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Tuméfaction prononcée, mais peu douloureuse

Jusqu’au 6 février la tuméfaction a très-peu changé, mais à cette époque elle commence à diminuer.

Le 12, la diminution du volume est considérable.

TITRE XVI. — MALADIES DU SCROTUM

Le 19, la tumeur est presque ramenée aux dimensions normales d’un testicule sain. Le scrotum a repris sa souplesse naturelle.

L’emploi du drainage est très-utile dans l’hématocèle. Sous l’influence de ce mode de canalisation on obtient d'abord l’élimination du sang liquide.

De plus, quand la canalisation est bien faite et présente des voies suffisamment larges, ce qu’il est toujours possible d’obtenir en grossissant ou en multipliant les tubes, les couches stratifiées qui doublent la tunique vaginale subissent une espèce de déhiscence par suite de laquelle, au bout d’un temps suffisamment long, la tunique vaginale finit par reprendre sa souplesse, surtout si Ion a soin de seconder l’emploi des tubes par celui des injections détersives.

On évite par là une opération que pour mon compte je trouve fort peu exécutable, et qui pour moi équivaut à une castration, je veux parler de la décortication du testicule et de la tunique vaginale.

Obs. — Kyste spermatique compliqué cl'hématocèle. — Del (Pierre), âgé de

69 ans, entré à l’hôpital Lariboisière le 22 avril 1856.

Cet homme, qui est tailleur de pierre, est fortement constitué et a toujours joui d’une bonne santé.

Il porte au côté droit du scrotum une tumeur de l’existence de laquelle il s’est aperçu il y a sept ou huit ans. A cette époque, elle avait le volume d’une noix, et ne révélait sa présence que par le sentiment de pesanteur et de tiraillement exercé sur le cordon. Rien au reste qui pût éclairer son étiologie ; jamais le malade n’a éprouvé de douleur vive dans les efforts journaliers auxquels sa profession 1 expose ; le scrotum n’a été le siège d’aucune violence extérieure.

Depuis son apparition, la tumeur n’a pas cessé de s’accroître, sans aucune irrégularité dans son développement; et voici les caractères qu’elle présente aujourd’hui.

Elle est allongée verticalement, plus volumineuse à sa partie supérieure. Deux étranglements légers se remarquent dans sa longueur. Son plus grand diamètre n’a pas moins de 22 centimètres ; la largeur est de H centimètres en haut et de 7 à 8 seulement vers l’extrémité inférieure.

Les parois sont parfaitement souples et uniformes dans toute leur étendue.

La peau delà verge et la portion spongieuse de l’urètre sont rejetées à gauche, et comme ils se moulent sur la tumeur, l’urètre décrit en ce point une courbure à concavité dirigée à droite. Cette déviation est même si prononcée qu’il existe depuis dix mois une rétention d’urine qu’on ne peut guère rapporter qu’à celte cause; et lorsqu’on veut sonder le malade, il faut d’abord diriger la courbure de la sonde dans le sens anormal que présente le canal.

Le 28 avril, on ponctionne la tumeur avec un trocart. Il s’écoule par la canule plus d’un litre d’un liquide roussâtre, devenant spumeux par l’agitation comme de l’eau qui contiendrait une certaine quantité d’albumine, if ne s’v trouve aucun grumeau. 1

A près l’évacuation complète du liquide, on trouve le testicule parfaitement sain, le cordon un peu volumineux. La tète de l’épididyme est légèrement en-

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gorgée, plus douloureuse à la pression qu’aucun aulre point de l’organe. Rien de plus à noter.

Le liquide est examiné de nouveau. Aux qualités précédemment indiquées, on doit ajouter qu’il précipite abondamment par la chaleur, l'acide nitrique, l’alcool. Porté sous le microscope on y voit :

1° Une énorme quantité de spermatozoïdes parfaitement développés, mais sans mouvement ;

2° Des vésicules spermatiques bien moins nombreuses que les spermatozoïdes;

3° Enfin un certain nombre de globules sanguins plus ou moins altérés.

En mettant dans une éprouvette 8 à 10 grammes de ce liquide et l’agitant avec 2 ou 3 gouttes d’huile, le corps gras est émulsionné très-facilement, et le mélange devient grisâtre.

Il y a dans cette observation deux points particulièrement intéressants : le volume de la tumeur ; la nature du liquide.

Depuis que l’attention a été attirée sur ces singuliers kystes, d’assez nombreuses observations ont paru dans les recueils périodiques. Parmi les faits cités, il en est dans lesquels le kyste avait acquis un développement déjà considérable; aucun cependant n’avait atteint pareil volume. Ici la tumeur avait complètement revêtu les caractères des hydrocèles de la tunique vaginale. Le testicule, englobé dans cette masse, ne pouvait être isolé; ses rapports avec la tumeur n’ont pu être déterminés. Déjà plusieurs fois de pareilles difficultés ont été signalées et l’on comprend sans peine que, lorsque l’affection en est arrivée à un tel degré de volume, le diagnostic précis n’est possible qu’après la ponction et l’examen microscopique.

Une particularité non moins remarquable de cette observation consiste dans la nature du liquide. A l’instant où la ponction fut pratiquée, la couleur roussâtre du liquide parut établir nettement l’existence d’une héraatocèle ; mais ce diagnostic était incomplet (et il appartenait au microscope seul de démontrer que tel n’était pas l’unique ni même le principal élément de la maladie). Il est de toute évidence que l’hématocèle doit être considérée ici comme étant consécutive et par conséquent analogue à ces épanchements sanguins qui se font dans les hydrocèles ordinaires.

Quoi qu’il en soit, c’est là une complication singulière, ne paraissant pas avoir été observée jusqu’ici.

Dans bien des faits antérieurs, il est dit que la chaleur et l’acide nitrique ne déterminent qu’un léger précipité; ici l’albumine était abondante, mais elle pouvait provenir en grande partie du sang épanché.

Il reste enfin à parler d’une propriété peut-être spéciale au liquide des kystes spermatiques. On sait que la couleur lactescente de ce liquide a été jusqu’ici un caractère constant. M. Gosselin pense qu’elle est due aux propriétés émulsives du sperme agissant sur la matière grasse sécrétée par le kyste. Dans l’observation précitée, le liquide examiné à ce point de vue a pu émulsionner avec la plus grande facilité le corps gras que 1 on a

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rais en sa présence. C’est donc là un nouveau caractère qui pourrait avoir de l’utilité en l’absence du microscope. (Gaz. des hôp ., 3 juillet 1856.)

Obs. — Iiystes multiples dans le testicule droit. — Enchondrôme. — Hèmatocèle. — Ablation du testicule. (Observation recueillie par M. Charnal, interne des hôpitaux.) — Le nommé Antoine, âgé de 24 ans, employé des pompes funèbres, entre à l'hôpital Lariboisière le 28 août 1855. (Salle Saint-Louis, n. 1.)

11 y a quatorze mois, ce malade reçut sur le testicule droit, un coup violent à la suite duquel il fut forcé de suspendre son travail. Après quelques jours de repos, tout accident ayant disparu, il reprit ses occupations. Deux mois plus tard, après une maiche foicee, il sentit tout a coup son testicule prendre un volume considérable, 20 sangsues sur le scrotum; repos; des applications de 10 sangsues lurent répétées tous les deux jours. Un mois après, augmentation spontanée de son testicule, nouvelle application de sangsues. A partir de ce moment, et pendant toute l'année, des récidives sc manifestent tous les mois ou toutes" les six semaines. Le malade était forcé de se reposer quelques jours et de s’appliquer de nouvelles sangsues.

Le 28 août le malade se décide à entrer à l’hôpital.

A ce moment, son testicule est énorme et présente à peu près le volume des deux poings. Il n’existe de douleur ni spontanées, ni à la pression. Le poids de la tumeur est considérable et, en examinant avec soin, on s’aperçoit qu'il existe des points assez durs, tandis que d’autres au contraire sont mous et fluctuants. Cependant, en pressant un peu avec les doigts au niveau de ces derniers points', on sent parfaitement qu’il existe plus profondément une tumeur dure et volumineuse. Ainsi donc il y a là deux choses bien distinctes : t 0 une tumeur solide • 2° un ou plusieurs épanchements circonscrits et étendus au-devant de la tumeur solide. Examinée par transparence, la tumeur ne se laisse en aucun point traverser par les rayons lumineux. Le cordon paraît sain dans toute son étendue. Le malade est très-afTaibli, mais ne présente aucun signe de cachexie.

L’examen des antécédents du malade éloigne toute idée d’une affection syphilitique. L’absence de transparence et la rapidité avec laquelle se manifestent les récidives font penser qu’il y a là une hèmatocèle. Mais quelle est la nature de la tumeur solide? L’absence de douleur éloigne il est vrai l’idée d’une affection cancéreuse, tandis qu’au contraire la fréquence des hémorrhagies porte à admettre l’existence d’un encéphaloïde.

t Le 10 septembre, le malade est endormi. On fait d’abord une ponction dans l’un des points fluctuants et Ton retire environ ISO grammes d’un liquide sanguinolent. On pédiculise alors la tumeur avec une forte ligature et Ton applique Técraseur que Ton fait marcher d’un cran tous les quarts de minute. La tumeur enlevée sans qu’il y ait écoulement de sang, on réunit la plaie par quelques points de suture, puis on fait un pansement à l’occlusion.

L examen de la tumeur nous montre les particularités suivantes : le crémaster est hypertrophié, et dans la tunique vaginale il existe quelques caillots sanguins peu volumineux. Une coupe antéro-postérieure du testicule montre dans intérieur même de l’organe une tumeur volumineuse, formée par une nmlti tude de petits kystes de grosseur très -variable. En cherchant à déterminer uuelb" est, d une façon exacte, la position de la tumeur, on reconnaît qu’elle sié-o au

milieu du (issu meme de la glande, et que le parenchyme testiculaire refoulé forme une couche mince sur tous les points excepté vers la partie antérieure où la couche est beaucoup plus épaisse.

Voici le résultat de l’examen microscopique fait parM. Robin.

Le tissu de la tumeur se compose d’une trame partie fibreuse et partie cartilagineuse, ces deux tissus étant du reste distincts, et le cartilagineux plus abondant que l’autre. Le tissu cartilagineux est du cartilage proprement dit, ne présentant que dans des endroits très-rares, l’aspect fibro-cartilagineux. La masse la plus abondante, après la précédente est représentée par les kystes. Ces kystes se composent d’une paroi fibreuse, d’une couche d’épithélium qui manque quelquefois et d’un liquide plus ou moins muqueux contenant presque partout des globules de sang, des globules granuleux et quelquefois de l’épithélium. L’épithélium des kystes varie assez de l’un à l’autre, les cellules sont pavimenteuses ou sphériques, presque toutes à noyaux volumineux, pourvus quelque fois de nucléoles. On trouve en outre entre toutes ces parties un peu d’un tissu friable , pulpeux , dans lequel se montrent manifestement presque partout, excepté dans les points les plus ramollis, des tubes flexueux, larges et de 1/10 à 2/10 de millimètre et même plus. Tous ces tubes sont représentés par une gaine épithéliale composée partie d’épithélium pavimenteux à cellules assez granuleuses, à noyaux plus ou moins gros d’un tube à l’autre, partie d’épithélium nucléolaire avec un peu de matière amorphe interposée aux noyaux. Ces noyaux, en général assez volumineux, ne possèdent de nucléoles qu’en certains points, et partout où ils existent ils sont jaunâtres.

Le 12, le malade se plaint d’une douleur vive dans la région iliaque droite (10 sangsues sur le point douloureux). Les bords de la plaie sont sphacélés. Cataplasmes.

Le 18 octobre, il ne reste plus qu’une petite partie de la plaie qui n’est pas cicatrisée. L’état général du malade est très-bon.

Varicocèle.

11 est bien démontré aujourd’hui que, si le varicocèle n’est, daus bien des cas, qu’une infirmité peu gênante et donL les malades ne s’aperçoivent même pas, il constitue parfois une affection pénible, très-compromettante, sinon pour la vie même du sujet, du moins pour l’intégrité de ses facultés viriles et même pour l’ensemble de ses fonctions.

Nous n’invoquerons point ici des altérations testiculaires graves qui, à nos yeux, n’ont existé dans le cas de varicocèle qu’à titre de coïncidences. Car il ne nous est nullement démontré que ces altérations aient été, comme on l’a pensé, la conséquence directe du varicocèle. Mais nous rappellerons que l’atrophie testiculaire a été notée par tous les bons observateurs comme l’un des effets possibles et même assez frequents de l’existence d’une dilatation variqueuse des veines du cordon. Depuis l’époque où nous avons appliqué l’écrasement linéaire au traitement du varicocèle, nous avons examiné avec un redoublement d’attention 1 état

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du testicule chez les malades atteints de varicocèle. Ce ne peut être que le fait d’/inc inconcevable légèreté de la part des adversaires de l’opération, que d’avoir élevé des doutes sur l’existénce de l’atrophie du testicule gauche, chez la très-grande majorité des sujets atteints de varicocèle. Nous ajouterons que dans certains cas des névroses d’une extrême gravité ont été observées comme coexistant avec le varicocèle, soit que la maladie locale en eût provoqué l’apparition, soit qu’elle les eût seulement aggravées.

Toujours est-il que chez certains sujets il y a des indications réelles de combattre par des moyens énergiques l’existence du varicocèle, et c’est la sans doute ce qui explique pourquoi, aux diverses époques de la science, des tentatives sérieuses ont été faites pour arriver à la cure radicale de cette affection.

Ayant de nous livrer à l’appréciation des diverses méthodes curatives qui ont été imaginées, nous rappellerons brièvement les accidents que l’on a attiibués à 1 existence du varicocèle. Nous nous bornerons à faire remarquer que plus d’une fois on a méconnu ou exagéré les accidents du varicocèle, parce qu’on n’a pas suffisamment pris garde à l’état antérieur de la santé chez les malades qu’on observait. Au lieu de se demander, par exemple, si chez tel sujet atteint à la fois de varicocèle et d’hypochondrie, ces deux affections n’étaient pas indépendantes, on a souvent attribué au varicocèle les troubles nerveux généraux qui coïncidaient avec lui sans qu’ils en fussent la conséquence directe.

Si, dans nombre de cas, il arrive qu’on porte le varicocèle sans en souffrir, il peut se faire aussi que les individus qui en sont affectés, éprouvent de la gêne et une pesanteur incommode dans les bourses, quelquefois des tiraillements dans le scrotum, dans l’aine et jusque dans les reins. Un a signale aussi un léger engourdissement et des douleurs sourdes dans e testicule du côté affecté. Généralement les bourses sont molles pendantes et prennent un volume gênant sous l’influence de la chaleur ou t es marches forcées. C’est probablement dans ces cas qu’on observe selon M. Landouzy, une augmentation particulière et incommode de la sécrétion scrotale cutanée. 11 n’est pas rare que la moindre marche amène un sentiment de fatigue exagéré, de l’anhélation avec production ci une sueur abondante sur le visage et avec altération des traits • de plus

“ la dePrcssion des forces physiques, se joint souvent une dépression des facultés intellectuelles et morales qui peut aller jusqu’à l’hypochondrie, et qui se traduit par du découragement, de l’ennui et des idées

Les tres-n ombreux procédés qui ont été imaginés pour la cure radi ca edii vancocele, s’ils n’ont pas njis l’art en possession d’une méthode icace et généralement adoptée, ont du moins fourni matière à une série i emarques pratiques très-intéressantes, touchant la manière dont le

varicocèle se comporte à l’égard des divers modes d’action chirurgicale.

Il est résulté de tout cela que nous possédons aujourd’hui un ensemble de données qui nous mettent à même de formuler les règles d’une bonne opération pour le varicocèle.

Ce sont ces résumés de l’expérience des temps passés aussi bien que du temps présent, que nous allons exposer comme conditions du problème à résoudre :

1° L’expérience apprend que toute opération dans laquelle on agit directement avec l’instrument tranchant sur les veines variqueuses, expose à des accidents graves et même mortels. Cela s’observe même quand on se borne à traverser par de simples sutures, la cavité des veines.

2° Toute opération dans laquelle on n’interrompt le cours du sang que sur un point du trajet des veines variqueuses est à peu près nulle dans ses résultats, parce que la récidive est très-prompte.

3° Des interruptions multiples, s’il n’y a pas en même temps suppression d’une portion plus ou moins étendue du cylindre veineux, ne mettent pointa l’abri de la récidive. Toutefois nous devons reconnaître que plus ces interruptions sont nombreuses sur une même veine, moins la récidive est prompte.

4° L’emploi d’une constriction permanente exercée sur les veines expose, si elle est trop forte, à la phlébite, si elle est insuffisante, à une récidive de la maladie.

5° La perméabilité a beaucoup de tendance à se rétablir dans les veines qui ont été oblitérées. 11 résulte de là qu’il est peu de maladies plus sujettes à la récidive, que le varicocèle.

Si Ton considère les propositions qui viennent d’être énoncées comme pouvant servir de base d’appréciation en ce qui concerne la valeur des procédés opératoires, on voit d’abord que toutes les méthodes imaginées autrefois contre le varicocèle, telle que la mise à découvert des vaisseaux suivie de la ligature, l’excision entre deux ligatures, l’incision, doivent être rejetées et méritent l’oubli dans lequel elles sont tombées.

Quant aux procédés modernes, ils ont généralement été inspirés par des vues de prudence qu’on ne saurait trop louer, mais il faut bien reconnaître qu’ils pèchent pour la plupart par insuffisance d’action. C’est même là, il faut le dire, la principale cause de leur multiplicité.

Il ne saurait nous appartenir, en proposant un procédé nouveau, de présenter sous un jour défavorable les procédés du reste aussi ingénieux que rationnels, imaginés de nos jours par d’habiles chirurgiens dont plusieurs n’ont pas dit leur dernier mot a ce sujet, et dont quelques-uns n ont même pas encore publié avec des détails suffisants, les résultats de leur pratique. Les seules critiques que nous puissions nous permettre, nous ne les puiserons que dans l’examen des observations publiées et n< n dans notre propre appréciation.

TITRE XVI. — MALADIES DU SCROTUM

Si nous consultons, par exemple, les observations consignées dans le très-bon Mémoire de M. Landouzy sur la cure radicale du varicocèle, nous voyons que le procédé de Breschet détermine, au moment de l’application des pinces, des douleurs très-vives qui s’exaspèrent chaque fois qu’on serre la vis de l’instrument, quelquefois des syncopes, dans tous les cas des tiraillements pénibles qui donnent lieu chez la plupart des malades, à une insomnie entretenue par des érections douloureuses ; qu’il produit chez quelques sujets des épididymites, des orchites, des pollutions nocturnes, des érysipèles, des gonflements et des infiltrations des bourses, la cystite et la rétention d’urine, de la fièvre et des mouvements convulsifs ; enfin qu'il laisse à la suite de son application, des tuméfactions douloureuses et des cicatrices difformes. Nous ajouterons que ce procédé expose encore à des récidives, ainsi que le prouve l’observation IV de M. Landouzy, dans laquelle on voit que le malade a dû être opéré deux fois et n’a éprouvé chaque fois qu’un soulagement peu marqué.

Le procédé qui consiste à isoler les veines variqueuses et à passer entre le conduit déférent et les veines une forte épingle sur laquelle on jette un fil ciré qui doit étreindre ces dernières et les oblitérer, n’est pas non plus à l’abri de tout accident. Si la phlogose peut être légère dans quelques cas, elle peut aussi, dans certains autres, être d’une grande intensité. Qu’on se rappelle les expériences de M . Davat sur les animaux, et il sera facile de se convaincre que le procédé des épingles n’est pas toujours sans danger. [Arch. gén. de méd., 1833, t. IL) Si l’on serre trop fortement le fil autour de l’épingle, on court risque d’intéresser tout d’abord les parois des veines et de déterminer une phlébite, et si cette constriction est insuffisante, la circulation veineuse ne sera pas entièrement arrêtée.

Voici d ailleurs le résumé textuel de quatre observations recueillies dans le service de M. Velpeau, et publiées dans le Journal hebdomadaire :

« Ce procédé, dit l’auteur des observations (M. Dufresse), appliqué à quatre cas de vaiicoccle, a etc suivi chez tous, et surtout chez les trois premiers, d’une vive inflammation terminée dans deux cas par suppuration. Chez deux, la tunique vaginale s’est enflammée ; sa cavité est devenue le sié^e d’une abondante suppuration qui, pour être évacuée, a nécessité l’incision de ses parois.

Quant aux ligatures sous-cutanées , si elles attaquent le paquet variqueux, elles ont l’inconvénient de respecter les veines qui rampent dans le tissu cellulaire sous-cutané et qui peuvent être dilatées dans l’épaisseur du scrotum. D’une autre part, de nombreuses récidives ont été constatées après la ligature sous-cutanée , ainsi que le prouvent les observations de M. Hélot. [Arch. gén. de méd., t. VIII, 1843.)

Nous en dirons autant des méthodes fondées sur l’emploi de la cautérisation, et nous rappellerons à ce sujet un ingénieux procédé dû à M. Laugier, et dans lequel on applique le caustique devienne sur les

veines variqueuses, au moyen d’un anneau destiné à prévenir 1° la diffusion du caustique, 2° l’action de ce dernier sur les parties environnantes.

La cure par la cautérisation est très-longue. 11 faut revenir deux fois en 48 heures à l’application du caustique. Elle est très-douloureuse. La douleur persiste pendant 48 heures et plus. La cicatrisation est trèslente à se faire, comme après toute cautérisation : attendu qu’avant le commencement du travail réparateur il y a de toute nécessité un travail d’élimination.

L 'enroulement est beaucoup plus douloureux que ne l’est la plaie produite par l’écrasement linéaire. Celle-ci une fois faite n’est pas plus douloureuse que toute autre plaie simple exempte de la complication qui résulte de la persistance d’un corps étranger ou d’un agent d’étranglement quelconque.

Désirant savoir à quoi m’en tenir sur la valeur de la méthode d’enroulement pour le varicocèle, j’ai dû examiner avec un soin tout particulier un document qui m’a paru d’une grande importance dans la question, c’est la thèse de M. Godet, interne distingué des hôpitaux, thèse très-favorable à l'enroulement et écrite sous la direction du chirurgien auquel est due cette méthode.

Il résulte de l’analyse de cette thèse : 1° que tous les malades souffrent pendant deux ou trois heures après l’opération, quelquefois pendant trois ou quatre jours ; 2° qu’on est souvent obligé de recourir à l’emploi du bistouri et cela douze, quinze, vingt et même vingt-quatre jours après l’opération de l’enroulement; 3° que chez tous les opérés il se manifeste une inflammation œdémateuse ; 4° que l’enroulement peut donner lieu à un traumatisme très-étendu et selon M. Codet présenter une plaie de 8 centimètres de haut sur 3 de large ; 5° qu’entre autres accidents qui peuvent suivre l’opération de l’enroulement, il faut noter les épanchements sanguins; la rupture du fil métallique; le froissement et la phlegmasie du testicule.

Cure palliative. — Le suspensoir est le seul des moyens palliatifs qui donne des résultats satisfaisants.

Voici ce que M. Godet dit avoir invariablement obtenu par 1 emploi de la bande circulaire destinée, d’après le procédé de M. Hervezde Chegouin, à remonter le testicule.

De deux choses l’une : ou la bande était assez serrée pour maintenir le testicule relevé, et alors le malade ne pouvait la supporter , la douleur étant très-vive, même en ayant recours au caoutchouc, le scrotum s œdématié au dessous du point serré, avec une rapidité surprenante; pu le lien est modérément serré, et alors il ne tient pas et tombe très-promptement.

On voit donc, en résumé, que dans l’état actuel de la question, le li alternent opératoire du varicocèle laisse encore beaucoup à désirer.

Encouragé par les résultats si remarquables dus à 1 écrasement linca.ii e dans le traitement d’un grand nombre d affections chirurgicales, nous-

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avons songé à faire l’application de nos appareils sur des sujets atteints de varicocèle.

La préoccupation dominante du chirurgien doit être, en commençant celte opération, de s’assurer préalablement de la situation exacte du canal déférent et des moyens de le sauvegarder contre les atteintes de la manœuvre opératoire. Non-seulement il faut s’assurer de la situation du canal déférent appartenant au cordon gauche, mais encore avoir constaté la position du canal déférent du côté droit.

Le sujet est debout, et il a du rester quelque temps dans cette attitude, afin que, les veines se trouvant bien dilatées, on soit plus sur de n’en laisser échapper aucune.

Pendant que de la main gauche le chirurgien retient le canal déférent et l’isole très-exactement des veines spermatiques, il plonge de la main droite et vers la partie la plus élevée du varicocèle, une première aiguille.

Cela fait, il jette une anse autour de cette première aiguille, et la serre afin de fermer au sang veineux toute retraite du côté de l’abdomen, cela dans le but de maintenir les veines toujours dilatées.

; ^ne seconde, puis une troisième aiguille, sont placées sur le trajet d une ligne descendante à partir de la première aiguille et à distance d’un demi-centimètre l’une de l’autre.

Dans 1 introduction de chacune de ces aiguilles, on doit prendre les mêmes précautions pour isoler avec les doigts, le canal déférent.

L expérience m’a appris qu’il importait beaucoup de rapprocher les trois aiguilles et d’opérer le varicocèle très-haut, afin de s’éloigner du testicule.

Je place trois aiguilles parce qu’une seule plierait et pourrait tendre à penétrei en double dans la gaine de l’instrument.

Tout en cherchant à opérer le plus haut possible, il ne faut pas cependant placer la première aiguille à une trop grande hauteur, parce que les téguments de la racine de la verge pourraient être intéressés Quand les aiguilles ont été placées, ainsi que nous venons de le dire on engage une anse de fil qui passe sous ces trois aiguilles à la fois,’ les ramone de la profondeur vers la surface, et qui, étant serrée, donne lieu à un pédicule dans lequel les aiguilles se trouvent implantées C’est sur ce pédicule qu’est appliqué lecraseur, que l’on doit faire marcher très-lentement, et qui ne doit opérer la séparation des tissus qu’au bout de quinze a vingt minutes.

On obtient ainsi une perte de substance qui donne lieu à une plaie

laiçnantc.

non

•b' ne pouvais, dans le principe, me rendre compte de la grandeur de h ,w T °" apr6s aVoir Pédiculisé »"« portion de peau eu déBnilive

Pi étendue.

,e'; ’I'VT T'Ç" <l“°’ S' 1,1 Pédicul° n’esl li;'s excessivement serré i,;iv 'eide la l.gature et s, !a chaîne ne tombe pas très-exactement d.?!

rainure du pédicule, l’instrument attire la peau circonvoisine, et on enlève sous forme de disque ou même de lanière, une portion beaucoup plus considérable que celle qu’on avait projeté de sectionner.

Après la section, on applique plusieurs points de suture entrecoupée, dans le but de réunir par première intention, si cela est possible, la solution de continuité qu’on vient de faire. Après quoi on applique un pansement simple.

Jusqu’au placement de la première aiguille et du point de suture entortillée qui est appliqué sur elle, le malade peut rester debout. On peut même le laisser dans cette attitude jusqu’à l’introduction des trois aiguilles et jusqu’à l’application de l’anse de fil destinée à former le pédicule. Mais quand on se dispose à faire agir l’écraseur, il est nécessaire de placer le malade dans la position horizontale.

Le but qu’on se propose en mettant un point de suture entortillée sur la première aiguille aussitôt qu’elle est en place, c’est de retenir le sang qui ronfle les veines et de maintenir celles-ci dans un degré suffisant d’évidence jusqu’à la fin de l’opération. L’anse de fil qui est serrée au dessous des trois aiguilles est destinée à former le pédicule sans lequel l’application de l’écraseur serait difficile.

Parmi les nombreux faits que nous possédons, nous nous bornerons à faire connaître l’observation du malade que nous avons présenté à l’Académie de médecine. ( Bulletin de V Académie de médecine, t. XX, p. 561 ; 13 février 1855.)

qBS- Varicocèle gauche opéré par l'ècrasemenl linéaire. — Rigault (Alexis),

menuisier, 23 ans, constitution robuste, entre, le 12 novembre I8o4, salle Saint-Louis, n° 26, à l’hôpital Lariboisière.

Il est atteint d’un varicocèle à gauche. 11 s’en est aperçu depuis deux ans par un sentiment de pesanteur et de gène, qui est allé en croissant. Il attribue som mal aux efforts nécessités par des travaux pénibles. La fatigue quen éprouvai le malade le décida à venir réclamer les secours de l’art. Si 1 on fait marcher e malade et si on l’examine debout, on constate, au côté gauche des bourses, une tumeur noueuse et bleuâtre dont le fond déborde de beaucoup la hauteur normale du scrotum ; au toucher, sensation de cordes molles entrelacées. Pas de douleurs à la pression; testicule normal, non atrophie; tumeur .diminuant beaucoup par le décubitus dorsal. Le malade éprouve, non pas précisément des don- leurs aiguës au niveau de son varicocèle, mais la meme genequ .1 sent depuis deux ans surtout s’il reste debout en travaillant. Bientôt surviennent sous cette fnfluenœ, dit-il, de violents maux de tète accompagnés de trouble de la vue. Le malade est triste et préoccupé ; notons quelques douleurs e ong i u coi on.

J 17 octobre - On pratique l’opération d’après le procédé que nous avons décrit, et l’on obtient une plaie triangulaire à base festonnée du cote des tegu

ments; on réunit par une suture entortillée. . ..

18.-11 y a eu fièvre, agitation, soif vive, anorexie. Groseille, deux potion

"Ïa.'-On ôte les aiguilles. Plaie suppurante ; quelques douleurs; œdee

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modéré. Les jours suivants, la suppuration continue; point de complications. Trois portions. État général bon.

i 1 novembre. — La plaie se détcrge et se rétrécit; on la touche avec la solution de nitrate d’argent. L’œdème scrotal des premiers jours a disparu.

La guérison parait assurée, et la cicatrisation s’opère de jour en jour.

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