SOINS HYGIÉNIQUES SPÉCIAUX ET GÉNÉRAUX
Une fois que les malades sont acclimatés, il n'y a plus qu'à veiller sur eux en instituant à leur égard des soins hygiéniques réguliers. — 0 n leur donnera quelque distraction, on leur fera faire, soit à pied, soit en v oiture,
quelques promenades, en ayant bien soin d'éviter la fatigue; on tâchera de les intéresser, soit par la lecture et le dessin, soit par la contemplation d'ouvrages à images, et par quelques jeux de société n'exigeant pas une grande contention d'esprit.
Dans leur habillement il faudra les couvrir légèrement pendant les périodes où la température est élevée, en ayant soin, cependant, d'examiner s'ils n'ont pas la peau des mains trop refroidie ouïes pieds froids. Dans ces conditions, même en été, il convient de leur laisser les vêtements de laine; les cheveux devront être maintenus coupés court, la tète sera abritée d'un chapeau de paille en été, et de préférence d'une simple casquette molle en hiver. — On évitera de les couvrir trop pendant la nuit, on évitera pareillement les cravates et les cols de chemise trop serrés, surtout pendant la nuit. — Les soins de propreté devront être surveillés avec sollicitude, au point de vue des ablutions. Lorsque le malade commence à devenir gâteux, ou devra le soir l'envelopper d'alèzes poudrées avec de l'amidon, inspecter fréquemment la région fessière et se tenir en garde contre la formation des eschares.
Lorsque le temps le permettra, les douches d'eau froide, dirigées sur la région lombaire, ont une action légèrement excitante, qui suspend momentanément, l'incontinence d'urine et permet de les tenir dans un bon état de propreté. A défaut de douches pendant l'hiver, des bains de siège tièdes arrivent à un bon résultat. C'est à ce moment qu'on pourra avoir recours au lit de varech.
Il est absolument nécessaire de surveiller la température de la chambre et, dans les dernières périodes, de ne jamais placer les malades en face d'un foyer en ignition, dans lequel ils peuvent tomber quelquefois et brûler leurs vêtements, sans qu'on s'en aperçoive; d'autre part, l'action de la chaleur rayonnante est susceptible d'entretenir un état congestif de la face.
L'alimentation des paralytiques devra être très scrupuleusement surveillée. Dans les premiers temps, la boulimie qui les tourmente, les porte à s'alimenter d'une façon gloutonne; ils dévorent les aliments et ne se donnent pas la peine de mastiquer ; de là, quelquefois, ces vomissements répétés, ces troubles gastro-intestinaux, qu'il faut surveiller attentivement; de là, encore, ces accidents de suffocation immédiate dont nous avons parlé par l'arrêt subit du bol alimentaire. A une période plus avancée, alors que les mouvements de mastication se font de plus en plus faiblement, ilconvient de donner des substances molles et faciles à passer, des omelettes, du riz cuit, des œufs, des viandes hachées, etc., et l'on évitera surtout toute espèce de poisson à cause des arêtes. Si l'on donne des fruits
(pommes, poires) ils doivent être coupés par petits morceaux ou en compotes.
Il conviendra, après chaque repas, défaire de l'exercice, autant que possible, pour faciliter la digestion ; les évacuations intestinales devront être provoquées régulièrement à l'aide des moyens que nous avons indiqués précédemment; et l'on ne doit pas oublier qu'à un moment donné si l'on a recours aux lavements répétés, ces lavements devront être pris avec grande précaution au point de vue de l'introduction de la canule de l'irrigateur et de la blessure possible de L'intestin par des mains maladroites.
L'état de la vessie devra pareillement être surveillé au point de vue de la rétention d'urine qui, quelquefois, peut survenir subitement et ne solliciter, chez le malade, aucune réaction douloureuse. — 11 convient dans ces circonstances de pratiquer d'emblée le cathétérisme.