DÉVELOPPEMENT
gie (1), a montré aussi l'inégalité de développement de certains départements de l'encéphale les uns par rapport aux autres. Il a fait voir que les régions postérieures du cerveau avaient un développement relativement hâtif, et il a surtout mis en lumière ce fait très remarquable, que les fibres nerveuses des circonvolutions marginales au pourtour du sillon de B.olando étaient celles qui, au moment de la naissance, étaient le plus nettement constituées et apparaissaient sous forme de fibres curvilignes blanchâtres très nettement apparentes (2).
3° Les mêmes incertitudes que nous venons de signaler au sujet de l'évolution intrinsèque des éléments nerveux, à partir de leur phase embryonnaire, se retrouvent pour l'histoire du développement du tissu interstitiel et pour celle des capillaires. — Même à la naissance, il est encore bien difficile de pouvoir reconnaître dans l'écorce les éléments histologiques qui appartiennent à la névroglie et de les distinguer d'avec les éléments nerveux proprement dits. Ce n'est qu'au fur et à mesure que le développement s'effectue que la différenciation se fait avec plus de facilité.
Ce qu'il y a de remarquable dans l'évolution naturelle de la trame eellu leuse des centres nerveux pendant l'évolution de l'individu vivant, c'est cette tendance incessante qu'elle a à s'accroître, à proliférer, et, à mesure que l'individu vieillit, à se condenser et à se solidifier progressivement; et cela au grand dommage des éléments nerveux interposés dans sa trame. Ainsi dans le système nerveux des vieillards, dans leur cerveau, dans leur moelle, toutes les membranes fibreuses enveloppantes sont bien plus épaisses et d'une texture bien plus résistante que chez les jeunes sujets.
Chez ces derniers, en effet, ou ne peut pas enlever la pie-mère tout d'une pièce, ce n'est que par lambeaux qu'on peut la détacher. Chez les sujets de quarante à cinquante ans on commence à noter que les méninges, ayant acquis plus de fermeté, peuvent s'enlever aisément et présentent une certaine résistance à la traction. Chez les vieillards de soixante-dix à quatrevingts ans la décortication de l'écorce se fait, on peut dire, sans interruption.
Ce qui se passe ici pour les membranes d'enveloppe se passe aussi
(1) Parrot, du Développement de l'encéphale chez l'enfant dans la première année (mars 1879, Société de biologie).
M. Krishaber, Considérations sur l'historique et le développement de l'encéphale; thèse de Paris, 1864.
(2) Voy. l'intéressant résumé des travaux qui touchent à la structure des cellules nerveuses ainsi qu'au développement des éléments histologiques du système nerveux, par Claparède. (Annales médico-psych., II, 1871, p. 288).
les éléments névrogliques qui serpentent clans l'intimité des membranes centrales. Par l'effet de l'âge, les éléments de la névroglie deviennent ainsi plus durs, pins résistants, si bien que dans certaines circonstances on trouve que dans les régions centrales, et les couches optiques en particulier, le tissu fibreux interstitiel s'est substitué au tissu nerveux naturel, dont les éléments caractéristiques ont peu «à peu disparu (1).
On peut donc dire qu'à partir de la naissance les éléments de la névroglie, corpuscules, cellules et fibres, sont, pendant toute la période ascendante du développement de l'individu, dans un perpétuel travail de développement progressif et que ce développement autonomique suit des lois fatales. A partir du milieu de l'existence, ce travail végétatif semble se ralentir (au point de vue de la formation des éléments nouveaux). Mais une nouvelle modalité se présente dans la vie de ses éléments. Devenus adultes, ils se durcissent progressivement et acquièrent ainsi dans certains points les propriétés atrophiantes des tissus sclérosés.
Au point de vue de la palhogénie des diverses dégénérescences lentes et progressives que l'on constate dans l'étude de la pathologie mentale et du système nerveux en général, on comprend quel rôle énorme ce tissu névrotique non venu est susceptible de prendre dans la succession des actes de la vie nerveuse. — Il a sa vie propre, son indépendance autonomique, sa manière d'être spéciale ;on comprend donecomment, lorsquedes irritations multiples viennent à surexciter ses propriétés trophiques, il sécrète avec i \< 3 des éléments nouveaux-, At>> néoplasies soii locales, soit généralisées, et comment ainsi cette gangue interstitielle, qui physiologiquement est un instrument de vie, peut devenir un foyer d'irradiation mortelle pour les tissus qu'elle enserre de toutes parts.
Nous verrons plus loin que certains processus variés que l'on résume nosologiquement sous le nom de paralysie générale progressive, — que d'autres, qui sont accompagnés soit d'hallucinations persistantes, soit d'excitations chroniques avec démence, se rattachent plus ou moins directement à ce fait primordial unique : une aberration nutritive de la formation de la névroglie interstitielle.
(I) Vi>\. I.iivs, des Condition* pathogéniques du développement de la paralysie générale et en particulier des différentes dégénérescences scléreuses du système nerveux. Lu à la Société médicale des hôpitaux, 1678.)