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DE L'AUTOMATISME. — DES RÊVES NORMAUX. KJ

tions erotiques, engendre ipso facto dans la sphère émotive un état d'éréthisme spécial dont la volupté fait le fond.

Une fois l'état émotif provoqué, même subjectivement, les appareils de la vie organique, associés à cette situation du sensorium se mettent en activité automatiquement, fatalement, suivent leur rôle tracé d'avance et amènent successivement l'érection et l'éjaculation terminale. — Ce sont là des réactions organiques aussi nettement coordonnées, que les palpitations, les angoisses respiratoires, alors que les régions émotives sont en proie à des accès de terreurs subjectives.

Si la plupart de ces phénomènes hypnotiques peuvent avoir leur point de départ primitif dans un état spécial des régions du sensorium : il arrive encore très souvent, que les incitations du plexus périphérique se mettent de la partie, et envoient des incitations directes centripètes sur le sensorium en déterminant ainsi une orientation spéciale des régions émotives.

De même que certains troubles de la sensibilité générale sont susceptibles, ainsi que l'a indiqué Michea, d'avoir une influence sur la pathogénie de certains délires, de même, certaines modifications survenues dans l'état de la sensibilité périphérique sont aussi susceptibles de déterminer des rêves d'une nature appropriée.

Est-on exposé incidemment pendant la nuit à quelque ventilation inopportune?— on rêve que l'on tombe dans l'eau froide, qu'on est dépouillé de ses vêtements — une lumière vient-elle inopinément à être placée devant les yeux fermés? — ce fait suffit à modifier le courant des conceptions et à susciter des rêves d'une autre nature. — L'état de réplétion des viscères, des voies spermatiques en particulier, amène des rêves erotiques, — les lésions du cœur, les troubles circulatoires sollicitent des rêves souvent terrifiants avec insomnie, — les troubles de la digestion, la plénitude de la vessie, suscitent dans l'esprit des conceptions d'une nature différente et des sensations sui generis.

En un mot, les rêves, soit dans les sphères de l'intellect, soit dans la sphère des émotions, ne sont que les effets de l'activité automatique des élémenis nerveux qui se révèle partout, en vertu d'anciennes impressions, avec les mêmes caractères de fatalité et d'incoercibilité qu'elle offre partout ailleurs clans les autres modalités de la vie nerveuse.

•J DES RBVBS PATHOLOGIQUE -

11. L'étude des rêves, considérée comme l'expression déréglée de l'activité de cellules cérébrales renferme des données intéressantes, au point de vue de la pathologie mentale en général, et surtout de la pathogénie de certains délires.

Les hallucinés, les lypéraaniaques émotifs sont susceptibles d'avoir des rêves qui persistent pendant l'état de veille et qui viennent modilier leur délire.

De même que chez l'homme sain, l'ébranlement produit par le rêve ne s'éteint pas quelquefois au réveil et, chez certaines natures impressionnables et timorées, laisse après lui une trace persistante, de même — dans le cerveau de certains malades, les mêmes phénomènes se manifestent avec une intensité très nette.

Chez les hallucinés, les Iypémaniaques anxieux, quand on assiste à leur réveil, on constate que l'opération ne se fait pas comme chez l'homme sain, d'un seul jet: — il y a des temps d'arrêt. Laperception de choses ambiantes, les paroles qu'on leur adresse n'arrivent pas d'emblée dans leur sensorium. Une portion de leur cerveau, alors qu'ils se sentent réveillés, continue encore à rêver et on les entend alors exprimant leurs craintes et leurs appréhensions, lesquelles dérivent d'un rêve qui les a tourmentés pendant la nuit ( I ).

Je suis porté à croire qu'il y a un grand nombre de Iypémaniaques anxieux et d'hallucinés qui, tourmentés [tendant le jour par des inquiétudes vagues, ne font que de révéler pendant l'état de veille des états émotifs variés, ayant pris naissance pendant la période du sommeil, et que ces délires systématisés ne sont autres que des rêves persistants.

(\) Voir le récit de La très curieuse observation rapportée par Faure, d'un rêve ayant duré 7-2 heures chez un homme bien portant (Gazette des hôpitaux, 15 février, ÎNTO^.

M. J.-A, atteint de lypémanie anxieuse se croyait empoisonné et refusait de manger, un malin, on s'aperçut que son anxiété était augmentée, qu'il avait de nouvelles appréhensions, qu'il croyait avoir assisté au massacre de ses entants. C'était un rêve, et pendant plusieurs mois cette conception morbide se perpétua et devint l'origine d'un délire systématisé et permanent.

M. W., halluciné, est poursuivi pendant la nuit par des apparitions erotiques, il voit des femmes qui le provoquent ; une d'elles devient sa maîtresse et -mi père étant venu le voir un jour, sur ces entrefaites, l'idée de son père et de sa maîtresse furent incontinent associées dans son esprit. 11 rêva une nuit que sou père l'avait supplanté, il en fut convaincu et, pendant plusieurs mois, il refusa de recevoir ses visites.

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