AMPUTATION DE LA VERGE
L’amputation de la verge peut être partielle ou totale ; on peut enlever une étendue considérable départies, et tomber cependant au-devant du méat urinaire. Cela tient à la mobilité, à l’extensibilité même des enveloppes du pénis. Les tumeurs du prépuce, par exemple, peuvent repousser peu a peu le gland et les corps caverneux en arrière, au point de paraître occuper le corps même du membre viril, alors qu’il n’y a que les téguments qui soient en réalité envahis.
Les cancers qui commencent par la peau de la verge n’atteignent quelquefois qu’au bout d’un temps très-long, son enveloppe fibreuse ou son tissu spongieux.
Il ne faut donc pas oublier le précepte formulé par Callisen, de borner 1 action chirurgicale aux tissus dégénérés, précepte reproduit à peu près par Earle, lorsqu’il recommande de n’enlever que les couches cutanées ou superficielles, si le cancer n’a pas encore envahi les corps caverneux.
Les procédés qui ont été employés jusqu’à ce jour pour l’amputation de la verge sont la ligature et l’ablation par l’instrument tranchant.
L idée de la ligature n’a été inspirée que par la crainte de l’hémorrhagie. Cette méthode a été pratiquée par Ruysch, Heister, Bertrandi, Græfe, etc. Elle exige l’introduction préalable d’une sonde dans la vessie pour empêcher la ligature de fermer l’urètre.
Pour éviter les douleurs que ce procédé occasionne, Sabatier a conseillé d’inciser eirculairement la couche tégumentaire, mais alors il s’agit d’une opération mixte, qui n’est ni la ligature, ni l’opération par l’instrument tranchant, et qui, du reste, ne peut invoquer en sa faveur, l’autorité de faits acquis et bien observés.
Ablation par /’ instrument tranchant. — Le malade étant placé dans le décubitus dorsal, un aide saisit la verge à sa racine, après avoir attiré du côté du pubis une portion plus ou moins considérable de téguments, suivant que ceux-ci ont été plus ou moins attirés en avant par la maladie-. Le chirurgien s’empare de la tumeur enveloppée d’un linge et la tient solidement de la main gauche; de la main droite, armée d’un bistouri ou d’un couteau à amputation, il coupe ensuite d’un seul trait, soit d'avant en arrière, soit d’arrière en avant, mais toujours perpendiculairement, le corps de la verge un peu au delà des limites du mal.
Boyer conseille d’inciser préalablement la peau un peu en avant du point où les corps caverneux doivent être tranchés, afin que la section du pénis tombe juste au niveau des téguments rétractés.
Les inconvénients auxquels expose la méthode généralement adoptée pour l’amputation de la verge sont les suivants :