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TITRE XIII. — AMPUTATION DU LA VERGE

à pratiquer l’amputation de la verge, opération qui ne se fait presque jamais que pour des affections cancéreuses, rendent ce fait extrêmement curieux, et bien que l’opération n’ait pas été faite par la méthode de l’écrasement linéaire, nous avons cru pouvoir le rapporter ici.

Mais comme cette observation a été publiée in extenso dans notre Traité de l écrasement linéaire , p. 387, nous n’en donnerons ici que le sommaire.

Obs. Homme de 3G ans ; hypospadias, ulcération d’une partie de l’épaisseur de la verge au-devant de l’hypospadias, ulcération consécutive à l’application d’une ligature. Étranglement profond siégeant au niveau de l’ulcération et réduisant, en ce point, la verge à une espèce de pédicule auquel était suspendue la partie antérieure de l’organe formant une tumeur ovoïde, rouge, ulcérée en plusieurs points. Amputation de la verge par l'instrument tranchant; ligature de deux petites artères ; suture. Guérison.

Cette observation prouve : 1° que quand depuis l’enfance existent des conditions qui ont empêché l’exercice de la virilité, on ne fait pas courir au malade, par l’amputation, ce que j’appellerai le péril moral de l’ablation de la verge ;

2 Que 1 on peut être fatalement conduit à l’amputation de cet organe poui des cas spéciaux qui ne relèvent ni de la gangrène ni des cancers ;

3 Ce fait est un exemple assez remarquable de cette bizarre manie qu ont certains enfants de se lier la verge dans le but de prévenir l’écoulement involontaire de l’urine.

COKCLUSIOjNS.

1 Les inconvénients de la méthode ordinaire pour l’amputation de la verge, sont les suivants :

A. L’hémorrhagie;

B . La rétraction des corps caverneux ;

C. L’oblitération de 1 urètre et la difficulté de le retrouver au milieu de la plaie d’amputation ;

D. La rétraction des téguments;

E. Les inconvénients généraux qui résultent d’une plaie par instrument

tranchant dans une partie du corps où le tissu érectile se trouve en abondance.

2° L amputation de la verge par le moyen de la ligature ordinaire est un procédé barbare, atrocement douloureux, très-lent dans son action et qui

n a même pus le mérite de prévenir d’une manière certaine, l’accident en vue duquel il a été imaginé.

3° La méthode de l’écrasement linéairea pour avantage : 1° de nrévemV 1 hémorrhagie par son mode particulier d’action ; 2° de remédier au m-in cipal inconvénient de la rétraction des corps caverneux en épargnant à

l’opérateur, la recherche des vaisseaux pour en faire la ligature ; 3° de maintenir la perméabilité urétrale par l’introduction préalable de la sonde ; V de prévenir la rétraction des téguments par le fait même du mode opératoire qui ramène la peau sur le moignon de la verge ; 5° d’amoindrir considérablement les chances de phlébite et de suppuration prolongée.

Parmi les chirurgiens qui ont appliqué la méthode de l’écrasement à l’amputation de la verge, je citerai Philippe Boyer et M. le professeur Laugier. L’opération a été pratiquée par M. Laugier au mois de mai 1836, sans qu’il y ait eu la moindre effusion de sang.

Entre autres malades opérés par moi et chez lesquels l’écrasement a eu un plein succès et un succès durable, je dois mentionner un homme de 57 ans employé du Cirque et que beaucoup de médecins ont été à même de voir dans mon service. Ce malade a été d’autant plus intéressant à observer qu’il nous a offert l’exemple d’un rétrécissement consécutif du nouveau méat et en même temps de la facilité avec laquelle on triomphe de ce rétrécissement quand il a été causé par l’écrasement linéaire. Quelques sondes portées pendant une quinzaine de jours ont suffi pour nous rendre maître de cet accident.

TITRE XIV

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