‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 232 sur 286 · III. — TROISIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

III. — TROISIÈME PÉRIODE

Démence des paralytiques. — Une fois que l'affaiblissement physique Ct moral est descendu à un certain degré, l'individu tombe dans un état de passivité plus ou moins complète; — il devient inconscient de tout ce qui se passe autour de lui; il ne prend intérêt à rien de tout ce qui l'entoure; il ne sait plus s'alimenter spontanément et est incapable de pouvoir retenir ses déjections naturelles. Il passe ces dernières étapes de la vie assis dans son fauteuil, incapable de plus en plus de se tenir debout et de faire quelques pas.

Bien plus, les forces physiques se tarissant de jour en jour, il arrive un moment où il devient incapable de se tenir même assis, et l'on est obligé désormais de le maintenir dans le décubitus horizontal.

Chose étrange! ce repos horizontal forcé, qui pour certains d'entre eux est le prélude d'accidents ultimes graves, devient pour d'autres le début d'une existence nouvelle, d'une existence purement végétative, il est vrai, qui peut encore se prolonger pendant plusieurs mois et même pendant plusieurs années.

On les voit alors condamnés à l'inactivité absolue, incapables d'exprimer autrement que par quelques sons embrouillés ou par quelques grognements spéciaux les états divers de leurs émotions intimes, continuer à se maintenir dans un certain état de santé ; — indifférents à tout ce qui les entoure. — ils ne sont attentifs qu'aux circonstances qui touchent à l'alimentation. Quand arrivent les heures de repas, on voit leur regard s'animer à la vue des plats qu'on leur apporte, et un éclair de satisfaction illuminer encore leur visage. — On les fait manger comme des enfants, ils ingurgitent gloutonnementjcomme des enfants, et, soignés comme des enfants, par leurs infirmiers, ils acceptent avec la même passivité qu'eux tous les soins qu'on leur prodigue.

Finalement, ces malades sont emportés par quelques troubles intestinaux incidents, par des eschares des régions sacrées, et quelquefois pai des accidents congestifs du côté de l'encéphale.

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