III. — TROUBLES DE L'ÉCRITURE
Les paralytiques, dans les premières périodes, éprouvent les mêmes difficultés pour écrire que pour articuler des sons. L'examen des caractères qu'ils ont tracés sur le papier indique en effet d'une façon c.aracté-
(I) Linas, thèse de Paris De la pathologie générale, 1857.
PARALYSIE GÉNÉRALE. — SYMPTOMATOLOGIE. 565
ristique, la plupart du temps, les troubles survenus dans l'ensemble des facultés motrices.
Ainsi, en outre des mots passés et de l'exagération delà conception de la phrase, le corps de l'écriture présente quelquefois dans le tracé des lettres des dimensions insolites. On trouve des caractères disposés en zigzag et mal liés, des mots tracés d'une manière illisible, sans séparation et sans suivre une ligne droite. Ils passent des mots en écrivant, comme en parlant. Si c'est une lettre qu'ils ont écrite, les premières lignes sont assez régulières, mais les dernières et la signature surtout sont indéchiffrables et tremblées.
En général, ils n'ont aucun souci pour le papier dont ils font usage. Leur papier à lettres est maculé de taches, et quelquefois ils écrivent sur du papier gris et malpropre découpé irrégulièrement.
A une période plus avancée, la faculté d'écrire finit par s'effacer peu à peu, et alors, si vous offrez une plume et du papier à un paralytique en le priant d'essayer d'écrire, vous constatez dans l'exercice de la fonction graphique le même délabrement que celui que vous avez constaté dans celui de la fonction verbale. Ils saisissent encore la plume avec la main ; gauchement ils la mettent sur le papier avec lenteur, ils ne peuvent plus la promener avec délicatesse, et alors, en l'appuyant hors de propos, ils produisent des signes informes, n'arrivent plus, à force d'efforts et d'attention, qu'à pouvoir tracer à grand'peine leur signature, mais, cet effort accompli, ils restent en plan et ne peuvent arrivera tracer qu'une ou deux lignes de suite (1).