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SYSTÈME DBS FIBRES CONVERGENTES

A. — Les fibres du système convergent nées de l'intimité du réseau de l'écorce, (ainsi que nous venons de le dire), après s'être séparées des libres eommissurantes, se rapprochent isolément des noyaux centraux. — Sur des coupes horizontales intéressant les régions supérieures des couches optiques on peut avoir sous les yeux l'ensemble presque complet de ce système d'éléments nerveux (1). On constate en effet en cette région une série de fascicules blancs juxtaposés les uns à côté des autres et formant autour de la partie supérieure de la couche optique une véritable couronne de fibres rayonnantes (couronne rayonnante de Reil) (fig. 12 et 13).

Cette disposition est admise par tous les auteurs, et, à ce propos, il est permis de faire observer que la structure intime du cerveau serait rendue beaucoup plus facile et beaucoup plus compréhensible, si on avait cherché davantage à généraliser, et à se rendre compte que la couronne de Reil n'était qu'une portion limitée d'un système spécial de fibres convergentes.

En étudiant en effet, à l'aide de coupes successives et surtout de la dissection, la direction des fibres blanches cérébrales, on reconnaît — que cette disposition rayonnante des fibres, qui est si nettement apparente dans les régions supérieures delà couche optique, n'est pas un phénomène local, — que c'est au contraire un phénomène d'ensemble, qui se voit aussi bien dans les régions antérieures que dans les régions postérieures du cerveau, et qu'en un mot, — de tous les points de cette sphère creuse que représente la voûte de l'écorce, les fibres blanches partent dans toutes les directions pour aboutir dans les noyaux centraux et s'y distribuer ainsi que nous allons l'exposer.

Les fibres convergentes de la portion moyenne du système sont connues et acceptées de tous les anatomistes sous le nom de fibres de la couronne rayonnante. Mais celles des régions postérieures et des régions antérieures qui complètent le système sont moins nettement apparentes, et moins nettement rattachées par les auteurs à la disposition générale que j'ai le premier essayé de mettre en évidence dans mon premier travail.

(1) Voy. Iconographie photographique, pi. XLV et pi. II, III, IV, V.

Pour les régions postérieures du cerveau, les fibres convergentes se présentent sous l'apparence de très gros faisceaux de fibrilles très nettement indiqués d'ailleurs déjà par Kolliker (1) et qui longent la paroi externe de la corne ventriculaire postérieure (fig. 11 : 19; et fig. 12 et 13). Ces fibres

Fig. 13. — Repiésentation 'd'après une image photographique prise sur nature de l'ensemble des fibres convergentes groupées au pourtour de la couche optique. — On voit en a les convergentes antérieures (capsule interne), en a' les convergentes moyennes (fibres de la couronne rayonnante de Reil), en a!' les fibres convergentes postérieures signalées par Kolliker, En 6 et b' les noyaux des couches optiques, En G la façon dont les fibres convergentes s'amincissent à mesure qu'elles pénètrent dans la couche optique.

vont se perdre directement dans les régions postérieures des couches optiques, et non dans la substance grise des corps genouillés, ainsi que certains auteurs ont paru le croire (2).

Pour les régions antérieures du cerveau, la disposition convergente des fibres cérébrales n'est pas moins manifeste. Pour les voir convenablement, il est bon de se prémunir de pièces convenablement durcies, soit dans l'alcool, soit dans une solution légère d'acide chromique.

A l'aide du dos d'un scalpel, on racle alors légèrement la substance grise du noyau intraventriculaire du corps strié, et on met alors en évidence un plan vertical de fibres blanches superposées faisant suite aux fibres de la couronne rayonnante, et constituant avec elles un tout continu, et un véritable système d'élément nerveux à direction rectiligne (3) (fig. 12 et fig. 13).

(1) Kolliker, Histologie, 1856, p. 336.

(2) C'est cette catégorie de fibres convergentes postérieures que Gratiolet a rattachée à tort à l'expansion intracérébrale des nerfs optiques.

(3) Voy. Luys, Iconographie photographique, PI. XLV, région B.

luys. 4

C'esl ce contingent spécial de fibres blanches traversant le corps strié de part en part pour gagner les noyaux centraux, qui est communément décrit sous la dénomination si impropre de capsule interne, au grand détriment de la logique et de la réalité an atomique, puisque cet ensemble de libres n'esl pas une capsule ; et, — autre inconvénient, ce mot les isole, fait (Telles des individualités à part, au lieu de les rapprocher les unes des autres ri d'en faire un ensemble. C'est donc là un élément de confusion dans le langage qui complique inutilement une description si simple en elle-même Quand on l'étudié non pas dans des livres mais bien sur la nature.

La loi de convergence des libres cérébrales est tellement dans le plan général île l'organisation du cerveau, que tous les éléments de l'écorce y obéissent isolément. Les réseaux gris de l'hippocampe trouvent en effet dans les libres de la voûte, étalées à leur origine et concentrées bientôt en cordons cylindroïdes (piliers de la voûte), de véritables conducteurs convergents, qui les relient à la substance grise des tubercules mamillaires et aux régions centrales de l'axe.

Les circonvolutions rudimentaires des corps godronnés ont pareillement dans les tractus île Lancisi des fibres convergentes qui les rattachent à la substance grise centrale.

I'.. — 11 nous reste à voir maintenant comment se comporte vis-à-vis des noyaux centraux l'ensemble des fibres du système convergent.

lue foi- qu'elles sont toutes arrivées dans les environs de la portion externe des couches optiques, elles affectent trois dispositions principales :

1° Les unes plongent directement dans l'épaisseur de la couche optique et s'y distribuent (libres blanches corlico-optiques).

2° Les autres pénètrent dans le corps strié et s'y distribuent pareillement (libres blanches cortico-striées).

3° Enfin les troisièmes vont se répartir dans les noyaux sous-optiques ( fibres coitico-sous-optiques).

1° Les fibres qui se distribuent à la couche optique (fibres par excellence de la couronne rayonnante de Reil) abordent la couche optique de tous les côtés par sa face adhérente. Elles s'y implantent comme une série d'épingles sur une pelotte et, à mesure qu'elles se rapprochent les unes des autres, dans une direction de plus en plus convergente (fig. 11 : 2; et ûg. 13 : 3'), elles s'effilent, deviennent légèrement grisâtres et, sous forme de lilaments gris blanchâtres toujours convergents, gagnent isolément

les différents noyaux qui constituent la masse de la couche optique. Finalement s'épuisent dans le réticulum de substance nerveuse de chacun d'eux. — Un certain nombre de fibrilles convergentes sur des pièces durcies peuvent être suivies par la dissection jusque dans les régions profondes des couches optiques aux environs de la substance grise du troisième ventricule (fig. 12 etfig. 13).

2° Les fibres destinées aux corps striés (fibres cortico-striées) (fig. 9 : 5 5' ; fig. 16 : 2 et 2' ; fig. 11 : 14 et 11') proviennent surtout des fibres convergentes antérieures au moment où elles plongent dans les noyaux du corps strié. — Elles se présentent sous forme de fibrilles obliques onduleuses coupant la direction des fibres spinales ascendantes au moment où elles s'épanouissent dans le corps strié. Un grand nombre d'entre elles s'amortit dans le noyau jaune du corps strié.

3° Le contingent de fibres convergentes destiné aux régions sous-optiques appartient à cette portion des éléments du système qui est située le plus inférieurement.

Il est constitué par une série de fibres obliques descendantes avoisinant la couche optique et n'y pénétrant pas (fig. 11 : 18 ; et fig. 9 : 17 et 18). Ces fibres, à mesure qu'elles entrent en conflit avec les différents noyaux sous-optiques, leur envoient un contingent de fibrilles plus ou moins nettement accusé. Elles s'épuisent insensiblement dans les noyaux rouges de Stilling, la banbelette accessoire, la substance grise de Sœmmering, dans celle de la protubérance et probablement aussi dans celle des olives bulbaires.

Nous pensons que cette disposition spéciale, qui met sous un jour nouveau les connexions des différents départements de l'écorce avec les novaux gris des régions sous-optiques et par conséquent des régions supérieures de l'axe spinal, est destinée à jeter un certain jour sur le problème si difficile de la distribution des divers éléments fibrillaires qui constituent les pédoncules cérébraux, dans l'intérieur du cerveau.

On comprend comment cette question, jusqu'à présent si obscurcie par les descriptions des auteurs, peut se simplifier, puisqu'elle nous fait voir que le pédoncule ne représente plus, comme on le décrit journellement, l'élément médullaire remontant vers le cerveau, mais bien l'élément cérébral descendant vers des noyaux centraux (1).

(1) Cette façon de considérer les rapports de l'écorce avec les régions grises sousoptiques se trouve très nettement mise en relief et confirmée par certains faits d'anat-o mie pathologique signalés dans ces derniers temps par Charcot, et dans lesquels on voit

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Les libres pédonculaires représentent donc dans leur ensemble des fibres descendantes essentiellement cérébrales, et cela est si vrai, — que l'épaisseur de la coupe de pédoncule est, dans les espèces animales, non pas proportionnelle «à la surface de section des libres de la moelle, mais bien à la masse de l'hémisphère central correspondant.

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