‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 205 sur 256 · TITRE V||. POLYPES DU RECTUM · texte numérisé non relu

TITRE V||. POLYPES DU RECTUM

l’inlestin, ce pessaire est insufflé, et alors, au moyen de la lige creuse par laquelle il se termine, j’exerce des tractions qui ont pour effet de tendre à renverser la muqueuse et d’attirer au dehors les parties appendues à la paroi interne du rectum (1).

Les divers moyens de traitement qui ont été proposés contre les polypes du rectum sont la cautérisation, la ligature et l’excision.

Il suffira de jeter un coup d’œil sur la valeur de ces divers modes de traitement pour comprendre qu’il n’était pas inutile de rechercher quelque moyen thérapeutique exempt des reproches que l’on peut adresser aux méthodes connues jusqu’ici.

Cautérisation. — Il est d’abord une classe de polypes du rectum qui repousse d’emblée l’emploi de cette méthode, ce sont les polypes placés au dessus de sphincter; nous n’avons pas besoin de dire pourquoi. On conçoit tout d’abord la difficulté qu’on éprouve à introduire les agents cautérisateurs à une grande profondeur, et d’un autre côté les dangers que ceux-ci, portés dans l’ampoule rectale, pourraient entraîner.

Quoique Loëffler ait employé avec succès les caustiques sur un polvpe dont la ligature avait déterminé des douleurs intolérables, nous croyons que très-peu de chirurgiens de nos jours accordent quelque valeur à la cautérisation comme mode de destruction des polypes du rectum. C’est donc un moyen à peu près abandonné.

i.i^ature. — Cette méthode laisse encore beaucoup à désirer, et quoique nous tenions grand compte des intéressantes observations de notre honorable confrère d’Angoulême, M. Gigon, qui préconise ce mode de traitement, nous ne pouvons pas méconnaître non plus que dans certains cas la ligature des polypes du rectum n’ait amené des accidents de la nature la plus grave, témoin l’observation de Loëffler dans laquelle on voit qu’il survint des douleurs tellement atroces qu’on fut obligé d'abandonner l’emploi de ce moyen. On pourrait citer encore d’autres faits, desquels il résulte que dans certains cas la ligature a été suivie de la mort du sujet.

Excision. — L’excision est moins douloureuse et plus expéditive que la ligature; elle présente le grave inconvénient d’exposer à l’hémorrhagie et à la blessure d’organes importants lorsqu’on veut attaquer, à l’aide des instruments tranchants, des polypes profondément situés.

1° L • danger des hémorrhagies est démontré par un certain nombre de faits, parmi lesquels nous nous contenterons de citer les deux suivants : Chez le sujet d’une observation due à M. Serres ( Journal des connaissances médicales, janvier 1839, p. 107), il survint immédiatement après la section du pédicule, une hémorrhagie abondante qui ne put être arrêtée que par le tamponnement. Dans un autre cas, l’excision d’un polype fongueux du

ili Moniteur des hôpitaux, numéro du 18 juin 1853.

rectum, laite par M. Manec, fut suivie au bout de vingt-quatre heures d’une perle de sang considérable. Non-seulement l’excision expose par ellemême au danger des hémorrhagies, mais elle peut déterminer ce genre d’accident plus facilement encore, lorsqu’on suit le conseil qui a été donné, de comprendre dans la section la partie de la peau ou de la muqueuse sur laquelle s’implante le polype.

'2° En ce qui concerne le danger de blesser certains organes pelviens, en employant l’excision pour des polypes du rectum placés à une grande profondeur, il suffit de réfléchir un instant à la nature du procédé opératoire employé jusqu’ici (procédé qui consiste à faire manœuvrer dans la cavité du rectum de longs ciseaux courbes sur leur plat), pour comprendre que l’on est exposé à couper tout autre chose que le pédicule du polype. L’excision est donc une méthode qui offre des dangers réels. C’est dans le but de prévenir les hémorrhagies que, même avant l’époque où j’appliquai pour la première fois l’écrasement linéaire, au traitement des polypes du rectum, j’eus recours à la suture pratiquée sur la plaie de l’opération pour en rapprocher les deux lèvres.

On pourra lire dans notre Traité de l'écrasement linéaire , p. 157, une

Fig. 65.

La figure 65 représente l’ablation d’un polype du rectum au moment où lécraseurest appliqué sur son pédicule et va en opérer la section. — La lettre U indique la tumeur; U, la pince de Museux ou érigne servant à saisir la tumeur; D indique la ligature qui a été appliquée sur le pédicule de la tumeur préalablement au placement de la chaîne ; E indique l’éeraseur en position et prêt à agir.

observation dans laquelle se trouve décrit le procédé opératoire que j’ai suivi pour faire cette suture.

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