LÉSIONS DE LA MOELLE — DU BULBE — DE LA PROTUBÉBANCE
de la sensibilité, des aberrations du sens moral, des tendances instinctives au vol, à des actes de libidinosité, et à toute une série de perversions mentales qui inspirent aux sujets atteints une série d'actions incompréhensibles, au point de vue des règles usuelles de la morale.
Les tremblements, les mouvements choréiformes (qu'il s'agisse de la chorée proprement dite ou de mouvements rythmés de la paralysie agitante), lesquels ne sont que l'expression de la mise en activité morbide des régions sus-énoncées de la moelle allongée, se distinguent encore par ce fait qu'ils sont accompagnés, dans certaines circonstances, rares il est vrai, d'un retentissement notable du côté de l'activité mentale. Marcé, a déjà constaté chez les choréiques certaines manifestations morbides du côté des fonctions intellectuelles. J'ai démon côté rencontré chez des jeunes sujets, des cas semblables caractérisés par des accès de violente colère et des impulsions irrésistibles.
Chez un certain nombre de sujets atteints de paralysie agitante arrivée à une période avancée, il m'est arrivé de rencontrer aussi, deux fois, des phénomènes d'excitation avec délire bien prononcé. Les sujets étaient agités, la nuit, sans cesse portés à se mouvoir et inconscients de leurs actes.
2° INFLUENCE DES TROUBLES CONCOMITANTS DU SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE :
Folies sympathiques, troubles hypocondriaques réflexes
Les régions périphériques du système nerveux, qui sont si intimement associées aux régions centrales, et qui ont une action si puissante sur leur activité, sont susceptibles à un moment donné, lorsqu'elles sont le siège d'un travail irritatif local, d'opérer un retentissement sympathique à distance et de déterminer pareillement des troubles psychiques dits d'origine sympathique.
Sans vouloir élargir d'une façon trop indéfinie le cercle des actions sympathiques, on ne peut s'empêcher de reconnaître avec les auteurs qui se sont occupés de ce sujet, qu'il existe un grand nombre de circonstances dans lesquelles la souffrance d'un plexus viscéral quelconque paraît avoir déterminé des manifestations morbides du côté des fonctions mentales.
Esquirol,Prost, Daguin, Ferrus, Vogel, cités par Marcé (1), ont rapporté
(1) Marcé, Maladies mentales, p 129.
Jewell, Des relations du système nerveux avec l'utérus. Études sur les nerfs de l'utérus et le centre génito-spinal. Ann. méd.-psych.,t. I, p. 463, 1879.
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dès cas de folie, guéris par l'expulsion de lombrics et d'ascarides; Sauvage et récemment Legrand du Saulle ont rapporté des cas de folie occasionnés par la présence de larves dans la cavité nasale ou dans le conduit auditif externe et guéris pas leur expulsion.
J'ai eu moi-même l'occasion de voir un jeune homme atteint de délire hallucinatoire, déterminé par la présence d'un tœnia. Ce délire qui du reste n'avait rien de spécial et qui consistait en excitation et eu bizarreries de caractère avec tendance ambitieuse, guérit rapidement à la suite d'administration d'un tœnifuge. La guérison se maintint pendant deux ans, et le malade succomba accidentellement.
On sait avec quelle véhémence, l'activité des appareils utéro-ovariens retentit sur l'ensemble du caractère des femmes en général, et combien les troubles menstruels sont susceptibles d'amener soit des phénomènes de dépression périodique, soit des phénomènes d'excitation pareillement périodique. Au point de vue du retentissement sympathique, de la sensibilité de l'utérus, sur les fonctions mentales on trouve dans les auteurs des faits très significatifs.
Une dame, à une première grossesse, fut atteinte d'aliénation mentale; dix ans après les accidents s'étaient renouvelés, on crut qu'elle était enceinte. Boyer reconnut un polype utérin, l'enleva et amena la guérison de la malade.
Guislain a donné des soins à une jeune fille atteinte de descente de matrice, qui se trouvait prise d'une profonde tristesse avec propension au suicide, chaque fois que le col de l'utérus venait se présenter à l'entrée du vagin, l'usage d'un pessaire fit disparaître tous ces accidents (1).
Les affections chroniques de l'homme paraissent avoir une influence dépressive sur les facultés mentales. On a noté aussi des troubles des fonctions intellectuelles dans les affections du foie, dans certaines formes de cystite chronique, dans la spermatorrhée, etc. Saucerotte a signalé dans le même ordre d'idées, une influence spéciale des maladies du cœur sur les facultés intellectuelles et morales de l'homme (2).
Dans ces dernières années, Loiseau et Azam ont développé avec talent la de folie sympathique et essayé de démontrer les influences pathogé-
Guislain, Traité des phrènopathies, p. 305. - Annales med. -psycho., 1844, t. II. p. 17::.