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des anxiétés qui persistent quelques jours et laissent après elles quelques moments de dépression. — On signale encore chez les jeunes enfants héréditairement prédisposés et qui ont été frappés par certains rêves et des frayeurs subjectives, une tendance à avoir des anxiétés qui persistent, et une sorte d'hébétude qui peut se prolonger un temps plus ou moins long.
Dans d'autres circonstances, on signale des tendances impulsives qui se caractérisent par des excès de colère immodérée, des tendances à jeter à ia tête des personnes qui les environnent les objets qu'ils ont sous la main, et dans certains cas même, à commettre des actes criminels. — Esquirol a rapporté l'observation d'une jeune fille de sept ans, possédée du désir de tuer sa belle-mère; elle s'exprimait avec un grand sang-froid et un cynisme révoltant (1). Mark a cité un grand nombre de faits de pyromanie, observés chez des enfants de neuf à seize ans (2). Enfin, les impulsions au suicide ont été pareillement notées chez de jeunes sujets. — Falret, père, donne l'observation d'un enfant de douze ans qui se pendit de désespoir de n'avoir été que le douzième à une composition où il espérait un meilleur rang (3). Durand-Fardel pendant une période de dix années sur un chiffre de 25 760 suicides a constaté que cent quatre-vingt-douze fois ces suicides étaient accomplis par des individus au-dessous de seize ans (4).
Pris dans leur ensemble, ainsi que le fait remarquer Marcé, ces faits ne peuvent pas être indistinctement regardés comme les signes d'une folie confirmée; on ne peut cependant pas s'empêcher de les considérer comme le résultat d'une intelligence anormale, résultat d'autant plus significatif que les sujets avaient pour la plupart des antécédents héréditaires suspects.
Enfin, l'enfance parait fournir un contingent notable à certaines affections nerveuses qui se transmettent par imitation. — On sait que dans les services deshystéro-épileptiques chez les jeunes sujets, lorsque une malade est prise d'attaque, un certain nombre d'autres malades tombent simultanément en convulsion. Briquet rapporte, d'après Raulin, qu'une jeune fille placée à l'Hôtel-Dieu jappait comme un chien, et qu'à chaque fois, quatre jeunes filles faisaient comme elle et se mettaient à l'unisson (5).
Kuiper cité également par Briquet a donné la relation d'une épidémie semblable qui se montra en 1673, dans la maison des enfants-trouvés de Hoorn (Hollande). Ces enfants âgés de douze à dix-huit ans, filles et garçons,
(1) Esquirol, Des maladies mentales, t. I, p. 407.
(2) Mark, De la folie considérée dans ses rapports avec les questions médico-judiciaires, t. Il, p. 354.
(3) Falret, De l'hypocondrie et du suicide, p. 74.
(4) Durand-Fardel, Etudes sur le suicide chez les enfants, Ann. méd.-psijchAR55, p. 61.
(5) Briquet, De l'hystérie, p. 324.
23fi PATBOLOGIE GÉNÉRALE
furent pris d'attaques convulsives, et en même temps de hurlements et
d'aboiements. Ils avaient ces attaques quand ils voyaient leurs camarades en convulsions et qu'ils riaient réunis; on les sépara aux époques du carnaval et les attaques cessèrent, puis elles réapparurent lorsqu'ils furent réunis de nouveau en commun (1).
Des faits semblables abondent dans le livre de Calmeil qui rapporte un grand nombre de scènes de démonolàlrie, dans lesquelles les enfants ont joué un grand rôle. Dans une épidémie semblable qui se développa en 4609 dans le pays de Labour les enfants furent atteints comme lesadultes d'hallucinations et de transports extatiques (2).
(1) Calmeil, De la folie considérée au point de nie pathologique, philosophique, Paris 1845, t. I, p. 264.
(2) Calmeil, loco citato, p. 427.