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CAUSES MORALES

côté des fonctions circulatoires, des perturbations viscérales de toute espèce (1).

A la suite, en effet, de toutes ces secousses successives qui ont violemment troublé l'harmonie de la vie des cellules émotives, des modifications organiques fatales s'opèrent dans la trame cérébrale, des fluxions sanguines s'organisent, se répètent et deviennent chroniques. Là où il y a des phases d'éréthisme nerveux, là il y a bientôt une phase d'éréthismevasculaire, et en raison de ce cercle fatal d'actions et de réactions entre l'irrigation vasculaire et l'éréthisme des éléments nerveux, les hypérémies deviennent chroniques et les réseaux nerveux entrent dans un état, permanent d'activité incoercible, si bien que, — peu à peu le délire se caractérise, la préoccupation émotive du début devient persistante, et l'individu ainsi envahi, ne pense plus qu'à l'objet de son délire et se sépare de plus en plus de la perception du milieu qui l'environne.

L/'action des causes morales qui mettent en jeu la sensibilité émotive et amènent l'ébranlement de l'être vivant se manifeste avec d'autant plus d'intensité, qu'elle se développe suivant les procédés physiologiques du développement de la sensibilité morale. C'est la persistance des impressions destinées à devenir des souvenirs normaux, qui à un moment donné les transforme en souvenirs pathologiques, lesquels à leur tour développent tout un cortège de fausses conceptions qui sollicitent la douleur pathologique incoercible. — Tel est le tableau le plus ordinaire du mode d'action des causes d'ordre moral sur l'individu vivant, mais pour qu'elles arrivent à produire ce résultat si profond qui conduit à l'aliénation mentale, il faut évidemment qu'elles trouvent un terrain préparé, et qu'elles s'adressent à un tempérament émotif, offrant par son organisatien première une porte ouverte à l'ennemi.

Il est incontestable que, dans un grand nombre de cas, l'influence héréditaire a déjà dû préparer de longue date le terrain. Car, il est usuel de rencontrer autour de soi des individus qui ont subi des chocs moraux violents, capables de renverser bien des hommes, et qui cependant, sont demeurés indemnes — tandis qu'on rencontre par contre, dans rémunération banale des causes qui ont déterminé la chute d'un grand nombre de ma . lades des incidents de minime importance, grossis par les parents qui croient trouver en eux une explication rationnelle d'un mal dont ils ne soupçonnent pas les racines héréditaires.

(1; Corvisart, Essai sur les maladies et les lésions organiques du cœur, 18i8, p. 383. — Cornette, Alopécie consécutive aux influences morales. Ann. méd.psych.

Loys, Retentissement des ébranlements du sensorium sur la vie végétative, actions réflexes, p. 50 et suiv.

Au point de vue de l'interprétation rationnelle des causes d'une maladie mentale, il est donc delà plus haute importance de savoir apprécier le

degré d'importance de la cause perturbatrice, — car il est évident que plus elle sera minime relativement, et banale, plus il y aura de disproportion entre l'effet produit et la cause, plus il y aura lieu de soupçonner chez l'individu envahi une complexion morale débile, et une disposition originelle mauvaise.

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