‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 37 sur 286 · CONSTITUTION DU SENSORIUM COMMUNE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DU SENSORIUM COMMUNE

de sa structure anatomique, soit au point de vue de ses phénomènes dynamiques des réactions tout à fait comparables à celles de l'écorce proprement dite.

La substance grise de la moelle, en effet, n'est autre qu'un plexus de cellules sensitivo-motrices. L'observation directe permet de constater que les impressions sensitives se répartissent exclusivement dans ses réseaux gris postérieurs. — Elles s'y dispersent tout particulièrement d'emblée, et ce n'est qu'ensuite, par un phénomène de propagation, d'une durée appréciable, qu'elles se répartissent vers les régions motrices. — Les incitations sensitives trouvent donc dans les colonnes grises postérieures de la moelle épinière un vaste substratum tout préparé pour opérer leur dissémination. On peut donc justement dénommer cetle région le réservoir commun des incitations sensitives réflexes, le sensorium commune des impressions inconscientes.

D'un autre côté, les colonnes grises antérieures représentent dans leur ensemble, avec leurs de grosses cellules des régions exclusivement motrices.

Or, que nous montrent la physiologie expérimentale à ce sujet? — Elle nous fait voir que le substratum organique qui est en rapport avec les phénomènes de la sensibilité, est constitué par des cellules de petites dimensions, et que le substratum organique, qui est le point de départ des actions motrices, est constitué par des éléments histologiques de grandes dimensions. — En un mot, les petites cellules sont sensitives, et les grandes cellules sont motrices au point de vue des fonctions. Ce sont là des données acquises par l'expérimentation directe et que nous pouvons mettre à profit.

Il est permis en effet, en appliquant ces résultats à l'interprétation physiologique des régions corticales d'en tirer certaines conséquences.

Or, nous avons vu que; dans la constitution de l'écorce, il y avait toute une série de cellules de petites dimensions occupant les régions sous-méningées, et tout une autre série de cellules de dimensions plus considérables, gigantesques quelquefois, réparties dans les régions les plus profondes.

En jugeant par analogie, il est loisible de voir des équivalences physiologiques où il y a des équivalences morphologiques, et de penser, que les réseaux gris sous-méningés de l'écorce, constitués exclusivement par des cellules de petite dimension représentent exclusivement la sphère de dissémination des impressions sensitives, le véritable réservoir commun ou sensorium commune de toutes les incitations sensorielles, — au même titre que les zones profondes représentent, les régions affectées à la motricité et les véritables foyers d'émission des incitations psycho-motrices.

I0l PHYSIOLOGIE.

Si les régions grises sous-méningées de l'écorce représentent les

coll. unes grises postérieures de la moelle, au point de vue des connexions d'ensemble, les régions profondes corticales, représentent pareillement les colonnes antérieures de là moelle épinière avec leurs grosses cellules, qui sont antaut de petits centres spino-motcurs.

Nous sommes donc amenés par la logique naturelle des choses à dire : — qu'il y a dans le cerveau, dans l'écorce, une région particulière, un territoire spécial éminemment sensitif, destiné à recueillir toutes les incitations sensorielles irradiées du monde extérieur, et en même temps les incitations irradiées de la vie végétative, et constituant par cela même un véritable réservoir commun de toutes les sensibilités diffuses de l'organisme, un sensorium commune anatomiquement acceptable, et que cette région particulière est indépendante de celles d'où émergent les incitations de la motricité.

Nous allons voir actuellement par quoi mécanisme physiologique se trouve constituée notre personnalité psychique proprement dite, et comment cette personnalité psychique, synthèse unique de toutes les sensibilités diffuses de l'organisme, est amenée à entrer en conflit avec les incitations du monde extérieur et à devenir consciente de ce qui se passe au dehors d'elle.

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