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DES MÉNINGES

L'étude anatomo-pathologique des altérations de la dure-mère nous fait voir, en effet, que cette membrane se comporte de la même façon que toutes les autres membranes fibro-séreuses. Sous l'influence des différents processus irritatifs, en effet, sa face interne séreuse devient apte à engendrer des néoplasies qui s'étalent en nappe, et à un moment donné, donnent naissance à des nouveaux vaisseaux. Ceux-ci à leur tour sont susceptibles de produire des hémorragies, avec extravasations sanguines (pachy-méningite), et de répéter dans l'encéphale les processus morbides similaires qui existent pour la plèvre et le péricarde (1).

3° La pie-mère cérébrale se présente sous l'apparence d'une membrane essentiellement vasculaire, constituée par un lacis inextricable de capillaires. Ce tapis fibro-vasculaire forme dans son ensemble une véritable membrane partout continue, adhérente çà et là à la face interne de l'arachnoïde par quelques tractus fibreux au sommet des circonvolutions, et par sa face profonde, à l'écorce, sur laquelle elle est moulée.

De toutes les méninges la pie-mère est la membrane qui présente le p 1 de surface; c'est elle qui, par excellence, représente l'élément nutritif de l'écorce, dont elle suit les innombrables ondulations. En dehors du réticulum des vaisseaux qu'elle supporte, elle sert encore de soutien à de nombreux canaux qui serpentent à sa surface et forment souvent des saillies très notables. La pie-mère est adhérente à l'écorce par une multitude de tractus de tissus conjonctifs et par des vaisseaux en proportion infinie, qui se divisent à sa surface et pénètrent isolément dans l'intimité de l'écorce perpendiculairementà sa surface (fig. 24). Ce sont ces filaments multiples qui, dans les cas pathologiques, alors qu'ils se sont épaissis, constituent ces tractus rigides, scléreux, dénommés sous le nom d'adhérences, dans la paralysie générale.

A l'état normal, la pie-mère et l'arachnoïde sont très intimement adhérentes à lasurface du cerveauet s'enlèvent sous forme de lambeaux imbibés de sérosité, principalement chez les jeunes sujets. L'aspect de ces deux membranes, chez les sujets sains, se présente comme une couche de vernis transparent, étalée à la surface des circonvolutions. Dans les cas pathologiques et en particulier dans la paralysie générale cet aspect si net est très notablement modifié; on constate, en effet, dans la presque majorité des cas une teinte opalescente des méninges plus ou moins vaguement étalée, et donnant au cerveau un aspect si franchement accusé, que Bayle

(1) Aubanel, des Fausses membranes de Varaehnoïde et principalement de leur mode de formation chez les aliénés, (Ann. médico-psych., 1843. t. II, p. 201.)

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»s hésité à considérer celte coloration spéciale des méninges, comme n„ des caractères anatomc-pathologiques les plus caractéristiques de cette maladie.

tferfs des membranes.- La dure-mère reçoit un rameau du trijumeau qui lui donne sa sensibilité. Ce rameau accompagne le tronc et les ramillcations de la méningée moyenne. La tente du cervelet reçoit aussi un rameau de la même origine.

Les nerfs de l'arachnoïde ne sont pas encore suffisamment connus, pour qu'on puisse en donner une description exacte.

Quant à la pie-mère, elle paraît recevoir de nombreuses ramifications nerveuses. Celles-ci accompagnent les troncs vasculaires et forment sur leurs parois le contingent des nerfs vaso-moteurs; c'est Kolliker qui a établi ce fait que les fibres nerveuses pénètrent dans l'écorce avec les vaisseaux — Quant à l'origine réelle des vaisseaux, les opinions des auteurs sont encore partagées; «les uns, suivant Huguenin(l), pensent que ces nerfs tirent leur origine des plexus carolidieus; d'autres, estiment qu'ils proviennent soit du facial, soit de l'acoustique. Bachedalek, même, les fait provenir de la protubérance de la moelle allongée et du pédoncule cérébelleux inférieur. Il est certain, suivant Iluguenin, que les vaisseaux de la pie-mère et de l'écorce reçoivent des rameaux nerveux, dont le centre d'innervation inlra-encéphalique est placé très haut (2).

flj Huguenin, Anatomle des centres nerveux, p. 278.

2 Voir pour les détails relatifs à l'anatomie et à la physiologie des nerfs de la durem ;. les remarquables travaux de Duret,1878 (Traumatisme* cérébraux, p. 264 etsuiv. pTru) et les communications de Bochefontaine à l'Académie des sciences, 7 août, 187.;, relatives à quelques particularités des mouvements réflexes déterminés par 1 excitation de la dure-mère crânienne. ,„„«!„„

Suivant Duret, l'irritation des nerfs de la dure-mère peut provoquer : 1« dans les muscles de la vie de relation des spasmes et des contractions réflexes (membre, tronc, tête cou "lobes oculaires); 2- des modifications dans le rythme inspirateur et cardiaque cies contractions, des dilatations pupillaires; 3° enfin des troubles vaso-moteuîs dans les globes oculaires et les hémisphères cérébraux (d'où la somnolence, le

^connaissance de ces faits peut jeter un certain jour sur le mécanisme de l'apparition de certains troubles encéphaliques à la suite de contusions directes sur le crâne, de foyers hémorragiques sous-osseux, ausiège de l'action directe delà radiation solaire, sur l'apparition réflexe du délire, etc.

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