LL'YS
expansif, il ne peut rester en place, il fait de longues courses, il est pris par un besoin irrésistible de déplacement et de locomotion, ou bien encore il écrit sans cesse des lettres, des mémoires et ne peut maîtriser l'ardeur qui déborde en lui de toutes parts.
A mesure que l'état d'éréthisme se prononce, l'entraînement général subit une phase d'ascension proportionnelle. Les malades sont entraînés à parler malgré eux, à marcher, h sauter, à courir. Pendant un certain temps ils peuvent encore écouter la voix de leurs proches, répondre avecprécision, mais il arrive un moment où rincoercibilité des forces psychomotrices devient telle, qu'on les voit s'agiter tumultueusement, marcher et courir sans but, vociférer sans cesse, chercher à s'échapper sans prendre garde aux obstacles qu'ils bousculent devant eux et, en un mot, donner le spectacle d'un complet déchaînement des forces motrices devenues incoercibles, et cela, dans l'espace de quelques heures seulement. Tel malade, calme encore le matin, peut devenir incoercible dès le soir. Le délire est partout, aussi bien dans les régions de l'intelligence que dans celles de l'activité motrice.
Lorsque l'excitation est arrivée à ce degré d'effervescence, elle a une allure en général continue, sauf quelques rémissions nocturnes pendant lesquelles le malade goûte quelques heures de repos. Au réveil elle réapparaît avec plus d'intensité. — Néanmoins, comme toutes les situations violentes, elle ne peut durer au delà de certaines limites, variables suivant la force et la constitution des individus envahis; il se fait forcément une accalmie, par usure et dépense exagérée des forces vives de l'économie.
Va grand nombre de malades ne résistent pas à cette période orageuse de la maladie et succombent rapidement, au bout de quelques jours d'excitation violente, sous le coup d'accidents congestifs du côté de l'encéphale.
Chez d'autres, l'excitation tombe peu à peu. Ils récupèrent quelques instants de lucidité et arrivent ainsi à un état de demi-tranquillité, de demi-inconscience qui leur permet de vivre encore de longs mois. A la suite de celte période d'agitation tumultueuse, ils sont toujours plus ou moins épuisés et plus ou moins frappés, au point de vue de la déchéance intellectuelle, et sous l'imminence de rechutes nouvelles.
PARALYSIE GÉNÉRALE. — SYMPTOMATOLOGIE. 563