IV. — Extension
Nous passerons en revue successivement : 1° l’attitude du membre; 2° la direction qu’on lui donne ; 3° le lieu où s’applique Ja force extensive ; 4° la nature de la force employée pour l’extension.
1° Attitude du membre. — Faisons remarquer, quant à la flexion ou à l’extension de l’avant-bras, que cette altitude est subordonnée nécessairement au lieu sur lequel on applique la force extensive. Ainsi, il est évident que, quand celle-ci est appliquée au poignet, l’avant-bras ne peut être que dans l’extension ; quand, au contraire, la force est appliquée à la partie inférieure du bras, on peut fléchir l’avant-bras.
11 est facile de se convaincre, en examinant un malade atteint de luxation, des avantages de la demi-flexion. En effet, si l’on pousse très-loin la
flexion de l’avant-bras, on cause de la douleur, parce qu’on augmente la tension du triceps; si l’on veut étendre l’avant-bras tout à fait, on cause encore de la douleur par la tension forcée du biceps. Dans la flexion, le malade sent la douleur tout le long de la face postérieure du bras, tandis que dans l’extension la douleur existe à la partie antérieure.
C’est pour concourir au même résultat qu’il convient de mettre l’avantbras dans la pronation, attitude qui tend à relâcher de plus en plus le biceps.
2° Direction. — La direction que l’on donne au membre est la circonstance qui influe de la manière la plus marquée sur l’état de tension des muscles qui entourent immédiatement l’articulation. En faisant parcourir au membre luxé toute l’étendue d’un demi-cercle, depuis la juxtaposition au tronc, jusqu’à la juxtaposition à la partie latérale de la tête, on voit que les trois muscles sus-épineux, sous-épineux et petit-rond, sont placés successivement dans un état de relâchement de plus en plus prononcé. A cet égard, la méthode de White a une incontestable supériorité sur toutes les autres.
3° Lieu d’élection pour l’application de la force extensive. — La force extensive s’applique tantôt au poignet, tantôt au dessus du coude.
4° Moyen d appAication . — Le moyen d’application est un lacs ou une serviette longue, qu’on fixe sur les parties, tantôt en croisant et en tordant ses chefs, tantôt en appliquant d’abord, sur le lieu où doit être fixé le lacs, une bande mouillée.
3° Nature de la force extensive. — Dans le plus grand nombre des cas, la foi ce extensive consiste dans l’action musculaire du chirurgien ou des aides. Dans d’autres- cas, la force extensive réside principalement dans l’emploi de la moufle. Les avantages de cet agent sont : 1 0 de s’exercer d’une manière uniformément croissante ; 2° de comporter des moments d’arrêt qui fatiguent la résistance du malade, sans épuiser en rien la force extensive; 3° de placer sous la dépendance directe du chirurgien, le degré d’intensité de la force ; 4° enfin, si l’on attache quelque importance à cette condition, de permettre à ce dernier d’évaluer l’intensité de la force au moyen du dynamomètre. J
Ou comprend que, dans les cas de luxations anciennes, où il faut vaincre la résistance plutôt par la continuité des efforts que par leur violence ce genre de force est de beaucoup préférable à l’action des aides.