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DES ARRETS DE DEVELOPPEMENT

En dehors des variations du poids et du volume du cerveau, les lésions le> plus communes que l'on rencontre dans la masse encéphalique des idiots sont des arrêts de développement primitifs dételle ou telle région, entraînant à leur suite des arrêts secondaires dans des régions avec lesquelles elles sont plus ou moins intimement conjuguées (lésions descendantes).

Le corps calleux peut manquer en tout ou en partie. La commissure blanche peut faire complètement défaut. Tantôt c'est telle ou telle partie de la voûte qui, avec le corps calleux, peut être isolément détruite ou isolément respectée. Griesinger aréuni un certain nombre défaits afférents à cette question (1). Esquirola pareillement signalé un cas d'induration du corps calleux avec atrophie de la couche optique (2).

Les auteurs qui se sont spécialement occupés de l'anatomie pathologique du cerveau ont noté encore une série de troubles nutritifs survenus dans le développement des appareils cérébraux. — Presque tous les territoires nerveux ont été signalés au point de vue des dégénérescences et des arrêts atrophiques, et ce serait faire une énumération stérile que de signaler les différentes variétés des dégâts constatés dans les nécropsies. Nous signalerons cependant un vice spécial de conformation décrit par Heschl sous le nom de porencéphalie, et qui consiste dans une destruction plus ou moins considérable de la substance des circonvolutions et du centre ovale, en vertu de laquelle il y a une lacune béante entre la cavité ventriculaire et les espaces sous-méningés. L'interstice est rempli par de la sérosité contenue dans une poche kystique. Cette défectuosité anatomique se révèle à l'extérieur par une voussure latérale du côté correspondant (3).

Le travail involutif ne s'arrête pas aux appareils cérébraux primitivement intéressés. L'encéphale de l'idiot, comme celui de l'adulte, est apte à engendrer à distance des dégénérescences secondaires et à provoquer ainsi des phénomènes atrophiques éloignés. C'est ainsi que dans des lésions anciennes ou dans des arrêts de développement de l'écorce, on note des

il) Griesinger, loco citato, p. 417.

(2] Esquirol, loco citato, p. 97.

(3j Griesinger, loco citato, p. 415.

atrophies concomitantes dans les noyaux centraux et dans la couche optique en particulier (1), des atrophies du même côté avec atrophie de la protubérance et des faisceaux spinaux entre-croisés. — L'atrophie du cervelet a été notée, dans une observation célèbre, par Cruveilhier, mais d'après le récit de cette observation il est vraisemblable que cette lésion n'était point congénitale, attendu qu'il est fait mention de l'existence des fosses cérébelleuses sur l'os occipital, ce qui semble impliquer que le cervelet a dû exister pendant une certaine période de la vie et disparaître ensuite par le fait d'une lésion destructive incidente (2).

L'absence des corps olivaires a été pareillement signalée d'un seul côté avec développement incomplet de la protubérance. Celle-ci a été notée aussi comme pouvant être atteinte de sclérose (3). — L'étude de la moelle épinière, faite jusqu'ici d'une manière insuffisante, présente pareillement des lésions primitives et des lésions secondaires. On a noté des dilatations du canal central, de l'hydrorachis soit simple, soit compliquée d'hydrocéphalie, quelquefois des dégénérescences scléreuses isolées, mais la plupart du temps des vascularisations insolites de la substance blanche et de la substance grise avec des foyers de ramollissement.

L'hydrocéphalie se rencontre assez fréquemment, tantôt sous forme d'une nappe de sérosité aqueuse, répartie à la surface des hémisphères ainsi qu'à la face inférieure du cerveau, aussitôt qu'on a incisé la duremère, et tantôt sous forme d'une accumulation intra-ventriculaire indépendante. Dans le premier cas, la présence du liquide sous-arachnoïdien dépend de causes multiples qui sont tantôt les unes sous la dépendance d'un état de dyscrasie général, et dont les autres sont imputables à des altérations vasculaires, à des méningites chroniques, à la présence de nodosités tuberculeuses des capillaires, etc. Dans d'autres circonstances, lorsque la sérosité est accumulée exclusivement dans les ventricules qu'elle distend, elle forme deux poches qui refoulent le cerveau en avant, en imprimant à la région frontale un redressement et une saillie caractéristiques. — C'est dans ces circonstances que l'on constate, ainsi qu'Àrchambaut l'a signalé, une oblitération plus ou moins complète de l'aqueduc de Sylvius, suite d'une ancienne méningite avec adhérences, mettant ainsi

(1) Luys, Recherches sur le système nerveux, 1865; Faits relatifs à l'atrophie convergente des régions centrales du cerveau dans les régions corticales, p. 506.

Cazauvielle, Agénésie cérébrale (Archives de médecine, 1827, lre série, p. 8). Breschet, Vices de conformation de l'encéphale (Arch. deméd., 1831, p. 455; t. XXV). Turner, thèse, Paris, 1856.

(2) Cruveilhier, Anatomie pathologique, livraison XV, p. 5,

(3) Isambert, Comptes rendus de la Société de biologie, 1856.

PATHOLOGIE SPECIALE, obstacle a la circulation du liquide entre le troisième et le quatrième ventricule.

J'ai, pour ma part, rencontré un cas semblable. Il s'agissait d'un jeune hydrocéphale de dix ans, chez lequel j'ai trouvé une oblitération presque complète de l'aqueduc de Sylvius déterminée par des adhérences provenant d'une ancienne méningite (l).

MnUPHOLOGlE PATHOLOGIQUE

L'étude de la morphologie pathologique de l'idiotie, négligée par la plupart des auteurs qui se sont occupés de ce sujet, faute d'une connaissance suffisante de la disposition normale de l'écorce, est destinée dans l'avenir à prendre un rang des plus importants dans ce groupe spécial des maladies mentales.

Nous allons indiquer dans les pages qui vont suivre les résultats i-ulé> que nous avons obtenus sur une série limitée de cerveaux d'imbéciles et d'idiots de différents degrés, dans le but de tracer la marche à suivre et d'instituer- de> matériaux destinés à être ultérieurement mis en œuvre. — La description morphologique que nous donnons a été faite d'après l'examen simultané de 14 cerveaux d'idiots du sexe féminin âgés de sept à vingtdeux ans. Chez un certain nembre de ces sujets, l'idiotie était compliquée d'épilepsie; chez d'autres, l'idiotie existait seule. Un certain nombre d'entre eux avaient été susceptibles d'un certain degré d'instruction.

Le résultat de mes recherches dans cette direction me porte donc à admettre comme conclusion que :

1° Le cerveau des imbéciles et des idiots présente constamment, au point de vue morphologique, à l'examen anatomique attentif des malformations et des arrêts de développement des plus caractéristiques.

2° Ces modifications se révèlent sous forme d'atrophies partielles portant soit sur tel ou tel groupe de plis corticaux. Ces atrophies partielles se révèlent d'une façon démonstrative par l'amincissement des plis qui sont

M Voyez une 1res intéressante observation d'une fille idiote de six ans, avec autopsie, rapportée par Schnepf, avec mensurations du crâne comparées à celles d'une enfant du même âge {Ann. méd.-psgchol . , 1853, t. II, p. 616j.

Jeannerat, Idiotie compliquée d'épilepsie. — Rachitisme, déformation des squelettes, dégénérescence remarquable du cerveau (Ann. méd.-psych., 1864, t. III, p. 457). Miebaut, Idiotie congénitale, adhérences des hémisphères, absence des nerfs olfactifs {'d., ibid., IV, 1864, p. 308).

IMBÉCILLITÉ. — IDIOTIE. — MORPHOLOGIE. fi33

amaigris, et par l'élargissement corrélatif et la profondeur de certains sillons.

3° Que ce sont principalement les circonvolutions frontales qui présentent le plus d'irrégularités dans leur mode de groupement, et que les marginales viennent ensuite, au point de vue de l'irrégularité de leur contexture.

4° Que l'asymétrie est très nettement accentuée dans le cerveau des idiots, les deux lobes présentant le plus souvent une discordance d'organisation des plus significatives.

5° Que l'étude histologique des plis cérébraux est encore un champ d'informations des plus intéressants qui montre, dans certaines circonstances, que des arrêts de développement peuvent pareillement se manifester dans le mode de répartition des canaux nourriciers de la substance corticale.

Nous allons suivre dans l'exposé que nous allons faire, le même ordre descriptif que nous avons employé déjà dans l'étude des lobes cérébraux à l'état normal. Nous allons donc successivement, d'abord sur la face externe, ensuite sur la face interne de chaque lobe, faire rapidement l'élude des sillons et des plis corticaux.

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