dans les différents départements du système nerveux ne se fait pas d'une façon simultanée. I! y a déjà des départements spéciaux qui sont nettement constitués et en quelque sorte à l'état adulte, alors que d'autres sont encore à l'état rudimentaire.

C'est en partant de ce principe que Flechsig (1) est arrivé cà déterminer l'évolution spéciale de certains groupes du système nerveux. Ce seraient, suivant lui, les fibres nerveuses reliant la périphérie à la substance grise *\e> ventricules qui s'organiseraient les premières. Viendraient ensuite ces groupes de fibres qui relient entre eux les ganglions centraux des hémisphères et celles qui relient les mêmes ganglions aux masses grises du cervelet.

Parrot, dans une série de communications faites à la Société de Biolo-

1 1) Revue des sciences médicales, p 17, d« 23, juillet I87i

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