‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 24 sur 256 · TITRE II. — DE LA TÉNOTOMIE · texte numérisé non relu

TITRE II. — DE LA TÉNOTOMIE

Ainsi Tnlpius raconte dans ses observations anatomiques publiées en 4 085, qu’un chirurgien hollandais*, Gracius Minius, divisa le tendon d'Achille et la peau qui Je recouvre en enfonçant le bistouri au dessous du tendon, traversant les téguments de part en part et coupant de dedans eu dehors les parties ainsi circonscrites.

Solingen, au diie de Jceger, pratiqua aussi la ténotomie au dix-septième siècle.

Meckren et Roonhuysen d’après Heister, Blasius et Tenhaaf d’après Ghelius ont fait des opérations semblables.

Nous citerons également comme n’ayant qu’un intérêt historique une observation de ténotomie du gastroenémien pratiquée en 1784 par Lorentz, une autre observation de Sartorius publiéeen 1812, un mémoire de Michaëlis en 1811 sur la section partielle des tendons.

En 1816, la ténotomie est introduite en France par Delpech.

En 1822 Dupuytren pratique la section du sterno-mastoïdien.

Mais c’est surtout de l’année 1833, époque à laquelle Stromeyer fit connaître six cas de section du tendon d’Achille que datent l’importance et le développement qu’a pris de nos jours la ténotomie.

En 1837, Diefifenbach avait pratiqué cette opération plus de deux cents fois.

A partir de ce moment elle a été exécutée par tous les chirurgiens ; mais c’est principalement aux recherches et aux travaux de M. J. Guérin qu’elle doit ses progrès les plus remarquables.

Procédé opératoire.

Une précaution indispensable au moment oü l’on va pratiquer toute opération de ténotomie, c’est de donner à l’organe qu’on veut diviser le plus haut degré de tension qu’il puisse acquérir par l’attitude de la région à laquelle appartient cet organe.

Division de la peau. — Elle doit toujours être pratiquée à la plus grande distance possible du lieu même où sera faite la section du tendon. A cet égard le ténotome doit toujours être construit de manière à offrir une tige aussi longue que puissent le comporter les exigences opératoires.

Je ne divise point la peau avec la lancette. Je fais un pli, et de ce pli je coupe, avec un bistouri à lame fine et de la profondeur vers la surface, l’étendue strictement nécessaire pour l’introduction du ténotome.

J’aime généralement mieux agir sur ce pli par transfixion que par incision simple. Je trouve à cela le double avantage : 1° de mieux faire pénétrer le ténotome dans le tissu cellulaire sous-cutané ; 2° de préciser plus nettement la longueur de la petite plaie cutanée. Le pouce et l’index de la main gauche de l’opérateur, qui soulèvent l’extrémité gauche du pli, entre-

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