‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 245 sur 286 · DEFINITION · texte numérisé non relu

DEFINITION

Nous désignerons, avec Esquirol, sous le nom d'idiotie, d'imbécillité,

un arrêt de développement des facultés mentales, survenu soit avant soit après la naissance, et caractérise somatiquement par an défaut plus ou moins complet dansl'organisation des appareils encéphaliques, et cliniqueînent par une absence ou une insuffisance proportionnelle des facultés mentales (1).

Vaguement indiqué parPinel sous le nom d'idiotisme (2), cet état spécial d'obnubilation des facultés mentales a été étudié d'une façon magistrale par Esquirol, qui, dans un mémoire justement célèbre, l'a envisagé dans ses conditions écologiques, ainsi que dans ses expressions symptomatiques variées, et en a fait ainsi un groupe nosologique à part qu'il a nettement isolé et circonscrit dans l'ordre des vésanies, et auquel il a donné le nom d'idiotie (3).

L'idiotie représente pour lui l'arrêt de développement de l'individu

(I) Esquirol fait dériver le mot idiotie du mot grec ïiStoç, en latin privatus, solitarius, exprimant l'état d'un homme qui, privé de raison est seul, en quelque sorte exilé du reste de la nature. — Littré lui assigne comme racine le mot Iôiwttjç, qui signifiant particulier par rapport à un magistrat, a fini par vouloir dire: homme du peuple, homme ignorant. — Imbécile vient du latin imbecillus, d'origine douteuse.

(-2) Pinel, Traité médico-psychologique sur l'aliénation mentale, p. 187.

(3j Esquirol, De l'idiotie, p. 76; Traité des maladies mentales.

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