‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 243 sur 256 · TITUE X. — FISTULES VÉS1C0-VAGINALES · texte numérisé non relu

TITUE X. — FISTULES VÉS1C0-VAGINALES

vaginale de la cloison et respectant complètement la paroi vésicale.

•4° Emploi de fds métalliques très-fins, très-souples, très-rapprochés les uns des autres, rampant dans l’épaisseur de la cloison vésico-vaginale, sans pénétrer dans la vessie et par conséquent ne se trouvant, après l'affrontement, nulle part en contact avec l’urine.

5° Ces fils, entrant et sortant à 1 centimètre du bord avivé, comprennent, dans l’anse qu’ils forment, une très-grande épaisseur de tissus sains, capables de résister longtemps à la section.

G0 Affrontement par de larges surfaces saignantes qui ne sont en contact ni avec l’urine du côté de la vessie, ni avec les mucosités du vagin. La largeur de cet affrontement donne une cicatrice linéaire épaisse et met à l’abri des récidives ; elle doit favoriser encore la réunion secondaii’e des petits perluis pouvant succéder à une réunion primitive incomplète.

7° Séjour très-prolongé des fils, qui, grâce à leur ténuité et à leur nature métallique, n’irritent pas les tissus; séjour prolongé qui, en revanche, maintient longtemps les lèvres ravivées en contact et permet à la lymphe plastique qui les réunit d’acquérir de la solidité.

8° Emploi d’un cathéter léger, peu saillant au dehors, tenant de luimême en place, facile à ôter et à remettre, et n’ayant à l’intérieur de la vessie aucun contact avec la région opérée.

Élytroplastie recto-vaginale.

L’observation suivante, qui a pour sujet une femme sur laquelle fut pratiquée l’ablation d’un cancer de la paroi recto-vaginale fournira, nous le pensons, les indications nécessaires pour connaître notre procédé d’élytroplastie recto- vaginale.

Obs. — Tumeur encéphaloïde de la paroi recto-vaginale. — Ablation par un procédé opératoire nouveau. — Guérison. — La nommée Matthieu (Marie), 49 ans, est entrée à l'hôpital Necker, salle Sainte-Marie, n° 9, le 17 juin 1844, pour une tumeur siégeant à la paroi postérieure du vagin.

Cette grosseur, d’abord peu volumineuse, s’est accrue considérablement, au point de faire saillie à la vulve, sans déborder cependant les grandes lèvres, mais en apparaissant entre les petites.

Les hémorrhagies ont été aussi en augmentant, de manière à mettre en danger les jours de la malade.

L’exploration est venue démontrer l’existence d’une tumeur cancéreuse placée dans l’épaisseur delà paroi recto-vaginale.

L’opération eut lieu le 24 juin 1844, la malade fut placée sur une table convenablement garnie, de manière que le bassin débordât complètement l’extrémité de la table.

Les jambes fléchies sur les cuisses et celles-ci sur le bassin, furent maintenues dans cette position par deux aides. On s’occupa ensuite d’un temps préliminaire de l’opération, qui consiste à placer sur les côtés de la tumeur dans les

tissus sains et à deux hauteurs différentes de chaque côté, des ligatures doubles dont nous indiquerons l'usage, après avoir fait connaître la manière dont elles furent introduites.

L'instrument employé à cet effet est une aiguille analogue à celle qui est nécessaire pour l’opération de la cure radicale de la hernie par le procédé de M. Gerdy.

Voici maintenant le double but qu’on se proposait en plaçant quatre ligatures doubles : on voulait, dans le cas d’une hémorrhagie grave, en unissant de chaque côté l’un des chefs d’une ligature supérieure avec le chef d’une ligature inférieure, former une anse susceptible d’être fermée en un anneau complet, de manière à comprendre une certaine étendue de la paroi du vagin dans le sens vertical, et à comprimer ainsi les vaisseaux compris dans l’épaisseur de la paroi recto-vaginale; d'un autre côté, en unissant ensemble les chefs de deux ligatures correspondantes d’un côté à l’autre, on devait former des anses transversales susceptibles d’amener au contact les lèvres de la perte de substance faite aux parois du vagin.

Les ligatures éiant placées, on procéda au temps de l’opération qui consistait à isoler la tumeur avec le bistouri. Trois érignes à long manche et à deux crochets chacune, furent implantées dans la tumeur, et l’on s’aida de l’introduction du doigt dans le rectum pour faire basculer la tumeur de manière à rendre accessible à l’action des instruments son point le plus élevé;

Une fois la dissection de la partie supérieure terminée, on s’occupa de la séparation des parties latérales.

Lorsque parla dissection de son sommet et de ses parties latérales, la tumeur fut susceptible d’être complètement renversée, on acheva la séparation vers la partie inférieure du vagin.

C’est pendant la section des parties latérales que s’écoula une quantité de sang vraiment considérable.

Après avoir reconnu par une exploration attentive que tous les tissus conservés présentaient la souplesse et les autres caractères d’un état tout à fait normal, l’opération fut terminée, et des matières fécales s’échappèrent aussitôt par la plaie qui élablissait une communication entre le rectum et le vagin, puis la malade fut reportée à sou lit.

Depuis vingt jours que l’opération a été faite, il n’est survenu aucun autre accident qulune hémorrhagie qui a eu lieu le quatrième jour après 1 opération et dont on s’est rendu maître par des injections d’eau fortement vinaigrée.

(Voir pour plus de détails l’observation publiée dans notre Traite de T écrasement linéaire , p. 208.)

TITRE XI

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