‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 242 sur 256 · TITRE X. — FISTULES VÉSICO-VAGINALES · texte numérisé non relu

TITRE X. — FISTULES VÉSICO-VAGINALES

l'ois vaginales et qui établissent la coaptation exacte des tissus de la plaie . ce sont des sutures de réunion.

Quand la tension n’est pas considérable, une seule série de points de suture peut suffire, mais elles doivent être solides, c’est-à-dire, embrasser beaucoup de parties, soit en largeur, soit en épaisseur, ou dans ces deux sens à la fois. On n'a pas à craindre de traverser toute l’épaisseur des parois vésicales.

La réunion transversale est la plus favorable et doit êlre tentée aussi souvent que cela est possible.

b. La suture entortillée. — Exécutée avec beaucoup d’habileté après avivement préalable par Roux, elle fut suivie, le deuxième jour de l’opération, de la perte de la malade.

c. La suture enchevillée. — Ce mode de suture a pu être exécuté par Lallemand, de Montpellier, qui s’est servi pour cela du dard aiguillé de Deyber, à l’aide duquel il a pu passer des fils doubles.

d. La suture à anses. — Nægelé s’en est servi de la manière suivante : 11 avive les bords de la fistule, la traverse ensuite avec une aiguille courbe particulière portée du vagin dans la vessie. Les fils, au lieu d’être noués isolément, sont rassemblés en un faisceau qu'on tord sur lui-même.

e. La suture à surjet. — C’est pour pratiquer cette suture qu’a été imaginée l’aiguille spiroïde de Colombal.

4° Appareils unissants. — Nous mentionnerons ici pour mémoire les érignes de Lallemand, de Montpellier , la pince-érigne articulée de M. Laugier.

5° Anaplastie. — Nous en traiterons spécialement à l'article Elytroplastie.

Élytroplastie ou autoplastic «les parois du vagin .

L’autoplastie peut être appliquée pour remédier à des pertes de substance, sous forme de fistules, siégeant soit à la paroi antérieure (fistule urétro-vaginale et vésico-vaginale), soit à la paroi postérieure (fistules ou pertes de substance recto-vaginales).

L’incontestable supériorité de la Méthode américaine pour le traitement de la fistule vésico-vaginale a promptement fait rentrer dans l’oubli tout ce qui avait été tenté jusqu’ici pour la cure de cette pénible infirmité.

Comme nous pensons qu’il ne peut venir à l’esprit d’aucun chirurgien sensé, d’en revenir à des procédés incertains et de parcourir une deuxième fois, la triste période de tâtonnements qui a duré trop longtemps, nous nous bornerons à l’exposition de l’ingénieuse méthode due à nos confrères d’Amérique.

Méthode américaine. — L’opération de la fistule vésico-vaginale par cette méthode, comprend trois temps : l’avivement, le passage des fils et la torsion des fils métalliques.

Le procédé de M. Marion Sims nous paraissant de beaucoup préférable à tous ceux qui ont été proposés, c’est celui-là que nous allons faire connaître :

La position la meilleure pour cette opération, c’est le décubitus latéral gauche, les cuisses fléchies à angle droit sur le bassin, le corps en pronation de manière que le sternum touche la table; le membre supérieur gauche est porté en arrière.

Avivement. — Quatre instruments sont nécessaires, des ciseaux droits ou courbes, un bistouri, un ténaculum, des pinces.

On saisit au moyen du ténaculum, la muqueuse vaginale près d’un des angles de la fistule et dans ce point on fait avec le bistouri, une petite incision portant sur la muqueuse vaginale seulement. On soulève la muqueuse avec le crochet; puis, à l’aide des ciseaux, on coupe toute l’épaisseur de la lèvre de la plaie jusqu’à la muqueuse vésicale qu’il faut toujours respecter.

Passage des fils. — On soulève avec le ténaculum une partie de la plaie; une aiguille enfilée d’un fil de soie double de manière qu’on ait une anse du côté opposé à l’aiguille, est enfoncée vers un des angles de la fistule, à un centimètre environ de distance des bords libres de la plaie. Cette aiguille reparaît sur la lèvre fistuleuse, mais sans traverser la muqueuse vésicale ; on achève de passer l’aiguille en saisissant sa pointe à l’aide d’une pince. Pour compléter le point de suture, l’aiguille est reprise avec la pince, près du chas, introduite de dedans en dehors dans la lèvre fistuleuse opposée, de manière à sortir à 1 centimètre en dehors.

On pose ainsi cinq ou six points de suture ; puis, reprenant celui qui avoisine l’un des angles de la plaie, on passe au milieu de son anse le bout d’un fil d’argent que l’on tord, et il suffit alors de tirer sur l’extrémité qui porte l’aiguille pour remplacer dans la plaie le fil de soie par le fil d’argent entraîné à la suite du premier.

Torsion des fils métalliques . — Elle se fait au moyen d’un petit conducteur carré, analogue à la plaque d’une sonde cannelée et dans la rainure duquel on engage les deux bouts du fil métallique. On coupe alors le fil de manière à lui laisser une longueur de 2 centimètres, puis on le courbe à angle droit et on achève la torsion qui porte sur le fil et non sur les lèvres de la plaie.

Dans sa Thèse inaugurale (Paris, 1860), M. le docteur d’Andrade a parfaitement résumé les caractères du procédé américain.

Cette opération, dit-il, offre les particularités suivantes :

1° Position de la malade dans le décubitus latéral ;

2° Emploi du spéculum en gouttière, n’exigeant qu un aide, tenant très-peu de place dans le vagin, tendant les parois de cette cavité et éclairant le champ de l’opération.

3° Avivement très-large, pratiqué en biseau, aux dépens de la face

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