‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 222 sur 256 · TITRE XIII. — AMPUTATION DE LA VERGE · texte numérisé non relu

TITRE XIII. — AMPUTATION DE LA VERGE

1° L’hémorrhagie;

2° La rétraction des corps caverneux ;

3° L’oblitération de l’urètre et la difficulté de le retrouver au milieu de la plaie qui vient d’être faite par l’amputation;

•4° La rétraction des téguments;

3° Les inconvénients généraux qui résultent d’une plaie par instrument tranchant dans une partie du corps où le tissu érectile se trouve en abondance.

Ces divers inconvénients, l’écrasement linéaire a pour but de les prévenir; mais, afin que leur caractère soit bien déterminé, et que l’on comprenne l’utilité de la méthode nouvelle que nous proposons et que nous avons employée avec un plein succès, nous insisterons ici sur quelques particularités qui s’y rapportent.

1° Hémorrhagie. — Ce qui la fait redouter, c’est d’abord la multiplicité des artères que présente l’organe copulateur. Elles sont au nombre de sept, savoir : les dorsales et les caverneuses au nombre de quatre, puis les deux artères superficielles du périnée, et enfin l’artère de la cloison. D’autre part, c’est la difficulté d’appliquer des ligatures sur ces vaisseaux, par suite des alternatives brusques que peuvent offrir dans leurs dimensions les corps caverneux. En effet, comme on est obligé de sectionner les vaisseaux avant de les lier, et que dans la méthode généralement adoptée, on ne possède aucun moyen de prévenir la rétraction des corps caverneux qui entraînent les vaisseaux de manière à les dérober aux recherches de l'opérateur, il en résulte que la ligature des artères est très-difficile, qu’elle court le plus grand risque d’être incomplète, et que dès lors elle laisse le chirurgien dans une perplexité fâcheuse toutes les fois qu’il a pratiqué une amputation de la verge. Aussi, les elforls des chirurgiens et leurs préoccupations ont-ils été dirigés d’une manière particulière vers les moyens de prévenir ou de combattre l’hémorrhagie à la suite de l’amputation de la verge. La ligature, cette méthode si barbare et si atrocement douloureuse, n a pas eu d’autre raison d’être que cette crainte poussé® à sa dernière limite.

G est encore le même sentiment qui a inspiré un autre procédé beaucoup plus ingénieux théoriquement qu’exécutable pratiquement, et qui consiste à inciser la verge couche par couche de haut en bas, et à lier les vaisseaux au fur et à mesure de leur section. C’est enfin pour lier sans crainte les vaisseaux en prévenant la rétraction des corps caverneux, que M. Langenbeck a proposé de passer une anse de fil à traversées organes. La méthode de l’écrasement linéaire, en sauvegardant contre l’hémorrhagie, permet de négliger tous les procédés dont nous venons de parler.

2° La rétraction des corps caverneux. — Ge genre d’inconvénient, considéré au point de vue pratique, se rapportant d’une manière spéciale à la question de l’hémorrhagie, à raison des difficultés qu’il fait naître pour la

ligature des vaisseaux, il n’y a pas lieu d’y insister de nouveau; seulement nous ferons remarquer que la rétraction des corps caverneux, ainsi que celle de 1 urètre, n est jamais plus forte que dans les cas où le pénis a subi un allongement antérieur, par suite du poids de la tumeur.

3° L oblitération de l’urètre et la difficulté de le retrouver au milieu de la plaie d amputation. — Gomme le grand nombre des ligatures qu’on est obligé d employer dans le procédé ordinaire crée un obstacle presque insurmontable a la réunion primitive, il faut s’attendre à voir suppurer la plaie d’amputation ; mais toute plaie qui suppure, et particulièrement dans cette région, donne lieu à une cicatrice plus ou moins rétractile d’où il résulte que 1 urètre divisé tendra à se resserrer à son orifice. D’ailleurs, on sait parfaitement bien que, par suite de son mode de connexion avec les autres parties constituantes de la verge, l’urètre n’est pas facile à retrouver dans la plaie, attendu que, après l’opération, les parois urétrales s’adossent entre elles très-exactement. On a donc compris que, quel que fût le procédé opératoire adopté dans l’amputation de la verge, il importait que la présence d’une sonde dans l’urètre mît le malade à l’abri des accidents relatifs à la rétention immédiate de l’urine aussi bien qu’à sa rétention ultérieure.

Comme après l’écrasement linéaire la recherche de l’orifice urétral, dont les parois sont pour ainsi dire collées l’une à l’autre, par l’action de l’écraseur aurait exposé à rouvrir quelques-unes des artères sectionnées par l’écrasement, il nous importait beaucoup d’assurer et de maintenir la perméabilité urétrale. Dans ce but, nous avons eu recours à un moyen qui nous paraît satisfaire pleinement aux intentions de l’opérateur. (Voyez la description du procédé opératoire.)

4° La rétraction des téguments. — Il est une particularité relative à la disposition des éléments propres du pénis qui doit être présente à l’esprit de l’opérateur, c’est Impropriété que possède l’organe de s’allonger immédiatement après l’opération quand il a été refoulé en arrière par la tumeur, de se raccourcir quand il a été tiraillé en avant. Aussi vaut-il mieux retirer les tissus vers le pubis pendant l’amputation, parce que, si la peau est en excès, on est toujours à même de l’exciser, tandis qu’il n’y a pas de romède à l’extrême opposé.

5° Les inconvénients généraux des plaies par instrument tranchant dans les parties ou le tissu érectile se trouve en abondance. — On conçoit que la verge, qui renferme en proportion notable l’élément caverneux, c’est-àdire, un tissu à la composition duquel le système vasculaire veineux prend la plus grande part, est éminemment exposée, consécutivement à l’amputation à la phlébite et par cela même aux accidents de l’infection purulente. D’autre part, la configuration de l’organe et les variations de volume qu’il présente, faisant obstacle à la bonne application et au maintien d’un pansement convenable, la méthode ordinaire expose d’une manière particulière aux inconvénients d’une suppuration prolongée.

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