‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 72 sur 286 · DU SOMMEIL DES APPAREILS SPINAUX · texte numérisé non relu

DU SOMMEIL DES APPAREILS SPINAUX

giques; seulement, nous ignorons complètement les caractères somatiques par lesquels la phase d'inactivité du cervelet et des appareils annexes qu'il anime se révèle au dehors. — Il est permis seulement de supposer que l'activité propre du cervelet doit être suspendue pendant la période du sommeil cérébral, car il est notoire que chez les choréiques, chez les sujets atteints de paralysie agitante et de tremblements variés (actes morbides congénères, dans lesquels le cervelet et l'innervation qu'il engendre, jouent un rôle si considérable) les manifestations involontaires des membres cessent pendant la période nocturne.

Ce fait impliquerait logiquement que la source d'innervation morbide qui détermine le tremblement est dans sa période torpide et que le cervelet ainsi que les appareils annexés, sont entrés en période de sommeil.

L'état de sommeil de différents segments de la moelle épinière est encore un phénomène qui doit s'accomplir régulièrement.

Il est évident qu'il doit y avoir à la suite du travail quotidiennement accompli du côté de la moelle comme du côté des lobes cérébraux, de grandes pertes d'influx sensitivomoteur à réparer. — La nécessité chez l'homme de la prolongation de l'attitude verticale pendant l'activité diurne, les mouvements partiels qu'il accomplit à chaque instant, impliquent encore une vaste dépense d'activité dynamique dont nous n'avons pas conscience en pleine santé, mais qui se révèle pleinement cà l'état de maladie, et à l'état de convalescence surtout, alors que nous avons la notion de l'épuisement de nos forces et que nous économisons nos moindres efforts.

Il est donc physiologiquement et logiquement incontestable que les différents segments des réseaux gris de l'axe spinal tombent régulièrement, eux aussi, dans la période d'inertie fonctionnelle, et que la moelle en partie et en totalité dort comme le cerveau.

La question du sommeil des cellules de la région bulbaire, et des cellules motrices du centre respiratoire en particulier, est encore un des points les plus intéressants qui touche à la physiologie du sommeil des centres nerveux.

Cette région est en effet la seule du système nerveux qui, ni le jour, ni la nuit, ne se repose. C'est la seule, qui dès les premières inspirations de l'être vivant jusqu'à son dernier soupir est toujours en un perpétuel travail, et qui, au milieu du silence de tous les éléments nerveux, ne dort jamais.

Par quel mécanisme intime cette permanence physiologique du centre respiratoire est-elle ainsi obtenue d'une façon aussi précise et aussi strictement assurée? — Et par quel artifice ce service de jour et de nuit est-il ponctuellement accompli ?

ISO PHYSIOLOGIE,

Les lois générales que nous avons signalées au sujet îles périodes de repos, consécutives aux périodes d'activité des cellules nerveuses sont évidemment respectées pour ces mêmes régions bulbaires, comme partout ailleurs; niais on est conduit logiquement à penser que les mêmes groupes de cellules qui ont présidé pendant le jour à l'innervation du bulbe ne sont pas ceux qui travaillent pendant la nuit; — qu'il y a là, pour cette région vitale des centres nerveux comme pour les grands établissements industriels qui ont à fournir un travail continu, des équipes de jour et de nuit qui se relayent alternativement, et que, par cette succession des forces, se complétant les unes les autres, le problème de la continuité des mouvements inspiratoires se trouve efficacement résolu.

Ce ne sont là que des hypothèses provisoires destinées à venir en aide à des explications directes qui nous font défaut, jusqu'ici. Néanmoins on arrive, en tenant compte de quelques faits d'observation à accorder une certaine vraisemblance à celte manière de voir.

Tout le monde sait, en effet, que lorsque le sommeil commence à nous dominer, un travail intime et impératif s'opère déjà en nous, du côté du bulbe. — Les rouages organiques sont déjà modifiés, et les régions bulbaires sont déjà dans des conditions nouvelles alors que nous résistons au sommeil. Les pandiculations, les bâillements significatifs interrompus d'abord, deviennent de plus en plus incoercibles; ils se succèdent bientôt malgré nos efforts. — Or, qu'est-ce que le bâillement ? si ce n'est une profonde inspiration accomplie automatiquement en dehors de notre volonté, et qui annonce que les puissances inspiratrice- des régions bulbaires obéissent à d'autres incitations que précédemment, et qu'il s'est opéré une modification spéciale dans leur manière d'être"/

D'une autre part, tout le monde sait combien le rythme respiratoire est modifié chez l'homme profondément endormi. L'inspiration acquiert alors une profondeur, une régularité typique rappelant la respiration stertoreuse île l'état comateux. Les caractères nouveaux de profondeur, de régularité automatique qu'elle revêt alors, font n iturellement penser qu'elle doit obéir à d'autres incitations rythmiques que celles qui les incitent dans les conditions physiologiques (1 ).

il, l.élut, Mémoires sur le sommeil, les songes et le somnambulisme, Annal, médi >•

1852, ]'• 330 et 1n.".5. t. I, p. mi. Hacario, Sommeil, rêves, somnambulisme, 1858, 483, id., t. IV. Maury, le Sommeil et les rêves, id., 1862, t. VII, p, 351. Liebault, du Sommeil et des états analogues, id., I. 1, 1867, p. 339. Lcgrand du Saulle, le Somnambulisme naturel, id., 1X63, t. I, p. 87. Langlois, Contribution à l'élude du sommeil naturel et artificiel, Dijon, 1877. 1, set, du Cauchemar. Thèses. Paris, 1876.

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