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PHASES DU SOMMEIL CÉRÉBRAL

tend à tous les réseaux de l'écorce. — Et cela, s'opère d'une façon passive en quelque sorte, rien que par l'immobilisation d'une région quelconque. Il se passe ici quelque chose d'analogue à ce qui a lieu, lorsqu'un doigt placé inopinément sur une plaque vibrante, détermine immédiatement le silence de toutes les autres molécules delà plaque, par l'arrêt subit d'une région de sa surface sonore.

A partir du moment, où les vibrations du monde extérieur, cessent d'être transportées dans l'intimité du cerveau, lorsque la période d'activité diurne a été prolongée et la dépense d'innervation très accusée, les éléments de la personnalité psychique tombent dans un état complet d'inertie ; ils ne sentent plus rien du monde extérieur, ils sont complètement anesthésiés.

Suivant la nature des individus, la perte de la conscience du monde extérieur est plus ou moins complète. L'homme profondément fatigué, pendant les premières heures d'un sommeil réparateur, est en quelque sorte plongé dans un état de coma passager. Il ne vit plus que par le jeu de sa région bulbaire qui seule continue à être active et à envoyer au diaphragme l'incitation motrice physiologique. C'est en vain qu'on le pince, qu'on l'excite, c'est en vain qu'on entrebâille ses paupières, pour faire arriver sur sa rétine quelques ondes lumineuses, — rien ne l'excite, son sensorium est complètement imperméable à toute réception du dehors.

Lorsque la période de reconstitution organique commence à s'effectuer, vers le matin, la vie renaît peu à peu dans les différentes régions cérébrales; les régions de la personnalité psychique, sortent les premières de ce callapsus général qui plane sur tous les réseaux de l'écorce. L'individu se reconstitue peu à peu, pièce par pièce, sans avoir encore aucune relation avec le monde extérieur. C'est alors, dans cette pbase spéciale de reviviscence incomplète de sa personnalité et des régions de l'activité intellectuelle, qu'apparaît la période des rêves et les émotions subjectives.

Les rêves, en effet, surgissent principalement avec le matin. Ils représentent ainsi que nous Payons dit, un état vibratoire prolongé de la cellule nerveuse, qui, fortement ébranlée pendant la veille, reste active, alors que les autres sont silencieuses.

Tantôt, ce sont les cellules des régions purement intellectuelles qui se réveillent les premières et provoquent des associations d'idées les plus bizarres,— tantôt ce sont les régions émotives qui se mettent automatiquement dans une situation poignante ou agréable; et la plupart du temps ces éléments divers de notre cerveau s'agitent pêle-mêle, au hasard, sans avoir la pondération du monde extérieur, qui joue vis-à-vis d'eux le rôle d'un véritable balancier régularisaleur. — De là, ces conceptions fantastiques, ces

élucubrations incohérentes, auxquelles notre personnalité psychique, à peine réveillée, assiste comme spectatrice passive(l).

Au bout d'un temps variahle, suivant l'état d'impressionnabilité des sujets et suivant leurs habitudes, les phases inverses du réveil se révèlent. La reconstitution des forces perdues s'étant opérée, les éléments du sensorium commencent par cela même à avoir appétition pour leurs excitants naturels (les vibrations du monde extérieur). — Ils redeviennent sensibles, impressionnables et aptes à percevoir, soit les ondulations lumineuses ambiantes, soit les vibrations sonores. — Et c'est ainsi, que le réveil est amené naturellement, par le jeu régulier des forces vives de la cellule cérébrale défatiguée, qui redevient apte à rentrer en en conflit avec le monde extérieur et à reprendre avec vigueur son travail journalier (2).

3° DU SOMMEIL l'ARTIEL OU DU SOMNAMBULISME

11 s'en faut de beaucoup, que le passage de l'activité diurne du cerveau à la phase de l'inactivité nocturne et réciproquement, se manifeste chez tous les sujets et à tous les âges avec une régularité et une perfection complètes.

Il est, en effet, toute une série de cas dans lesquels les milliers d'éléments cellulaires de l'appareil cérébral ne s'inclinent pas tous à la fois dans la période du sommeil. Il en est qui restent éveillés par petits groupes à l'état en quelque sorte, de lueurs phosphorescentes et qui constituent les rêves.

D'autres fois, il y a des circonscriptions entières, des grandes agglomérations territoriales des cellules qui s'éveillent par avance, et entrent en activité pendant la période nocturne de leurs congénères. Elles rompent ainsi l'harmonie, elles s'ébranlent pour leur propre compte et cela, soit en vertu de leur force automatique propre, soit en vertu d'une phase d'ôréthisme prolongé, qui les a mises en branle pendant la période diurne.

Ces phénomènes sont décrits sous le nom de somnambulisme. Les indi-

(\j C'est dans cette période intermédiaire entre le sommeil et la veille qu'il se passe dans le cerveau des aliénés des modifications spéciales sur lesquelles nous avons à revenir, et qui ont leur point d'émergence à ce moment. (Voy. les très intéressantes recherches de Baillarger sur cette question, Annales médico-psych. , 1815, t. VI, p. I et 168.)

Chez les voyants, le réveil s'opère par l'excitation de la rétine, >ous l'influence de la lumière; chez les aveugles, ce sont les nerfs acoustiques dont l'excitation joue le rôle d'agent suscitateur du réveil.

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