‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 169 sur 256 · AMPUTATION DE LA MAMELLE · texte numérisé non relu

AMPUTATION DE LA MAMELLE

Cette amputation peut être partielle ou totale. Dans l’un comme dans l’autre cas il s’agit toujours de faire une plaie elliptique à grand diamètre dirigé de haut en bas et de dehors en dedans. On commence toujours par tracer avec le bistouri celle des deux courbes qui occupe la partie la plus déclive, et ensuite on procède à la dissection en suivant les règles généralement adoptées pour l’ablation des tumeurs. (Voy. t. I, p. 41, Delà dissection des tumeurs.)

Avant de commencer l’opération, le chirurgien est intéressé à savoir si la tumeur adhère ou n’adhère pas au grand pectoral.

Pour bien juger si une tumeur du sein adhère ou n’adhère pas au muscle grand pectoral, il ne suffit pas de constater d’une manière générale si la tumeur est plus ou moins mobile à la surface de la poitrine.

Des tumeurs extrêmement mobiles peuvent adhérer au grand pectoral, et voici quel est le moyen de savoir à quoi s’en tenir. Portez le membre thoracique du' malade dans l’extension en haut et en arrière, et, quelle que soit la mobilité de la tumeur à l’état de repos du membre thoracique, si elle adhère au grand pectoral, vous pouvez tenir pour certain qu’elle sera rendue fixe par suite de l’attitude dont nous venons de parler.

A oyez pour de plus amples détails sur ce point intéressant de pratique les articles que nous avons publiés dans les Bulletins de la Société de chirurgie (Séance du 22 septembre 1847), et dans la Gazette des hôpitaux (n° du 14 octobre 1847).

Lorsque les ganglions axillaires sont envahis par la maladie, il faut les enlever en prolongeant les incisions jusqu’à la partie la plus élevée du creux de l’aisselle. L’énucléation des ganglions malades doit se faire plutôt avec les doigts qu’avec le bistouri, et, s’ils tiennent encore aux tissus * sains par un pédicule que l’on n’ose pas trancher, il faut sectionner celuici avec la chaîne d’un écraseur.

Le pansement consiste à lier les artères divisées et à réunir les lèvres j de la plaie à l’aide de la suture à points séparés en ayant recours aux fils i d argent de Marion Sims. Si les bords de la solution de continuité ne peu-

i vent ctre m's en contact, on les maintient rapprochés avec de longues i bandelettes de sparadrap formant cuirasses pleines.

Dans tous les cas on panse par occlusion.

Dans un rapport sur l’application de la suture entortillée aux plaies d’amputation du sein (Société de chirurgie, séance du 6 et du 13 janvier 1 84-7 ; Gazette des hôpitaux du 26 janvier 1847), j’ai fait remarquer qu’il ne fallait pas faire de la suture une application trop générale, qu’elle pouvait être de quelque utilité dans les plaies peu étendues ; mais que, lorsque celles-ci ont une certaine largeur, elle nécessite une traction fâcheuse et a l’inconvénient de laisser sous la peau une solution de continuité dans laquelle peuvent se former des amas de sang.

Amputation du seiu par écrasement linéaire.

Le procédé opératoire que nous avons adopté est le suivant :

Au moyen d’un long trocart, nous pratiquons une transfixion qui passe au dessous de la glande dans les parties saines et qui nous serlà conduire la chaîne d’un écraseur, ou même, si l’on veut opérer simultanément sur les deux moitiés du sein, la chaîne de deux écraseurs. Quand les deux chaînes ont été introduites à travers la canule de manière à déborder celle-ci à ses deux extrémités, on relire la canule, on articule les deux chaînes avec leurs crémaillères respectives, et l’on pratique l’écrasement suivant le mode accoutumé.

Dans le cas où la tumeur paraît trop volumineuse pour pouvoir être enlevée par le procédé que nous venons de décrire, on la divise par écrasement au moyen de deux introductions du trocart perpendiculaires l’une à l’autre; puis deux écraseurs agissant successivement la sectionnent en quatre lobes dont chacun devient l’objet d’une séparation distincte.

Ces divers modes d’amputation du sein, qui émanent d’un procédé généralement applicable aux tumeurs sessiles, pourront être, suivant la sagacité du praticien, combinés diversement dans l’espoir d’arriver au but d’une manière plus prompte ou plus complète.

Un autre procédé pour l’amputation du sein par écrasement linéaire consiste à placer la chaîne sur la tumeur pédiculisée, à sectionner avec le bistouri le derme au ras de la chaîne préalablement serrée.

La chaîne, par le seul fait de sa eonstriction, s’engage dans le sillon tracé par le bistouri.

Veut-on éviter tout emploi du bistouri et craint-on que l’écraseur ne puisse entamer le pédicule cutané trop épais et trop résistant de la tumeur, on opère de la manière suivante :

La chaîne étant placée sur la tumeur pédiculisée, on serre médiocrement, puis, au contact de la chaîne, on promène sur tout le pourtour du pédicule un crayon de caustique solidifié, jusqu’à ce qu’on ait acquis la certitude que le derme est entamé. On fait alors marcher l’écraseur, celuici ne trouve aucun obstacle à son action, quelle que soit la dureté de la

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