‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 50 sur 286 · DE L'AUTOMATISME. — DES RÊVES PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

DE L'AUTOMATISME. — DES RÊVES PATHOLOGIQUES

L'activité morbide des cellules cérébrales ne se concentre pas seulement sur le groupe de cellules de la sphère émotive, les cellules des régions psychomotrices sont aussi aptes à entrer, pendant la période de sommeil, en éréthisme sous l'influence de troubles circulatoires, survenus dans l'intimité de leurs réseaux.

Elles rêvent à leur tour, mais elles rêvent à leur manière, en produisant des actions motrices. C'est ainsi que ces tendances, que présentent certains malades hallucinés à se lever la nuit, à défaire leur lit, à vouloir aller coucher avec leur voisin, doivent être interprétées comme les effets de l'activité nocturne des régions psycho-motrices, qui continuent à veiller ou plutôt à rêver, alors que toutes les congénères sont dans la période de collapsus du sommeil (1).

Les promenades des noctambules n'ont vraisemblablement pas d'autre explication physiologique, et il convient de voir toujours et partout clans toutes ces manifestations involontaires et inconscientes de l'activité nerveuse une sorte de désordre local d'une région quelconque du cerveau dont les éléments se mettent en exercice et développent spontanément leur activité propre.

Les rêves chez les alcooliques ont encore des caractères spéciaux qui méritent de fixer l'attention. On sait qu'en général ils affectent des modalités pathognomoniques, ils se présentent à leur esprit sous forme d'apparences terrifiantes, ce sont des animaux immondes qui serpentent et grouillent autour d'eux, et qui troublent leur repos et deviennent ainsi des complications sérieuses qui s'opposant pendant longtemgs à leur rétablissement (2).

(1) Macavio, Des rêves considérés sous le rapport physiologique et pathologique. Annales médico-psgch. ,1846, t. II, p. 170 et 1847, t. I, p. 27.

Moreau (de Tours), De l'identité de l'état de rêve et de la folie, ibid., 1855, p. 360.

Maury, De certains faits observés dans les rêves, etc., id., 1857, p. 156.

Kraft-Ebnig, Des troubles passagers du sensorium.

Recherches sur la folie passagère, de l'état de rêve, de somnolence, de somnambulisme

Annales médico-psgch., 1870, t. I, p. 204.

Faure, Sur les rêves morbides persistants, Archiv. générales de médecine, mai, 1876.

(2) Voir les très intéressantes considérations présentées par le professeur Lassegue. dans les Archives générales de médecine, septembre 1879, p. 352 et suiv.

Prosper Despine. Etude scientifique sur le somnambulisme. Paris, 1880.

Phénomènes de la phosphorescence organique des éléments nerveux.

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