‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 214 sur 286 · II. — CAUSES OCCASIONNELLES · texte numérisé non relu

II. — CAUSES OCCASIONNELLES

L'individu étant plus ou moins prédisposé par les influences héréditaires et par la période de la vie à laquelle il est arrivé, toutes les causes extérieures qui viendront l'ébranler itérativement, et mettre en période d'éréthisme, soit sa sensibilité intime, soit ses facultés intellectuelles, trouveront un terrain préparé, et solliciteront par cela même une phase d'hyperhémie, laquelle à son tour, comme phénomène dérivé, déterminera des hyperplasies scléreuses et celles-ci amèneront à leur tour l'explosion du délire.

Qu'il s'agisse, en effet, d'incitations d'ordre moral, de chagrins, de déceptions, d'une surexcitation intellectuelle prolongée, de nuits passées sans sommeil, — qu'il s'agisse de substances étrangères introduites dans l'économie, de liqueurs alcooliques, surtout, qui itérativement prises amènent à leur suite d^s congestions passagères ; — - qu'il s'agisse de méningites traumatiques ou d'origine syphilitique, le processus pathogénique est toujours le même au fond; c'est un travail d'hyperhémie congestive qui s'organise, qui se perpétue et donne naissance à des néoplasies scléreuses

(1) Sander. De la rareté de la paralysie chez les femmes. (Arch. méd.-psych. 1873, t. [, P336. ;

lesquelles une fois formées obéissent fatalement aux lois'de leur évolution 0£ inique.

I Influences morales. — Excès du travail cérébral. — Les causes

morales, les déceptions, la jalousie, une ambition excessive, appuyées sur des capacités intellectuelles insuffisantes, des préoccupations d'affaires, des travaux intellectuels disproportionnés forment ordinairement le contingent des ébranlements pathogéniques.

II résulte, en effet, des relevés qui ont été faits par Contesse, à Bicétre, sous la direction de Marcé, que sur une série de 300 paralytiques on en trouve 116 avec des professions à travaux intellectuels, c'est-à-dire 38 pour 100; et 184 sur 300, c'est-à-dire Gl pour 100 ayant des professions à travaux manuels. Or, une série de 300 malades atteints de délire non paralytiques donne lea chiffres suivants : 50 sur 300, c'est-à-dire 16 pour 100 appartenant aux professions intellectuelles; "250 sur 300, c'est-à-dire 83 pour 100 pour les professions manuelles (i).

Un certain nombre de causes physiques, susceptibles de déterminer un afflux de sang vers l'encéphale, sont encore susceptibles de développer la paralysie générale, telles sont les plaies et les blessures du crâne, les érysipèles de la face et du cuir chevelu (2), les insolations dans les pays chauds.

2° Excès '/'j coït. — Alcoolisme. — Syphilis. — Les excès de coït, uite de la congestion qu'ils déterminent du côté des centres nerveux. semblent avoir aussi une certaine influence (3).

Les substances alcooliques, qui ont une tendance à s'emmagasiner dans le- différents tissus organiques, dans le foie, le rein, etc., et à y déterminer des néoplasies scléreuses, sont aptes pareillement à susciter les mêmes processus dans les centres nerveux. C'est ainsi qu'on voit un certain nombre d'alcoolisés chroniques présenter progressivement des symptômes caractéristiques de la paralysie générale.

Il en est de même pour la syphilis. Si d'habitude, en effet, la syphilis ancienne marque son passige à travers l'organisme par la présence de pro-

(I) Marcé. /. c. p. H2.

Baillarger. De l'influence de l'érysipèle de la face et du cuir chevelu sur la production de la paralysie générale: Ann. méd. psijeh. 18 i'J. t. I, p. 477. (3) Villard. Des phénomènes congestifs de la paralysie générale. Annales médico-psydi. I. p. 1-27.

ductions sclérosiques et de tumeurs gommeuses, il n'est pas impossible que le virus syphilitique, dans certains cas, ne révèle sa présence par une hyperplasie scléreuse, ayant les allures d'une hyperplasie .simple. Je dis que la chose n'est pas impossible, attendu que, jusqu'à présent, les caractères du diagnostic anatomique entre les lésions scléreuses de provenance syphilitique etles lésions non syphilitiques ne nous paraissent pas suffisamment établis pour nous permettre de reconnaître cliniquement l'existence d'une paralysie générale d'origine syphilitique.

SYMPTOMATOLOGIE

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