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INFLUENCE DES MALADIES CONCOMITANTES DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

1° LÉSIONS DE LA .MOELLE, DU BULBE, ETC. ; PHÉNOMÈNES EPILEPTIQUES, HYSTÉRIQUES, TREMBLEMENTS, ETC.

Le fonctionnement du cerveau est tellement lié à celui des différents départements du système nerveux, qu'il subit fatalement le contre-coup des perturbations fonctionnelles, dont telle ou telle région éloignée peut être le point de départ. — Tantôt c'est un trouble survenu dans lesrégions centrales, dans la moelle allongée, qui sert d'appel à un processus morbide retentissant sur sa vie intime; — tantôt c'est dans les régions périphériques que le stimulus morbide prend naissance pour, de là, converger vers les régions centrales avec lesquelles il est plus ou moins sympathiquement associé.

1° Dans les formes chroniques des dégénérescences propres de la moelle épinière, le retentissement centripète de la maladie de la moelle sur le cerveau ne se fait pas sentir d'une façon bien appréciable. Soit qu'il s'agisse d'une lésion des faisceaux postérieurs, d'une sclérose des faisceaux latéraux, on ne constate guère dans ces cas de troubles psychiques bien manifestes, quoique quelques auteurs aient noté la coïncidence de certaines perturbations mentales avec l'ataxie locomotrice. Sur un relevé de 26 cas d'ataxie franche, que j'ai moi-même suivis pendant plusieurs années, je n'ai trouvé jusqu'à présent aucune modification morbide bien notable du côté des fonctions mentales.

On constate bien, il est vrai, chez les ataxiques, certaines bizarreries d'humeur, certains troubles de caractère qui les portent à méconnaître leur situation, du moins dans les premiers temps. Mais peu à peu, par le fait de l'envahissement sclérosique, l'énergie mentale faiblit et le malade présente, principalement dans la dernière période, au moral, des phénomènes d'in^ souciance et d'apathie profondes, à moins qu'il ne soit tourmenté par des

phénomènes d'irradiation douloureuse, disséminés dans les différents viscères. Néanmoins il existe des exemples indubitables dans lesquels on a vu les troubles spinaux de l'ataxie locomotrice rester plusieurs années stationnaires , puis à un moment donné se propager au loin, et amener comme par contre-coup des troubles psychiques très accentués qui, la plupart du temps, sont ceux de la paralysie générale (1).

Lorsqu'il s'agit, par contre, des régions supérieures de Taxe spinal des régions du bulbe et de la protubérance, le retentissement des perturbations fonctionnelles de ces régions sur le cerveau est beaucoup plus direct et détermine des manifestations morbides souvent très caractéristiques. — Ainsi on admet généralement que les manifestations convulsives, et en particulier l'épilepsie, l'hystéro-épilepsie et l'hystérie proprement dite, ont ces mêmes régions comme champ d'action, et que ce sont toujours elles qui, avec des modalités variées, sont enjeu et déversent en décharges successives les réserves d'influx nerveux dont elles sont saturées. On comprend donc ainsi comment dansées grandes névroses, alors que les conditions de la circulation encéphalique sont profondément modifiées, alors que la répartition de l'influx nerveux dans les régions de la base de l'encéphale est complètement intervertie, les lobes cérébraux, à leur tour, soient associés aux processus en évolution et entraînés fatalement dans leur activité morbide.

Un sait, en effet, combien chez les épileptiques les troubles psychiques sont fréquents (2); combien le nombre des attaques modifie peu à peu leur état mental, et combien cet état mental, en se modifiant, prend des caractères d'impulsions irrésistibles, de colères pathologiques, de tendances automatiques, qui constituent une série de phénomènes secondaires, liés par une filiation naturelle aux convulsions épileptiques qui sont l'origine du mal.

On sait pareillement combien dans des circonstances similaires, les convulsions hystéro-épileptiques ou hystériques répétées, lorsqu'elles sont primitives, suffisent à amener chez les sujets intéressés des troubles spéciaux du côté de l'activité mentale, une émotivité incoercible, des troubles variés

(1) Obeisleiner, Sur les troubles psychiques qui surviennent dans le cours de l'ataxie locomotrice. Revuedes sciences médicales, 1876, p. -11. — liey, Sur quelques cas d'ata.rie locomotrice da m V aliénation mentale, id. et p. 24$.

(2) Défossez, Thèse, Paris, 1878. Eludes sur les troubles des sens et de l'intelligence causes par l'épilepsie, et Revue des sciences médicales, 1878, p. 615.

Garimond, Contribution a l'histoire de l'épilepsie dans ses rapports avec l'aliénation mentale. Ann. méd.-psych. 1 N 7 x , p. 181, t. I. Delasiauve, Truite de l'épilepsie.

Legrand du Saulle, Elude médico-légale sur les épileptiques, 1877.

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