ANOMALIE D'ALLURES DE LA PARALYSIE GENERALE
La marche des symptômes de la paralysie générale présente encore des
( l) Ce fait a été du reste indiqué par différents auteurs, et, entres autre par Fabre, dans son travail sur la folie paralytique circulaire (Ann. medico-psycli , 1874, t. I, p. 199i.
modifications importantes an point de vue de la façon dont le processus sclérosique frappe ses premiers coups dans l'organisme, au point de vue de ses diverses localisations primitives. — En cela elle offre encore les plus grandes analogies avec celai dm tabès dorsalis. — On sait, en effet, que le tabès dorsalis ne localise pas son action tout d'abord du côté des régions inférieures de l'axe spinal; — que la sclérose envahissante peut avoir des foyers disséminés dans les régions supérieures tout d'abord, du côté des nerfs qui meuvent les yeux par exemple, et exercer une action envahissante de haut en bas, au lieu d'agir de bas en haut, comme cela arrive le plus souvent.
Le processus sclérosique de la paralysie générale, qui présente dans sa genèse et son évolution des rapports si intimes avec celui du tabès dorsalis, se révèle comme lui par certaines particularités spéciales, dans sa manière d'être. — Ainsi, on le voit quelquefois (moins rarement peut-être qu'on ne le suppose) s'implanter tout d'abord dans les régions supérieures île l'axe spinal et frapper ses premiers coups du côté des appareils de la vision: ce sont tantôt des prolapsus de la paupière, du strabisme; tantôt îles phénomènes d'amblyopie ou d'amaurose, qui sont les avant-coureurs du mal qui envahit le système nerveux (1).
Dans d'autres circonstances, c'est au contraire par l'extrémité inférieure de l'axe spinal qu'il signale ses premières apparitions. — Les malades n'accusent dès lors au début que des troubles paraplégiques; les deux extrémités inférieures deviennent paresseuses, il y a en même temps de l'incontinence passagère du côté des réservoirs pelviens. — Les fonctions intellectuelles sont tout à fait respectées tout d'abord, et cet état peut durer d'une façon stationnaire pendant plusieurs mois consécutifs, jusqu'au moment où sous l'action d'une cause d'excitation quelconque, le processus envahisseur franchit une nouvelle étape, et prend pied dans les régions encéphaliques où il révèle alors sa présence par des symptômes caractéristiques, des hallucinations, des idées de grandeur, de l'excitation (2 .
(1; A. Foville. De la paralysie genéralepar propagation \Ann. méd.-p$ych., 1873, i I,p.l).
(2; J'ai vu un malade, âgé de quarante-deux ans, atteint de paralysie générale, caractérisée par l'inégalité des pupilles, le tremblement de la parole, ayant commis des actes extravagants, des dépenses exagérées, et chez lequel les premiers troubles morbides qui se sont rapidement manifestés, n'étaient autres que des phénomènes paraplégiques à durée transitoire, qui ont débuté un an avant l'explosion des troubles cérébraux.
llayem a formulé dans les conclusions d'un rapport sur ce sujet une opinion semblable : Certaines maladies de la moelle en s>j terminant par la paralysie générale, dit-il, prouvent par leur nature, la progression des lésions de bas en haut, qu'il existe des pararaies par propagation. Il considère la paralysie générale comme une sel méningo-encéphalique tantôt primitive tantôt consécutive, à une affection de la moelle de même nature {Annales mèdko-psychol . . t. I, p. 441, 1868).