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ANATOMIE UICUOSCOP1QUE ET PHOTO-MICROSCOPIQUE

L'étude intime du système nerveux des paralytiques, faite à l'aide de coupes minces convenablement préparées, et surtout avec des représenta-

nt Bonnet et Poincarré. Recherches sur la nature et l'analomie pathologique de la paralysie générale, Paris, 1869.

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lions photo-micrographiques des régions intéressées, montre d'une façon indubitable que la lésiun essentielle et fondamentale, que l'on rencontre aussi bien dans la substance grise que dan- la substance blanche, consiste

dans un développement exubérant, de la trame celluleuse interstitielle (Planches IX, X et XI .

Cett>' hyperplasie delà névroglie doit être d'abord étudiée en elle-même,

puis dans ses rapports avec les capillaires et avec les éléments nerveux.

Le développement hyperplasique de la trame cellulaire se constate d'une façon d?> plus nettes à sou maximum d'intensité, dans les régions où le travail atrophique de l'écorce esl surtout accusé, principalement dans la substance blanche de la circonvolution calloso-marginale.

A l'aide de faibles grossissements, nu constate souvent que la substance blanche a presque complètement disparu et qu'elle est remplacée par un tissu nouveau, formant des mailles rigides qui interceptent entre elles dearéoles excessivement abondantes, remplies de sérosité, ce qui donne à la coupe l'apparence d'un tissu de tulle (1).

A un grossissement plus but, lorsqu'on cherche à se rendre compte des pbases antérieures du processus qui dans les cas précédents est arrivé à sa période la plus complète, on constate alors que les éléments normaux de la névroglie sont considérablement augmentés en nombre et en volume. — qu'ils sont juxtaposés, les uns à côté des autres en quelque sorte, — qu'ils sont gonflés, turgides et que les prolongements multiples qu'ils émettent sont pareillement [dus volumineux i flanche X, lig. 2). Ces corpuscules, qui présentent une masse celluleuse, discoïde, avec des filaments irradiés dans toutes les directions, ont été judicieusement comparés à de grosses araignées dont le corps globuleux donne naissance à des pattes grêles et allong

Ces corpuscules de la névroglie. ainsi augmentés en nombre et en volume, envoient donc dans toutes les directions des irradiations multipliées, qui s'anastomosant entre elles, finissent par constituer un réticulum serré, à tendance envahissante. Ceux-ci forment en définitive une trame de nouvelle formation, véritable feutrage inextricable, au milieu duquel les éléments nerveux sont littéralement englués.

(1) Mierzejewsky. Des lésions cérébrales dans la paralysie générale 'lésions des cellules). (Ann. méd. psych., 1878, t II. ]> i.

Lubimoff. Sur te développement de vaisseaua de nouvelle formation dans la paralijsie générale. [Archives de physiologie, I874, p. 8Î ,

Cet étal spécial de la substance blanche a été pareillement signalé par Lockhart Clarke, il compare le- coupes du tissu dégénéré à celles du fromage de Gruyère ou d'une tranche de croûte de paiu, au point de vue des aréoles. (Annales médico-psych., \*~-, t. I. p. iii.

La forme corpusculaire est celle que l'on rencontre le plus fréquemment parmi les éléments de la névroglie en période de prolifération. La forme cellulaire (noyau et cellule avec prolongements) est relativement rare. La forme noyau-cellule allongée se rencontre principalement dans les parois des capillaires et dans leurs alentours.

Le travail hypergénésique de la trame celluleuse est surtout très nettement accusé dans la substance blanche sous-corticale de i'écorce. —Là il se révèle par la présence de noyaux indurés et surtout par l'existence de ces aréoles que nous avons précédemment signalées, qui donnent à la pièce l'apparence d'un véritable crible (PI. XI). Dans certaines circonstances, le tissu examiné a l'aspect du tissu aréolaire des os et, quelquefois même, lorsque les aréoles sont très développées, il prend cet aspect spécial que l'on voit sur la coupe d'un os atteint de spina ventosa.

Dans la substance grise, la prolifération celluleuse présente les mêmes caractères. Elle se montre plutôt sous l'apparence d'un tissu homogène, vaguement disposé en aréoles, et s'implantant sous l'apparence de poussées floconneuses au sein de la substance corticale, au milieu de laquelle il englobe les cellules nerveuses, qui sont directement écrasées (Planche IX).

Dans les régions sous-méningées de I'écorce, le tissu scléreux de nouvelle formation se présente avec des caractères plus nets de tissu nettement fibrillaire. Les corpuscules de la névroglie y sont néanmoins encore très multipliés et, à l'aide de leur irradiation celluleuse, ils constituent une couche plus épaisse que normalement de tissu conjonctif dont les mailles sont imbibées d'une sérosité abondante.

Le travail de prolifération morbide envahit pareillement les éléments de la pie-mère, si bien que cet état nouveau du tissu méningé et du tissu sousinéningé de I'écorce donne au cerveau des paralytiques, lorsque ces mêmes régions sont envahies parla sérosité, cet aspect opalescent si caractéristique dont nous avons parlé, et qui résulte de la macération directe dans le liquide séreux des éléments de la néoplasie conjonctive.

Les parois internes des ventricules latéraux, du troisième et du quatrième ventricule, deviennent le siège d'une hyperplasie semblable à celle qui existe dans toute l'intimité du système nerveux. Les végétations, l'aspect chagriné qu'elles présentent ne sont que le reflet, du travail d'irritation nutritive qui s'est opéré dans l'intimité des éléments de l'épendyme.

J'ai vu dans certaines circonstances le processus morbide avoir une détermination anatomique beaucoup plus accentuée dans les régions centrales que dans les régions périphériques de I'écorce. La transformation scléreuse

gjg PATHOLOGIE SPÉCIALE.

de toutes ces régions était beaucoup plus avancée dans les parois internes des couches optiques et des corps striés que dans les régions sous-méningées.

Ce fait pathologique semble donner une confirmation aux recherches anatomiques de Duret que nous avons déjà signalées, relatives à l'indépendance de tleux systèmes d'irrigation vasculaire du cerveau, dont l'un est presque exclusivement consacré à l'écorce et l'autre aux régions centrales de l'encéphale.

Le travail de prolifération conjonctive parait avoir son maximum d'intensité dans les gaines vasculaires (1). — C'est de là, vraisemblablement, qu'il part pour s'étendre à distance, le long de la continuité des filaments normaux celluleux, qui rattachent ces gaines à tous les tissus ambiants.

Lorsqu'on étudie, en effet, les parois des vaisseaux, à l'aide de faibles grossissements, on reconnaît qu'elles sont infiltrées d'une substance blanche plastique qui les suit dans leur continuité et les dessine très nettement. A l'aide de plus forts grossissements, on reconnaît que l'épaisseur de la gaine vasculaire est doublée ou triplée, que les éléments fusiformes juxtaposés y sont infiniment plus nombreux que d'habitude et que les tractus latéraux qui émanent de ses éléments sont épaissis, densifiés et forment autour des vaisseaux une trame d'envahissement, ferme et résistante, à direction parallèle au conduit vasculaire. Ce sont ces éléments nouveaux qui, à un moment donné, en vertu de leur élasticité de tissu, maintiennent la lumière du vaisseau dilatée et favorisent ainsi la stagnation du sang dans les régions envahies.

Sur des coupes transversales des capillaires, on note encore l'épaississement des fibres circulaires internes. Cet épaississement est tel, dans certains cas, que la lumière du vaisseau est quelquefois complètement oblitérée; I'endothélium est pareillement épaissi.

On comprendra comment, lorsque le travail de néoplasie se développe ainsi, il puisse se faire mécaniquement des ischémies partielles et localisées dans tel ou tel département isolé des centres nerveux et, avec l'ischémie, des suspensions des fonctions nerveuses et, finalement, la dénutrition des tissus ambiants, privés directement de leurs matériaux nutritifs (2).

(4) Sankey. La pathologie de la paralysie générale. Lésions des capillaires. (Ann. méd. psych. 1865, t. II, p. t.)

(2) On comprend ainsi quels troubles profonds ces changements survenus dans la constitution îles capillaires sont susceptibles d'apporter dans les échanges nutritifs des éléments nerveux. — C'est vraisemblablement à cette transformation <|u'il faut attribuer le peu d'action que les substances médicamenteuses et thérapeutiques onl sur le cerveau

En présence de cette hyperplasie envahissante de la névroglie, les éléments nerveux, qui ont avec elle des rapports anatomiques si intimes, subissent rapidement le contre-coup des conditions nouvelles dans lesquelles ils sont placés.

Dans la substance grise, la ou la prolifération morbide semble se propager sous forme de masses floconneuses, la destruction des cellules nerveuses est bien vite opérée. Elles sont engluées, étouffées sous les étreintes du processus envahisseur et elles disparaissent rapidement. C'est ainsi qu'on n'en compte plus qu'un nombre restreint dans les régions envahies.

Avant qu'elles arrivent à cette période ultime qui exprime les phases les plus avancées de leur régression, les cellules ont passé au préalable par des phases d'éréthisme, sous l'influence de l'accélération des courants sanguins ambiants, et ont probablement subi, ainsi que Meschede semble l'avoir vu, un travail d'hypertrophie passagère (1). A cette époque qui caractérise la période de délire avec excitation de la paralysie générale, les cellules nerveuses, nettement apparentes, sont couvertes de granulations pigmentaires qui dérivent des exsudations ambiantes des capillaires qui ont laisé transsuder leurs matériaux hématiques.

Dans les noyaux opto-striés, les mêmes causes amènent les mêmes effets destructifs et lorsqu'on examine le cerveau des malades qui ont succombé dans les formes chroniques, c'est à peine si l'on constate l'existence de quelques cellules, la trame scléreuse domine partout et s'est substituée à l'élément nerveux.

Dans la substance blanche, le travail hyperplasique semble trouver plus de résistance de la part des iubes nerveux. Ceux-ci sont encore reconnaissablés, alors que les cellules ont déjà complètement disparu. Ils apparaissent encore sous forme de filaments déliés, à striation parallèle, mais en réalité ils sont profondément désagrégés, granuleux et réduits très souvent à leur gaine simple, les cylindres ayant disparu.

Le développement à outrance de la trame conjonctive au sein du tissu nerveux, la prolifération incessante et progressive de ses milliers d'éléments au milieu des fibres et des cellules nerveuses qui sont ainsi investies de

des paralytiques, les capillaires ne permettant plus le libre cours du sang dans la trame nerveuse. Leurs parois épaissies interceptent vraisemblablement les échanges réguliers entre le sang et les tissus irrigués.

(1) Meschede. Des lésions anatomiques de la folie paralytique [Ann. médico-psy cho., 1866, t. IL p. 223. ;

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toutes paris el privées de leurs éléments de nutrition habituels, constituent la lésion mère, la lésion protopathique et fondamentale que l'on retrouve aux débuts de toutes les variétés d'aspect que peuvent présenter les cerveaux des paralytiques généraux. — C'est elle qui les suscite toutes, qui les modifie d'une façon différente suivant les régions influencées, et qui, sous-jacente à tout ce qui se passe dans l'intimité de la vie des centres nerveux, poursuit son cours fatal, en vertu des lois fatales de l'évolution des tissus sclérosiques, qui, dans le cerveau comme dans tous les autres viscères de L'économie, le foie, les reins, les glandes, marche sans cesse d'une façon progressive. Elle investit, comme un véritable mycélium, les éléments actifs, les détruit sous l'action de ses étreintes rétractiles et finit par avoir raison d'eux, tout en se substituant peu à peu à leur place (1).

C'est là le faitanatomique tangible, le corps du délit que l'on peut saisir, mais il est incontestable que ce travail d'hyperplasie plastique ne peut se mettre en branle qu'à la suite de phénomènes préparatoires qui dépendent tout d'abord de troubles survenus dans les conditions intimes de la circulation cérébrale. — Il y a vraisemblablement, comme phénomènes pathogéniques des périodes de début, des troubles vaso-moteurs primitifs, des spasmes persistants des canaux sanguins, qui doivent amener ça et là des troubles concomitants dans la vie intime des éléments cellulaires et nerveux, exalter ou abaisser ses activités propres et par cela même servir de point de départ au processus sclérosique ultérieur. Cette opinion, qui est la nôtre, a été déjà mise en avant et soutenue par les recherches spéciales de Ceorges Thomson (2). C'est à notre avis la seule façon physiologique de comprendre le développement du processus pathologique de la paralysie générale.

(lj Bayle. De la cause organique de l'aliénation mentale accompagnée de paralysie générale. (Ann. méd. psych., 1855, p. 408.)

Westphal. État actuel de nos connaissances sur la paralysie générale des aliénés. (Arcliir. psychiatrie, 1868, vol. I, 1er liv. et Annules méd. psycho-, 1869, t. II, p. -281.)

(2) Pour Georges Thomson, le changement organique qui existe au début de la paralysie générale consiste dans une diminution du calibre du vaisseau qui es! île la nature d'un spasme permanent.

Ce spasme qui persiste si on le laisse sans traitement est susceptible de céder à des moyens thérapeutiques quand il est reconnu de bonne heure.

Les lésions trouvées après la mort ne sont pas la cause mais le résultat des modifications organiques du début, qui n'ont pas besoin d'avoir une durée fort longue pour déterminer ces lésions secondaires. {Ann. médiev-psycho., 1878, t. II. p. 411.)

CONDITIONS PATHOGÉNIQUES ET ÉTTOLOGIQIES DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE (i)

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