‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 242 sur 286 · ISOLEMENT OBLIGATOIRE POUR LES DEUX FORMES, EXPANSIVE ET DEPRESSIVE · texte numérisé non relu

ISOLEMENT OBLIGATOIRE POUR LES DEUX FORMES, EXPANSIVE ET DEPRESSIVE

La paralysie générale, une fois reconnue, impose des obligations immédiates à l'entourage. — Avec lamanieaiguë, c'estellequi le plus souvent nécessite le placement des malades dans les asiles, de façon aies soustraire immédiatement aux causes d'excitation qui les environnent, à les mettre dans l'impossibilité de continuer à commettre des actes délictueux ou imm oraux, et à les soustraire aux impulsions involontaires qui les poussent à les accomplir.

Les agités et les expansifs doivent donc, dans l'intérêt de leur santé, de 1 eur réputation et de leur fortune qu'ils compromettent par leurs dilapidations, être placés dans un asile le plustôt possible, sans hésitation; — en partant de ce principe qu'on aura d'autant plus de chance d'arriver à un bon résultat que la maladie sera prise à une période plus rapprochée de son début.

L'introduction du malade dans un asde est une question qui préoccupe, à bon droit, la sollicitude des familles, car on hésite à employer la violence et à faire enlever de leur intérieur ces malades par les soins de l'autorité.

Ces appréhensions sont, la plupart du temps, imaginaires, car il suffit, dans les cas d'urgence, loin de contrarier les malades, d'acquiescer simplement à leurs désirs, de flatter leurs idées ambitieuses, et sous un prétexte quelconque, celui de venir voir un grand personnage, de visiter une propriété à vendre ou à louer, de les diriger directement sur l'asile et,

(1) Legardelle, Traitement de la paralysie progressive. Paris, 1878.

ii no lois introduits, de leur dire d'attendre l'arrivée du personnage en question ou celle du propriétaire. L'entrée du malade étant ainsi organisée, on les soumet directement aux pratiques thérapeutiques que nous avons indiquées précédemment pour les malades agités, telles que la balnéalion prolongée, la réfrigération delà lète, et à l'ensemble des soins d'hygiène physique et morale précédemment passés en revue.

Nous insisterons principalement sur ce fait, qui est une condition sine qua non et à laquelle j'attache une très grande importance pour amener la période de calme, c'est l'éloignement complet des parents et des proches, el la privation de toute espèce de visite pendant un temps déterminé.

Pour obtenir le calme moral et physique, il est ahsolument nécessaire que, pendant les premiers temps, les malades oublient leur passé pour s'accoutumera l'existence nouvelle qu'on crée pour eux. — Or chaque visite qui arrive inlempestivement vient remuer des souvenirs encore frais et raviver d'anciennes et légitimes émotions; de là des ébranlements en retour, de là des hyperhémies cérébrales consécutives; el souvent à quelques heures de distance, de nouveaux accès d'excitation surgissent, des insomnies prolongées surviennent, et quelquefois même des attaques de congestion cérébrale, avec hémiplégie.

Ce n'est qu'au bout d'un certain temps, lorsque les facultés émotives du sujet ont perdu de leur énergie, que les visites des parents et amis peuvent cesser d'être considérées comme pernicieuses.

Les déprimés, quoique passifs et inertes en apparence, ne peuvent impunément être pendant longtemps conservés dans leurs familles.

D'abord parce qu'on ne fait rien d'efficace à leur égard ; ensuite parce qu'ils refusent de s'alimenter, qu'ils sont disposés à devenir impulsifs, et qu'ils font de l'opposition passive à tout ce qu'on leur demande. L'isolement et le placement dans un asile deviennent pour eux une condition nécessaire d'un traitement méthodique.

Nous avons indiqué ailleurs l'ensemble des soins que nécessite leur situation.

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