DU SOMMBIL LIIEZ LES ALIENES
L'étude «lu sommeil chez les aliénés, très incomplètement faite jusqu'il i, présente quelques considérations importantes, soit au point de vue physiologique, soit au point de vue clinique, sur lesquelles il convient d'appeler l'attention.
Ce sont ordinairement des troubles du sommeil qui sont signalés au début de la maladie par les proches parents. Le malade, sous l'empire de contrariétés, d'émotions morales vives el persistantes, continue à subir pendant la période nocturne la suite îles ébranlements qui ont mis en éréthisme les éléments de son sensorium,o\i bien qui ont fait vibrer outre mesure la sphère de l'activité purement intellectuelle.
Le mouvement vibratoire commencé devient une obsession incessante et continue pendant la nuit. — L'insomnie est complète, l'individu inquiet reste éveillé; il se lève, il va et vient en proie à des idée- fixes (1 i, à des émotions persistantes, à des terreurs imaginaires. Il s'habille au hasard et à un moment donné, soit sans savoiroù il va, et sans se préoccuper de l'heure de la nuit.
Dans les premiers temps seulement les malades ont conscience de leur insomnie et, chose remarquable! — plus tard, lorsque le mal a progre ils ifont plus la notion des nuits qu'ils passent ainsi sans sommeil.
Lorsque l'effervescence se prononce de plus en plus dans la trame céréhrale, comme chez les paralytiques au début, les maniaques, etc., — l'insomnie nocturne est complète, les malades ne prennent aucun repos; — ils parlent sans cesse, ils s'agitent pendant toute la nuit, harcelés qu'ils sont par des illusions de la vue des objets qui les environnent, qu'ils voient autrement qu'ils ne sont, ou bien par des hallucinations terrifiantes.
Ils vocifèrent sans trêve, poussent des cris inarticulés, se débattent île mille manières et cela pendant, quelquefois, six, sept ou huit nuits consécutives.
Néanmoins, quand les accidents congestifs ou apoplectiques ne se sont pas révélés, l'élément nerveux finit par succomber à la fatigue, et on voit les sujets en cet état tomber dans un sommeil plus ou moins prolongé. — Ce sommeil, quelquefois, exprime la fin de la crise, mais bien souvent c'est une phase d'arrêt de la maladie en évolution, et les quelques moments de repos qui surviennent sont bientôt suivis de phases nouvelles d'agitation
(h Vitlemin, de l'Insomnie, Arcniv. générales de médecine, 1877 (mai, juin.