CHAPITRE V
Aux différentes phases de la maladie, les modes, les terminaisons de la vie des paralytiques sont susceptibles de présenter des formes variées.
Ainsi, dans la première période, ils sont enlevés par des congestions encéphaliques des plus intenses, avec exaltation excessive, insomnie, vociférations. Quelquefois ils succombent à des accidents épileptiformes ou comateux.
Dans les périodes moyennes de la maladie, les mêmes accidents sont encore à redouter, mais on rencontre quelquefois des congestions localisées avec hémiplégie, qui abattent rapidement les malades et les forcent à s'aliter.
Dans les formes chroniques, les mêmes attaques congestives sont encore à redouter, surtout si elles se reproduisent coup sur coup, de manière à constituer un véritable état de mal. Elles amènent, par la déperdition rapide des forces nerveuses et l'embarras de la respiration, la mort du malade, qui s'éteint dans le coma.
C'est dans ces périodes avancées de la maladie que l'on voit la paralysie gagner successivement les muscles du pharynx, du voile du palais, de la langue même, et amener ces accès de suffocation immédiate ou de dysphagie complète qui empêchent d'une façon absolue les mouvements de la déglutition de s'opérer.
C'est encore à cette période que l'on constate ces paralysies complètes et permanentes des réservoirs pelviens avec incontinence des matières et des urines, suivies de toutes les conséquences désastreuses que ces complications entraînent à leur suite.
Cette même asthénie musculaire, qui se révèle par ces troubles variés, se manifeste encore du côté du muscle cardiaque, qui dans certaines circonstances peut être pris d'un arrêt subit.
J'ai vu, en effet, quelques paralytiques mourir inopinément à la suite d'efforts faits pour aller à la garde-robe, et ayant déterminé une syncope. Us ont succombé en un très court espace de temps, en présentant une pâleur subite de la face et des extrémités, l'arrêt du pouls et la suspension progressive des battements du cœur.
Enfin, lorsque les accidents que nous venons d'énumérer n'enlèvent pas les malades d'une façon accidentelle, ils s'épuisent lentement, soit par le fait d'une diarrhée accidentelle, d'une pneumonie intercurrente, ou de l'atonie générale des forces digestives.