TROUBLES DES FONCTIONS ORGANIQUES
Troubles des fonctions digestives. — Les désordres survenus dans les
(1) Furstner a signalé chez les paralytiques une forme spéciale de troubles visuels, consistant dans une amblyopie limitée à un seul côté, sans que Eexamen ophtalmoscopique révèle la moindre altération du fond de l'œil. Dans deux cas relatés par Fauteur, l'autopsie révéla l'existence d'une paehyméningite hémorrhagique avec atrophie des lobes frontaux. (Revue des sciences médicales, 1878, p. 624.)
(2) Jehn. Sut les découvertes ophtalmoscopiques dans la paralysie générale (Annales médico-psych., t. I, p. 309.)
Billod. De l'amaurose et de l'inégalité des pupilles dans la paralysie générale, Td., 1863, t. II, p. 316.)
Ph. Boy. Eludes cliniques sur l'œil dans la paralysie générale. Thèse, Paris, J879. Les troubles fonctionnels (vision des couleurs, acuité visuelle), les lésions des parties profondes sont successivement passés en revue.
différents appareils qui concourent à la préhension, à la mastication ainsi qu'à la déglutition des aliments, amènent nécessairement chez les paralytiques, tics modifications spéciales dans les actes successifs des fonctions intéressées.
Dans les premiers temps, alors que c'est l'excitation qui domine, les malades prennent les aliments d'une façon rapide et saccadée; ils ont quelquefois de la peine et du tremblement dans l'action de porter leur cuiller pleine de soupe à leur bouche; ils prennent leur verre en imprimant au liquide des oscillations qui le font souvent verser. — El, en même temps, ils mastiquent rapidement, d'une façon irrégulière. Quelquefois ils oublient de triturer suffisamment le bol alimentaire, si bien que l'on est tout étonné de voir des accidents de suffocation se manifester d'une façon inopinée, par la présence d'un fragment d'os, d'un morceau de pomme de terre, de poire, subitement engagé au niveau de l'isthme du gosier.
Dans d'autres circonstances, dans la période moyenne, les malades perdent peu à peu leur activité et leur entrain, au point de vue des actes de la mastication et de la préhension des aliments. — Ils sont distraits, ils oublient volontiers les morceaux coupés devant eux et restent parfois, devant leur assiette servie, sans penser à prendre les aliments, qu'il faut leur présenter; — ou bien encore, ils ont des perversions bizarres; ils ne consentent à les ingurgiter qu'après avoir opéré des mélanges hétérogènes d'aliments différents sur une même assiette. — Dans les formes dépressives, cette difficulté de l'alimentation des paralytiques est surtout accusée, il faut les solliciter vivement et à un moment donné les faire ingurgiter d'office. Même une fois l'aliment dans la bouche, il ne faut pas croire que tout est fini; la désharmonie fonctionnelle est telle, qu'ils oublient de mastiquer, ils gardent la bouche ouverte, et d'autres fois ils la ferment, en conservant le bol alimentaire sans le déglutir. — Dans ces circonstances la déglutition doit être attentivement surveillée, car si l'on n'a pas eu soin de fractionner les bouchées alimentaires, de découper le pain en petits morceaux, on risque fort de voir des accidents de suffocation foudroyante se développer instantanément. La vie des malades dans ces circonstances est exclusivement à la merci des soins et de l'attention du domestique chargé de l'alimentation.
La salive est quelquefois sécrétée en très grande abondance, et cette hypersécrétion accompagne d'habitude les phases du début de la maladie. Quelquefois les malades lui attribuent une part dans leurs conceptions délirantes; ils se figurent que ce sont des substances toxiques qui les font saliver avec plus d'abondance que d'habitude. Ils rejettent cette salive par
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une expuition fréquente, en disant que c'est leur poison qu'ils excrètent, et quelquefois ils la gardent pendant des heures entières dans leur bouche. Chez certains déprimés, cette accumulation de salive dans'la bouche est souvent une cause de mutisme; ils se mettent, en effet, à parler une fois qu'ils l'ont rejetée au dehors, quelquefois volontairement et quelquefois à leur insu, par une sorte d'éjaculation automatique.
Boulimie des paralytiques. — Dans les premiers temps, l'appétit est très fortement surexcité chez les paralytiques; ils mangent beaucoup plus que d'habitude dans leur famille et, en même temps, ils réitèrent leurs repas.
Chez certains, dans les périodes initiales de la maladie, ce sont les troubles gastriques qui, au dire des proches parents, ont été les premiers symptômes morbides signalés. Le futur paralytique était déjà pris d'une sorte de fringale, alors qu'il n'avait pas encore d'idées délirantes, et d'une préoccupation extrême pour tout ce qui touchait son alimentation (1).
Lorsque la maladie est dans sa période ascendante, cette suractivité gastrique se prononce de plus en plus. — Au moment des repas les malades se précipitent à table, ils découpent les aliments à peine, et ingurgitent itérativement des morceaux volumineux. Ils ne les mastiquent presque pas, ils demandent itérativement des portions doubles, ils se servent de tout ce qu'on leur présente, d'une façon indiscrète, et quelquefois ils ne se donnent pas même la peine de se servir de leur fourchette, ils portent directement avec leurs doigts les morceaux à la bouche. — Ils prennent sans discernement tout ce qu'on leur présente, et l'on est surpris de voir quelquefois avec quelle impassibilité ils s'emparent de détritus alimentaires dont on ne se sert pas habituellement, et qu'ils ingurgitent néanmoins en rôdant dans les offices. Pour eux tout leur est bon, il leur semble qu'ils doivent satisfaire un besoin qui les porte à remplir quand même leur estomac.
Et, chose étrange! l'estomac qui reçoit tous ces matériaux alimentaires en quantité insolite ne regimbe pas. Il les accepte passivement, et ce n'est qu'exceptionnellement que j'ai vu des vomissements se prononcer dans cette période de suractivité des fonctions gastriques.
(1) Un agent de change, auquel j'ai donné des soins à ce moment-là, n'hésitait pas d'aller dans sa cuisine et à mettre lui-même la main à la préparation de son repas qu'il combinait d'une certaine façon, chose qu'il n'avait jamais faite et qui, longtemps après, fut considérée comme un des symptômes initiaux de la maladie.
Dans d'autres circonstances, les malades trouvent qu'ils ne sont pas assez copieusement nourris chez eux et ils vont dans les restaurants se livrer tranquillement à la voracité de leur appétit.
Dans la deuxième et la troisième période de la maladie, la boulimie lend de plus en plus à disparaître. — Les malades sont plus ou moins affaissés, ils oui cessé d'avoir la surexcitation cérébrale du début, l'accalmie du cerveau se répand sur tout l'organisme et amène par cela même une sédation générale. — Devenus plus tranquilles, ils prennent régulièrement leurs repas qu'ils voient toujours arriver avec plaisir, et dans les périodes les plus avancées, en examinant leur physionomie qui s'anime à ce moment, leur regard qui brille, on peut évidemment reconnaître que la satisfaction de l'appétit est la dernière qui s'éteint, et qui survit à l'anéantissement de toutes les autres sensibilités de l'organisme.
La boulimie est un symptôme constant et caractéristique de la paralysie générale. On la rencontre presque constamment quand on interroge l'entourage du malade avec soin. Aussi, peut-on dire avec raison qu'elle constitue un signe d'une grande valeur séméiologique et presque pathognomonique de la paralysie générale.
Les fonctions intestinales s'opèrent d'une façon lente et silencieuse, la constipation est la règle chez les paralytiques. — Ils ne vont, en général, à la garde-robe que tous les trois ou quatre jours. 11 convient par conséquent de surveiller exactement la régularité des excrétions alvines. On évite ainsi des débâcles intestinales subites, suivies, quelquefois, et accompagnées d'un flux diarrhéique persistant, qui amène un affaiblissement notable. Il convient d'employer seulement de légers laxatifs, et s'ils n'agissent pas suffisamment, d'avoir recours (seulement avec réserve) à l'usage de lavements, attendu que chez les malades affaiblis, le dérangement et les efforts que cette opération nécessite déterminent quelquefois un état hyposthénique qui peut avoir une certaine gravité. — Quand l'incontinence des matières est devenue habituelle, il convient de régulariser leur cours en plaçant, à des heures fixes, les malades sur des chaises percées, et de prendre, à l'aide de lavages répétés et, quand le temps le permet, à l'aide de douches froides appliquées sur la région lombaire, les soins nécessaires pour éviter l'irritation de la peau du siège et la formation d'eschares.
2° Troubles des fonctions circulatoires. — Les troubles des fonctions circulatoires doivent être envisagés dans l'organe central et dans les régions périphériques des appareils de la circulation.
a. — Les troubles de l'innervation du cœur, chez les paralytiques, ont jusqu'à présent peu frappé l'attention des observateurs.
Dans les formes expansives, les battements du cœur s'exécutent d'une façon régulière et sans troubles manifestes.
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Lorsque la période d'excitation est tombée, les battements semblent frapper d'une façon molle et sans énergie. Il y a quelquefois des irrégularités, quelquefois des temps d'arrêt, mais en général les troubles cardiopathiques sont peu apparents; les malades se plaignent quelquefois seulement de troubles subjectifs du côté du cœur, de sensations d'étouffement et de palpitations nerveuses.
Nous rappelons cependant que dans certaines circonstances, principalement dans les dernières périodes, il peut se faire des arrêts subits de l'innervation du cœur, et qu'il y a un certain nombre de malades qui sont emportés par une syncope.
b. — Du côté de la circulation périphérique les troubles morbides sont plus nettement accusés.
Les artères radiales, les temporales, explorées au moment de la phase d'excitation, présentent sous le doigt des oscillations variables; on rencontre quelquefois des irrégularités dans leurs battements, un défaut de synchronisme entre le côté gauche et le côté droit, et des battements incomplètement frappés.
Chez les déprimés, le pouls est petit, faible et irrégulier, à peine perceptible.
L'état des capillaires présente aussi des modifications très appréciables, qui se révèlent surtout par des phénomènes d'hyperhémie passive localisée surtout du côté de la face et des extrémités.
Ainsi dans les formes expansives, avec agitation, la circulation très active amène un développement de calorification appréciable à la main. La face est vultueuse, turgide, très fortement colorée, les yeux animés, la peau de la région crânienne très notablement plus chaude, en même temps les malades accusent de la céphalalgie.
Une fois cette période d'effervescence tombée, et lorsque le calme est revenu, l'aptitude à la congestion se révèle encore par des bouffées de rougeur qui apparaissent sur la face, aussitôt que les malades parlent avec animation ou qu'ils expriment une émotion.
Dans certaines circonstances, ce n'est pas la face tout entière qui est injectée. On voit seulement se dessiner des plaques érythémateuses diffuses çà et là, sur les joues, le front, le nez, sur les oreilles, qui passent quelquefois à une coloratiou rouge très intense.
D'autres fois ce sont les extrémités, les mains surtout, qui présentent un aspect rouge violacé, avec une turgescence et un empâtement quasi œdémateux qui s'emparent de ces régions.
Quand cet état d'asthénie des capillaires se montre aux extrémités inférieures, il s'accompagne quelquefois d'une légère infiltration. Les ma-
;,xi; PATHOLOGIE SPÉCIALE.
lades supportent, la plupart du temps, ces modifications survenues dans la circulation de leur peau sans y faire la moindre attention.
(les phénomènes divers de vascularisation se montrent, en général, dans les phases ascendantes de la maladie. — Ils n'ont qu'une durée temporaire, ils s'atténuent insensiblement, à mesure que les forces de l'organisme faiblissent.
Dans les périodes descendantes, les phénomènes circulatoires subissent un ralentissement général; l'hémalopoïèse se fait mal, le sang devient raie, le> capillaires revenus sur eux-mêmes ne contiennent plus qu'un liquide appauvri, moins abondant et incapable de déterminer des réactions vitales énergiques dans les tissus alanguis; la peau devient terne, sèche et blafarde.
Les phénomènes de la calorilïeation subissent dans les régions périphériques une atténuation notable, par suite de diminution de cette irrigation sanguine.
Lis paralytiques fabriquent en ce moment peu de chaleur, ils se refroidissent aisément; pendant la nuit, leurs extrémités sont froides, surtout les pieds. Il est absolument nécessaire, au point de vue de l'éventualité des congestions cérébrales, de les tenir pendant la nuit chaudement couverts, et de les pourvoir, quand ils sont couchés, de boules d'eau chaude aux extrémités inférieures pour empêcher le refroidissement nocturne.
Les troubles de la circulation que nous venons de signaler et qui se manifestent chez les paralytiques, sous forme de bouffées plus ou moins transitoires, sont susceptibles, à un moment donné, de sévir avec plus d'intensité ei de donner lieu, en se localisant soit dans la moelle, soit dans les hémisphères, à des manifestations rapides et graves, à des phénomènes tels que de la surexcitation, de l'agitation, du délire, des convulsions, etc., ou bien à des paralysies variées (1).
C'est ainsi que l'on voit, à la suite d'une attaque dite congestive, tel malade devenir surexcité, violent, avec accès d'emportement, —tel autre avoir des attaques épileptiformes, — et tel autre être frappé subitement soit d'hémiplégie complète, soit de monoplégie partielle, soit d'aphasie transitoire.
La vie des paralytiques est à chaque instant dominée par ce grand fait d'ordre physiologique, la congestion. — C'est à elle que le médecin doit sans cesse songer, pour éviter tout ce qui peut la déterminer d'une façon ou d'une autre, et éloigner de celui dont la santé lui a été confiée, toutes les
(I) Westphal. Augmentation de la température après les accès épileptiformes chez les paralytiques {Annales médico-psijch., 1870, p. 158).
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causes d'ordre physique ou moral qui sont susceptibles de déterminer un mouvement du sang vers les centres nerveux, et de provoquer ensuite des phénomènes secondaires dont les ravages ne peuvent plus être arrêtés.
Hématome de V 'oreille. — Les troubles survenus dans la répartition des courants sanguins des régions encéphaliques sont susceptibles d'amener des extravasations sanguines spéciales du côté du pavillon de l'oreille, qui appartiennent encore en propre à la paralysie générale, car, jusqu'à présent, je ne les ai pas encore rencontrées dans les autres maladies du centre cérébro-spinal (1).
L'hématome de l'oreille se présente sous forme de tumeur, unilatérale le plus souvent, de volume variable; elle peut être grosse comme un pois ou surpasser un œuf de pigeon. Elle s'étend h tout le pavillon, sauf le lobule, et oblitère le plus souvent le conduit auditif en amenant la surdité. Elle est dure et rénitente, la peau qui la recouvre est unie, déplissée et d'une coloration rouge vif, ou vineuse.
Si on l'incise, ou si la peau vient à se rompre, l'ouverture donne issue à du sang ou à une sérosité colorée, et si l'on introduit un stylet, on constate l'existence d'une cavité.
Quand l'ouverture est maintenue béante, il se produit pendant un certain temps un écoulement séro-purulent qui devient plastique et amène la formation d'adhérences qui amènent la cicatrisation avec la formation de brides, de bosselures, qui donnent au pavillon de l'oreille un aspect bizarre et ratatiné, tout spécial.
Dans la plupart des cas, la tumeur, abandonnée à elle-même, diminue peu à peu de volume, par résorption de son contenu liquide, et néanmoins elle laisse après elle des traces indélébiles de son passage sous forme de froncements irréguliers du pavillon (2).
3° Troubles des fonctions nutritives. — Chez les malades agités, aussi bien que chez les déprimés, la nutrition se fait mal. — On com-
(1) Bouteille. Tumeurs sanguines du pavillon de l'oreille chez les aliénés (Ann. méd.psych., t. II, p. 1, 1878).
Biaute. Observations sur les tumeurs sanguines du pavillon de l'oreille (Ann. méd.psijch., 1877, t. 1, p. 360).
Mabille. De l'hématome de l'oreille. Nancy, 1878.
(2) L'hématome de l'oreille est constitué, ainsi que l'ont démontré les recherches d'Achille Foville, par un épanchement du sang siégeant, non pas comme on le croyait, dans le tissu sous-cutané, mais bien sous le périchondre. C'est ce qui explique comment l'épanchement sanguin opère sa résorption sans passer par les différentes nuances echymotiques que subissent les collections sanguines épanchées dans le tissu souscutané.
prend, en effet, très bien comment au milieu de l'agitation maniaque et des ('motions du délire dépressif, l'individu frappé s'alimente mal, et comment sa nutrition devient fatalement languissante.
L'amaigrissement est rapide, et il n'est pas rare, dans les premières phases du début, de rencontrer des mortifications gangreneuses plus ou moins étendues sur les extrémités inférieures ou dans d'autres régions (1).
La gangrène, en effet, dans le cours de la paralysie générale, se montre à deux périodes bien distinctes et presque constamment d'une façon symétrique, aux périodes du début et aux périodes ultimes.
Dans les périodes du début les manifestations gangreneuses, alors que le malade est agité et violent, se révèlent d'une façon rapide dans les régions qui ne subissent aucune pression; — quelquefois ce sont des plaques spbacélées qui apparaissent sur la peau des membres inférieurs ou à la plante des pieds; — d'autres fois, et ces cas sont beaucoup plus graves, ce sont des gangrènes viscérales, déterminées par des rétentions prolongées d'urine et des constipations opiniâtres. On voit, dans ces circonstances, se développer des gangrènes partielles de la verge et des gangrènes de la peau du périnée. Ces gangrènes précoces qui sont peut-être dues à l'existence d'embolies sepliques amènent rapidement la mort des malades, lorsqu'elles frappent sur des organes importants. Lorsque, au contraire, elles sont superficielles, nettement localisées dans le tissu cutané, elles ne paraissent pas déterminer des complications graves immédiates.
Les gangrènes tardives qui se développent à la région fessière et, quelquefois, jusque sur la région dorsale, chez des malades depuis longtemps alités apparaissent ordinairement d'une façon rapide sous forme de plaques rouges discrètes, lesquelles s'ulcèrent à la surface et deviennent rapidement confluentes.
Il est à noter que ces gangrènes de la région sacrée apparaissent, dans les derniers temps de la vie, plutôt comme une expression de l'usure générale des forces, que comme les effets directs du contact prolongé de la peau avec des matières irritantes. — On voit, en effet, dans les cadres ordinaires de la pathologie, un certain nombre de malades non paralytiques qui ont encore une certaine vitalité et qui peuvent impunément rester alités pendant de longs mois sans présenter d'eschares.
Ce n'est, la plupart du temps en effet, que sous l'influence d'un trouble digestif accidentel, de bouffées congestives, avec agitation et insomnie con-
n | Geoffroy. Sur les esehares gangreneuses de la région sacrée et sur les complications che< les par al g tiques généraux (Annales médico-psgeh.. t. I, p. 195, 1865).
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comitantes, que l'on voit les eschares terminales apparaître rapidement comme les avant-coureurs des accidents ultimes.
Tous les paralytiques ne sont pas voués fatalement à ces manifestations gangreneuses qui révèlent le ralentissement de la vie nutritive.
Ceux d'entre eux qui sont assez heureux pour supporter sans encombre les moments difficiles de la phase d'invasion s'acclimatent volontiers au régime des asiles. L'amnésie, qui leur fait oublier leur passé, devient du même coup un adjuvant favorable, qui leur permet de vivre avec indifférence, et d'accepter aisément les nouvelles conditions de vie* où ils se trouvent placés. Devenus apathiques et indifférents, ils se laissent aller à la libre évolution de l'entraînement végétatif, ils se nourrissent copieusement, ils engraissent, et présentent pendant un certain temps le spectacle d'une santé florissante. C'est la vie physique avec son épanouissement qui cache ainsi les déchéances de la vie morale.
Ils vivent ainsi gros et gras, indifférents à ce qui les environne, et arrivent insensiblement aux périodes ultimes de l'affaiblissement des forces physiques qui les condamne à l'inertie absolue. Ils peuvent continuer encore cette existence végétative pendant un temps plus ou moins prolongé, pendant six ou sept années, et néanmoins ils sont sujets quelquefois à maigrir très rapidement et à s'émacier en un très court espace de temps. Ils durent ainsi encore dans un état moyen de santé physique pendant quelque temps, puis ils finissent par être emportés, soit par une attaque de congestion apoplectiforme, soit par des affections internes à marche rapide.
A° Troubles des foliotions urinaires. — Les troubles de la sécrétion urinaire, étudiés par un certain nombre d'auteurs, ainsi que nous l'avons précédemment indiqué, ne paraissent pas offrir, jusqu'à présent du moins, des caractères suffisamment tranchés ni suffisamment constants, pour que l'on puisse en induire des conséquences sérieuses, au sujet de la symptomatologie régulière de la maladie.