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PHÉNOMÈNES DE L'ACTIVITÉ AUTOMATIQUE DES ÉLÉMENTS NERVEUX

Tandis, en effet, que les autres cellules des tissus organiques, les cellules glandulaires de toute espèce, n'ont qu'une action vitale uniforme, qui se borne, la plupart du temps, à un échange sur place des principes nutritifs apportés par le torrent circulatoire; les cellules nerveuses chargées de l'influx spécifique qu'elles accumulent physiologiquement comme les petites bouteilles de Leyde, rayonnent à distance, et sont susceptibles de déterminer, tantôt des incitations motrices sous formes de courants instantanés, comparables à de véritables décharges électriques, et tantôt, — dans le domaine de la sensibilité, des véritables vibrations sensitives inconscientes.

Elles donnent lieu de la sorte, à ces sympathies latentes, si curieuses, en ce qu'elles se font jour à notre insu, du côté des viscères organiques, à propos, par exemple, d'une incitation irradiée de la sphère psychique.

C'est ainsi, que l'odeur d'une substance savoureuse suscite automatiquement la sécrétion des sucs salivaires et gastriques, etc., etc., — que la contemplation de la beauté physique développe automatiquement des appétitions voluptueuses, — que lerécit d'une scène dramatique, une émotion quelconque retentissent directement sur l'innervation vaso-motrice, et déterminent alternativement soit la pâleur, soit la rougeur des téguments, soit la sécrétion des larmes, etc.

C'est encore en vertu de ce même mécanisme de propagation lente de certaines incitations purement automatiques, que l'on voit des appareils organiques s'associer l'un à l'autre dans leur mutuelle évolution organique.

L'utérus devenu gravide associe automatiquement les glandes mammaires à sa nouvelle manière d'être ; — au moment de la puberté, le développement des organes génitaux et celui du larynx marchent automatiquement sur la même ligne; — dans le domaine de la pathologie interne ne voyonsnous pas encore ces sympathies mystérieuses se développer, entre les parotides, les testicules et les ovaires? — entre la muqueuse uréthrale sous le coup de l'irritation blennorrhagique, laquelle retentissant à distance va déterminer vers telles ou telles jointures des arthrites sympathiques"?

Certaines arthrites, certains frissons consécutifs au cathétérisme, sont encore des phénomènes réflexes de même ordre qui trahissent toujours une irradiation sensitive automatique propagée à d'autres régions du système nerveux.

1° DE L'AUTOMATISME DANS LE DOMAINE DES PHÉNOMÈNES PSYCHIQUES PROPREMENT DITS

Lorsque ce sont les régions émotives seules qui sont en jeu, les propriétés automatiques des éléments nerveux se révèlent alors avec une inéluc-

table intensité. Nous avons exposé précédemment comment cette émotivité inhérente à la trame nerveuse se développait fatalement en nous, en raison même de l'érélhisme incoercible du subslratum qui l'engendre, — comment cette émotivité prenait naissance, — comment elle se propageait motu proprio, d'une manière indépendante de notre volonté, en présence de tel ou tel objet extérieur rappelant un souvenir émotif, ou même en présence d'une représentation fictive et conventionnelle de la réalité. — Nous avons montré comment celte force nerveuse, essentiellement active, incoercible de sa nature, engendrée sur place par l'état d'éréthisme des cellules émotives, arrivait à s'imposer à noire esprit, à notre volonté et à se faire jour au debors soit par des pâleurs ou des rougeurs subites, soit par un certain embarras dans la tenue, dans le geste et la physionomie, et à devenir ainsi une force vive, dominatrice de notre manière d'èlre pbysique.

L'émotivité,manifestalion essentiellement automatique du sens émotif, n'est pas seulement apte à se développer en npus par le fait de l'apparition immédiate d'une image extérieure, ou d'une impression sensorielle quelconque. — Qu'il s'agisse en effet, d'une scène palbétique, de la vue d'un symbole quelconque qui nous rappelle des souvenirs gais ou tristes — du passage d'une odeur qui fait revivre en nous toute une situation passée, elle éclate et se développe fatalement sans que notre volonté puisse en arrêter l'essor, cela est son mode habituel d'apparition.

Il est encore toute une série de circonstances dans lesquelles elle se manifeste avec le même caractère de fatalité inéluctable; c'est quand la sphère intellectuelle est primitivementen jeu, et quand celle-ci vient comme un nouveau foyer d'émission lui donner une nouvelle impulsion.

Quand j'écoute la lecture d'un récit dramatique, quand une parole émue vient subitement m'attendrir, quand je reçois une sim, le dépèche, une lettre, et que l'interprétation immédiate par l'aspect des caractères graphiques m'annonce une triste nouvelle — immédiatement un choc se produit en moi, et ce choc émotif est irradié des régions purement intellectuelles. — L'esprit, interprète fidèle et agent de transmission des dépêches du monde extérieur, devient dans ces circonstances une cause autogénique d'incitation qui tient en éveil, en quelque sorte incessamment, notre émotivité.

C'est en raison de ce conflit intime entre les régions purement intellectuelles et les régions émotives de notre personnalité psychique, que certains états dépressifs, certains délires mélancoliques sont maintenus en activité et fixés d'une manière permanente. — C'est ainsi que chez certaines

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