‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 237 sur 286 · DIAGNOSTIC DES FORMES EXPANSIVE5 AVEC L'ACCÈS DE MANIE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DES FORMES EXPANSIVE5 AVEC L'ACCÈS DE MANIE

Lorsqu'il s'agit des formes expansives de la maladie, lorsque le malade est entraîné par des conceptions délirantes et extravagantes, qu'il parle de ses millions, de ses richesses accumulées, de sa puissance, de ses dignités, etc., lorsqu'en même temps il est agité, violent, incoercible, qu'il a de l'embarras de la parole, de l'inégalité de pupilles, de l'amnésie, de l'inconscience de ses actes, ainsi que de l'ineptie dans son délire, le doute n'est guère possible.

Mais, dans ces circonstances, l'agitation délirante du paralytique, avec entraînement, vociférations, agitation tumultueuse, peut être souvent prise pour un accès de manie franche, et pendant quelque temps faire suspendre le jugement définitif. Cependant il est bon de remarquer que le délire dans la paralysie générale et le délire dans l'accès de manie, même le délire ambitieux, présentent, examinés intrinsèquement, des éléments de diagnostic suffisamment significatifs.

Dans la paralysie générale le délire est, comme nous l'avons dit, exagéré. naïf et niais. — L'individu dit qu'il va construire des villes en or, qu'il va traverser la Seine en deux ou trois enjambées, etc. Il parle sans chercher à convaincre son interlocuteur.

Bien différent est le délire de la manie aiguë. — L'individu frappé a eu des émotions, des contrariétés antérieures, l'effet a suivi directement la cause, ses conceptions délirantes roulent sur l'objet même de ses préoccupations, il en parle, il y revient sans cesse. — Son délire est actif et incessant; les illusions, les hallucinations en constituent les aliments essentiels. — La parole n'est pas embarrassée, elle est vive et alerte, les pupilles ne présentent pas des troubles spéciaux nettement accusés.

Dans un certain nombre de circonstances ces caractères suffisent pour faire le diagnostic; mais comme les moyens de traitement sont les mêmes pour l'un et l'autre cas, on peut impunément maintenir l'expectation et attendre une ou deux semaines, que la période d'effervescence cérébrale soit apaisée et laisse apparaître la maladie réelle avec ses caractères propres.

Les accidents aigus de l'intoxication alcoolique, souvent accompagnés d'un ensemble symptomatique très intense, avec excitation, loquacité, idées ambitieuses, etc., peuvent être confondus avec la phase d'excitation de la paralysie générale, mais ils ne sont pas de longue durée et leur sédation, qui se manifeste en quelques jours, suffit à indiquer à quelle espèce nosologïque on avait affaire.

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