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DE LA VOLONTE

Nous avons vu dans les pages précédentes, comment l'ébranlement irradié du monde extérieur, sous forme d'incitation sensorielle, suffisait à mettre tout en branle dans le cerveau, comment les réactions automatique^. de l'intellect se développaient à la suite, et comment la personnalité psy- \ chique saisie, impressionnée par l'incitation du dehors était amenée à incliner dans telle ou telle direction suivant la nature de l'incitation et à manifester sa nouvelle façon d'être ou de sentir.

Nous allons voir maintenant, comme le processus sensitivo-moteur ébauché ne s'arrête pas ainsi, comment il se propage à travers le cerveau, et comment en un mot, commencé sous forme d'une incitation sensitive à direction centripète, il arrive à se transformer, et à devenir une incitation motrice à direction centrifuge. Nous verrons, en un mot, comment la mise en activité des appareils cérébraux proprement dits, rappelle en des proportions plus riches et plus amples celles des appareils purement spinaux, et comment les processus cérébraux et les processus spinaux ont des points de ressemblance les plus nets et les mieux caractérisés.

L'acte de motricité volontaire qui émerge des régions psycho-motrices n'est, ainsi que nous l'avons indiqué déjà, qu'un phénomène secondaire, et l'effet de la réaction du sensorium saisi, impressionné d'une façon quelconque, agréablement ou désagréablement. La réaction, qui va se révéler au dehors, va devenir chez l'être vivant sa façon de sentir et de penser tra-

duite par sa façon d'agir. En un mut, l'émotion du sensorium ses apparitions vers telle ou telle direction sont dans le mobile initial qui se transforme en acte de motricité consciente; c'est là l'élément fondamental de toutes nos résolutions.

A partir de cette période rudimentaire du processus de la volonté, dans laquelle lf sensorium a été saisi, un travail intime, latent, s'opère dans les réseaux de l'écorce. — L'ébranlement psychique émotif, qui a été provoqué, se propage insensiblement et fatalement vers les réirions psycho motrices, en raison des mystérieuses sympathies acquises, et d'une façon tout à fait comparable à celles dont les incitations sensitives des cornes postérieures de la moelle se déchargent vers les différents groupes des racines motrices.

Les émotions, les ébranlements de toutes sortes, qui mettent en jeu les réseaux du sensorium sous forme d'incitations psychiques se créent donc en vertu des anastomoses mystérieuses des réseaux nerveux, des portes de sortie naturelles, soit du côté de< appareils de la vie organique, soit du côté île certains groupes musculaires satellites, qui les exportent en dehors, si bien que, chaque incitation psychique trouve des moyens d'expression spécialisés, et préparés à son service, comme les touches d'un clavier qu'elle mettrait successivement ainsi en activité.

C'est en vertu de ce consensus préétabli que les émotions gaies, expansées, suscitent une série de réactions motrices appropriées, automatiquement groupées, automatiquement combinés, qui se révèlent dans l'attitude du corps et la physionomie, toujours les mêmes, en quelque lieu du globe que ce soit, et d'autan) plus vraies, d'autant plus expressives qu'elles sont plus automatiques.

Il en est de même pour les émotions de la tristesse, de la terreur, de l'aversion, de l'amour et de toutes les gammes intermédiaires de Pémotivité. Elles sont toutes automatiquement coordonnées à l'avance, elles se déroulent toutes naturellement, suivant un plan typique préétabli, et elles sont invariables dans leurs manifestations. — On peut donc dire, que chacune de nos émotions, chaque état de notre sensibilité intime, gouvernent une série d'expressions somatiques satellites, interprètes de ce qui se passe en dedans de nous, et qui constituent, de la sorte, une solidarité intime entre les régions émotives et les régions motrices de l'écorce.

Dans l'ordre des phénomènes purement intellectuels, nos pensées, nos jugements, qui sous des formes multiples représentent les différentes nuances de notre sens intime, trouvent ainsi des instruments préparés à l'avance, destinés à les traduire au dehors en langage approprié, et cela

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