‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 223 sur 256 · TU 1Œ XIII. — AMPUTATION DE LA YEUGE · texte numérisé non relu

TU 1Œ XIII. — AMPUTATION DE LA YEUGE

L’écrasement linéaire condense tellement les tissus, qu’il apoureljct de clore hermétiquement tous les orifices vasculaires et de diminuer très-notablement les chances de phlébite. En outre, il ramène tellement bien le tégument à la surface du moignon de la verge, et il réduit la surface de la plaie à des dimensions si exiguës, qu’il constitue la meilleure sauvegarde contre les inconvénients de la suppuration.

L’amputation de la verge par la méthode de l’écrasement linéaire comprend les manœuvres suivantes :

On commence par placer une sonde d’un bon volume et à parois peu épaisses dans 1 urètre. On a soin que celte sonde pénètre jusque dans la vessie. Après 1 introduction de la sonde, on fait refouler par un aide les téguments de la partie saine vers la racine de la verge. L’opérateur prend alors une aiguille longue et, forte se terminant en fer de lance et parfaitement acérée à son extrémité. Au moyen de cette aiguille, il perce d’outre en outre le canal urétral et la sonde qui y est contenue. Cette sonde, retenue ainsi invariablement par une espèce de cheville transversale, ne peut plus ni avancer ni reculer. On prend alors une ligature très-forte, on la noue solidement autour de la verge, immédiatement au-devant de l’aiguille, afin de pédiculiser le lieu sur lequel devra porter l’écraseur. On applique l’écraseuret l’on sectionne complètement, en suivant les règles prescrites, non-seulement la verge, mais encore la sonde contenue dans l’urètre.

Comme la sonde ne peut pas fuir vers la vessie, retenue quelle est par l’aiguille au moyen de laquelle elle se trouve embrochée, elle reste parfaitement visible à la surface de la coupe faite sur le membre viril. Dès lors, plus de difficulté pour chercher et pour retrouver l’urètre.

D autre part, 1 extensibilité de la peau étant plus grande que celle de tous les autres tissus divisés dans celte opération, les téguments viennent former sur 1 extrémité du tronçon de verge restant, une sorte de gaine ou de capuchon qui se termine comme en mourant au pourtour de l’orifice urétral.

Il résulte de là que l’hémorrhagie est ici prévenue par un double mécanisme : d abord par le mode de section des vaisseaux, mode qui les ferme hermétiquement avant de les diviser; en second lieu, par l’opercule formé par le fourreau de la verge.

C’est alors que, saisissant avec des pinces la paroi de la sonde urétrale dans le lieu où elle a été divisée par l’écraseur, on la ramène extérieurement de toute l’étendue nécessaire pour sa fixation par les moyens connus et de manière à l’empêcher de tomber dans la vessie.

On a soin de retirer l’aiguille aussitôt que les pinces ont solidement saisi la sonde urétrale.

Le pansement, dont on pourrait à la rigueur s’abstenir, et qui n’est placé la que comme moyen de protection, consiste en une espèce de bourrelet circulaire formé par la superposition d’un grand nombre de bandelettes de

sparadrap, mode de pansement dont nous avons reconnu depuis longtemps toute l’ali lité à la suite de nos opérations de circoncision.

Le temps de l’opération qui consiste à embrocher au moyen de la même aiguille, les parois urétrales et la sonde préalablement placée dans l’urètre, pourrait être rendu plus facile par l’emploi d’une sonde plate qui serait placée de champ dans ce canal et qui préviendrait le glissement de la pointe de l’aiguille.

Le procédé de l’écrasement est tellement simple qu’il est à peine néces-

L’ablation partielle peut porter soit sur un accroissement de volume borné au prépuce, soit sur une tumeur développée latéralement eu égard à la longueur de la verge. Dans le premier cas, on commence par bien marquer la limite de la partie malade d’avec les parties saines, au moyen d une lorte ligature, puis on applique l’écraseur. Dans le second cas, on piocède de la manière suivante. On soulève avec les doigts ou avec une érigne conveigente à crochets multiples la tumeur à enlever, puis on fait pénétrer au dessous d’elle deux, trois ou quatre aiguilles fortes, de manière a la soulever et à tracer sa limite dans les parties saines. Cela fait, on applique une ligature circulaire qui passe au dessous des aiguilles et tend a les ramener au dehors. Cette ligature étant fortement serrée, la tumeur se trouve pédiculisée, et c’est sur son pédicule qu on applique 1 appareil à écrasement.

Les circonstances qui ont conduit chez le sujet de 1 observation sui\anle

sairc d’entrer dans des explications au sujet de la figure qui représente le manuel opératoire. Nous nous bornerons donc à dire que la lettre A indique la tumeur située à l’extrémité antérieure de la verge ; B, le corps de la verge ; CC', l’écraseur appliqué sur le point où doit s’opérer la section.

Dans les cas où les indications pathologiques ne réclament que des ablations partielles, et non une section de toute l’épais-

seur de la verge, le pro-

Fig. 07.

cédé opératoire devient d’une simplicité trèsgrande.

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